Auteur : Paula Fox
Préface : Rosellen Brown
Traducteur : Marie-Hélène Dumas
Date de saisie : 02/07/2006
Genre : Romans et nouvelles - étranger
Editeur : J. Losfeld, Paris, France
Collection : Arcanes
Prix : 9.90 € / 64.94 F
ISBN : 978-2-07-078728-9
GENCOD : 9782070787289
En 1941, Helen Bynum quitte pour la première fois le domicile familial et gagne le Quartier français de La Nouvelle-Orléans, où elle rejoint sa tante, une actrice aux charmes abîmés par l'alcool et une vie dissolue. Elle y découvre la vie dans ce qu'elle a de passionné et d'aventureux. Confrontée à des réalités et dilemmes jusqu'alors insoupçonnés, elle connaît en compagnie de ses amis, des intellectuels bohèmes, le désir et l'amour, l'amitié et ses déboires. Son univers se mêle au mystère étouffant d'une ville dont la sensualité est ici magnifiée.
«Avec intelligence et humour, Paula Fox livre ici un regard distancié, à la fois cruel et désarmant, sur les faux-semblants de la petite bourgeoisie et les hypocrisies de l'Amérique d'après-guerre.» Solène de Royer, Le Monde.
Paula Fox, née en 1923, est américaine. Elle a vécu à Cuba, en Californie et au Québec et demeure maintenant à New York. Elle a été redécouverte à la fin des années 1980, grâce, entre autres, à Jonathan Franzen, Frederick Busch et Andrea Barrett qui la considèrent comme l'un des plus importants écrivains de ce siècle.
En 2004 ont paru, avec un réel succès, aux Éditions Joëlle Losfeld Le dieu des cauchemars et Personnages désespérés, et, en 2005, La légende d'une servante.
Extrait de la préface de Rosellen Brown :
Secouer l'arbre de la connaissance.
Il a été dit - à de nombreuses reprises, peut-être pour rassurer les futurs écrivains qui craignent de ne rien avoir à dire - qu'il n'existe au monde que sept intrigues possibles. (Sept me paraît en réalité quelques-unes de trop.) Mais qu'il s'agisse ou non du nombre magique, c'est un fait établi que, d'une manière très générale et avec quelques exceptions, il n'y a, pour les romans, que deux structures possibles : le statu quo est établi ; quelqu'un arrive ou quelque chose se passe qui l'ébranle. Comme dans Anna Karénine ; comme dans Sula. Ou - proposition réciproque - un personnage, entravé par un certain nombre de forces allant de l'ennui à une crise qui se déroule dans un lieu éloigné, va de l'avant dans le monde et découvre une complexité des choses dont il ne pouvait, chez lui, avoir la moindre idée ; c'est ce qui arrive dans Tom Jones; c'est ce qui arrive dans Moby Dick. Je retrouve dans ces deux structures la même idée que dans une déclaration que m'a faite un jour un ami qui travaille le bois, et que j'ai trouvée d'une étonnante concision : «Un outil n'est jamais autre chose qu'un coin.»
Paula Fox, qui possède une compréhension profonde et inscrite dans le réel du genre de connaissances nécessaires à maturité prudente, réussit particulièrement bien à enfoncer des coins dans le statu quo, à détruire (dans l'un ou l'autre des deux modes ci-dessus) l'innocence du protagoniste, chez lui, ou loin de chez lui.
L'innocence, bien sûr, est un état d'esprit compliqué, une absence plutôt qu'une présence. Si l'on oublie son sens juridique - le contraire de la culpabilité -, on pourrait la définir, chez les très jeunes, comme une absence normale de maturité de compréhension résultant de ce qu'ils sont épargnés de la connaissance des adultes, ou qu'ils se débrouillent pour en être protégés.
Mais à quel moment, dans l'âge adulte, l'innocence commence-t-elle à se glisser sous un dangereux manque de savoir ? Fox, avec un aplomb plein d'élégance et un calme tranquille, a placé cette interrogation au centre de chacun de ses romans, mais en l'analysant de façon si différente à chaque fois qu'ils pourraient sembler ne pas tous poser la même question. C'est pourtant ce qui se love au coeur même de son oeuvre : avec quelles armes entrons-nous dans le monde ?
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