Auteur : Aymeric Patricot
Date de saisie : 28/08/2006
Genre : Romans et nouvelles - français
Editeur : Flammarion, Paris, France
Prix : 15.00 € / 98.39 F
ISBN : 978-2-08-069049-4
GENCOD : 9782080690494
«Quand mon frère m'a donné la gifle, ma tête a fait pop. Sur le coup je n'ai pas su si j'avais touché le mur. En tout cas je n'ai rien perçu. Juste un écho, quelque chose qui bourdonnait, comme une mouche occupant mon crâne. Puis la mouche a cessé de battre des ailes. Elle s'est posée quelque part en moi. J'ai regardé mon frère. Et je ne le détestais pas.
Il n'a plus jamais eu besoin de me frapper. J'avais compris. Je ne peux pas dire que je sois d'accord. Mais je ne pense pas qu'il s'agisse d'être d'accord ou pas.»
Dans une cité du Nord de Paris, la jeune Azima sent qu'un étau se resserre sur elle. Impuissante à lutter contre son destin, résignée par devoir, Azima tente de se protéger, de s'isoler dans ses rêves pour supporter la violence qui la guette.
Cinq personnages expriment tour à tour leurs espoirs, leurs fantasmes et leurs peurs face à une réalité intolérable. Un premier roman coup de poing.
Âgé de 31ans, diplômé d'HEC, ancien attaché culturel à l'ambassade de France au Japon, Aymeric Patricot a abandonné sa carrière pour passer l'agrégation de lettres. Il enseigne le français dans un lycée de banlieue parisienne. Il contribue aussi à la revue littéraire L'Arsenal.
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Azima.
Quand mon frère m'a donné la gifle, ma tête a fait pop. Sur le coup je n'ai pas su si j'avais touché le mur. En tout cas je n'ai rien perçu. Juste un écho, quelque chose qui bourdonnait, comme une mouche occupant mon crâne. Puis la mouche a cessé de battre des ailes. Elle s'est posée quelque part en moi. J'ai regardé mon frère. Et je ne le détestais pas.
Il n'a plus jamais eu besoin de me frapper. J'avais compris. Je ne peux pas dire que je sois d'accord. Mais je ne pense pas qu'il s'agisse d'être d'accord ou pas.
Mes copines, elles, ont plutôt des idées simplistes. J'aime ces filles, j'aime leurs rires dans la cour du lycée. Je les trouve élégantes et leur côté sexy me plaît.
N'empêche qu'en les regardant je me dis qu'il existe autre chose que l'évidence des corps. Le désir est facile, c'est un enfant. Il vous sourit et vous ne pouvez pas lui résister. Mais il n'y a pas que les enfants dans la vie. Les enfants, c'est le départ. Après vient le reste.
Un peu plus tard, ma mère m'a fait cadeau d'un ruban rose. D'abord je n'ai pas su comment l'utiliser. Puis je m'en suis servi pour attacher mes cheveux. J'ai trouvé drôle que ma mère me glisse dans la main cette pochette deux heures après la gifle. Je ne pense pas qu'elle ait vu la scène, je ne pense pas non plus que ma tête contre le mur ait fait du bruit. Je n'ai presque rien senti : les autres n'ont rien dû entendre.
Le ruban me plaît. J'ai des yeux verts qu'on dit jolis. Le rose me va bien, mais ça n'a rien à voir avec mes yeux. J'ai mis le ruban trop loin vers l'arrière. C'est ça. Trop loin dans mes cheveux.
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