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La Belle Etoile. Suivi de Le tilleul de Stalingrad

Couverture du livre La Belle Etoile. Suivi de Le tilleul de Stalingrad

Auteur : Xavier Deutsch

Date de saisie : 04/07/2006

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : Castor astral, Bègles, France

Collection : Millésimes

Prix : 7.00 € / 45.92 F

ISBN : 978-2-85920-659-8

GENCOD : 9782859206598


  • La présentation de l'éditeur

Dans une atmosphère de fin du monde, le cargo La Belle Étoile est le dernier à quitter le port de Lushun. À son bord, quelques officiers, des hommes d'équipage et leur étrange cargaison: un vieux paysan et son troupeau de quarante juments. Les hommes de La Belle Étoile ignorent tout de leur incroyable mission...

Ce roman est accompagné des dix nouvelles du Tilleul de Stalingrad, un recueil salué comme un chef-d'oeuvre du genre.

Xavier DEUTSCH est né en 1965 à Leuven. Depuis 1989, il a publié une vingtaine d'ouvrages qui ont séduit un large public d'adolescents et touché le public adulte. Il a obtenu le prix des auditeurs de la RTBF pour Victoria Baller (Le Cri) et le prix Rossel pour La Belle Étoile (Le Castor Astral).





  • Les premières lignes

À regarder tant d'hommes, et de si différents, faire voler des harangues et des paroles sonores dans ce bouge périphérique aux lois, Sapin pesait des yeux chaque marin, sans aller jusqu'à des conséquences. Il était ce soir comme ces peintres attachés à des préparations ambitieuses et qui, pour se divertir, sortent boire un verre après leur travail, et ne peuvent pourtant pas s'empêcher de crayonner des silhouettes inutiles sur le coin d'une table.

Tous ces hommes, du reste, n'étaient pas des marins. Une moitié d'entre eux environ appartenait à l'équipage d'un de ces quatre ou cinq derniers cargos qui ne manqueraient pas de quitter Lushun avant trois jours : on reconnaissait un soutier au crâne ras, petit Polonais embarqué sur le méthanier Gwiazda, et deux fusiliers du Pittsburgh, un croiseur américain dépêché en mer Jaune par l'amirauté, mais qui tournerait bientôt les talons, sur ordre, pour ne pas être mêlé à tout cela. Un autre homme, parlant fort, portait le galon d'un navire italien ayant accosté le matin : mais Sapin, en l'écoutant brailler des insultes en anglais, pensait qu'il devait être serbe, ou slovène.

Ces hommes-là de toute façon, précisément parce qu'ils étaient attachés à un équipage et quitteraient Lushun sans difficulté, n'intéressaient pas Sapin. Il observait davantage quelques pauvres garçons que la guerre avait poussés dans ce dernier refuge que le port de Lushun constituait encore. Ceux-ci se réconfortaient à la bière chinoise et, sans doute pour se prouver certaines choses à eux-mêmes, prenaient part aux palabres dans ce bord-là du bistrot, en ayant des paroles aiguës et courtes comme on manipule des couteaux.

La question autour de laquelle s'agitaient cette dizaine d'hommes était de savoir quel peuple produisait les meilleurs cavaliers.


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