Auteur : Isaac Benguigui
Date de saisie : 09/07/2006
Genre : Sciences et Technologies
Editeur : Slatkine, Genève, Suisse
Prix : 23.00 € / 150.87 F
ISBN : 978-2-8321-0235-0
GENCOD : 9782832102350
On oublie trop souvent que Genève a compté, aux xviiie et XIXe siècles, un nombre impressionnant de savants, sans rapport avec sa taille et sa population.
Genève, pionnière dans de nombreux domaines de l'activité humaine, l'a été particulièrement dans celui des sciences, servie par une pléiade d'hommes exceptionnels en quête de savoir. Leurs découvertes, leurs inventions ont été le fruit d'un travail minutieux et de longue haleine.
L'essor prodigieux de la science genevoise est dû à son environnement favorable, carrefour par excellence des courants d'idées européens, rendez-vous obligatoire du monde savant de l'époque.
À l'inverse, les physiciens, les mathématiciens et les chimistes genevois ont sillonné le continent, nouant un réseau de relations sans pareil avec leurs collègues européens, permettant ainsi de tirer le meilleur profit de l'avancement de leurs sciences respectives. Marc-Auguste Pictet en est l'exemple par excellence.
La formation des jeunes par leurs aînés a contribué, elle aussi, à cet épanouissement remarquable, mettant en valeur la tradition éducative qui a toujours caractérisé la cité de Calvin.
Isaac Benguigui, docteur ès sciences, physicien et historien des sciences, est l'auteur de nombreux ouvrages. Ancien Research associate à l'Université de Berkeley (Californie), il enseigne actuellement à l'Université de Genève.
Extrait de l'introduction :
Dans ce travail, je voudrais montrer le passé prestigieux de Genève dont les savants (illustres physiciens, mathématiciens et chimistes) ont fait le lieu de rendez-vous marquants dans l'histoire de la science et où la densité d'hommes de science était sans comparaison nulle part ailleurs dans l'Europe des XVIIIe et XIXe siècles.
Il s'agit de raconter cette formidable entreprise d'hommes exceptionnels, leur aventure et leur quête du savoir. Certes, tous ces savants genevois n'avaient pas la stature d'un Galilée, d'un Newton ou d'un Einstein, mais cela n'enlève rien à leur mérite.
En dépit de toutes les connaissances accumulées pendant des siècles, le regard que l'on porte sur l'univers ne recouvre qu'un tout petit domaine du savoir où les interrogations demeurent bien plus nombreuses que les réponses. La passion de ces chercheurs, loin de se tarir, n'en est que plus vive.
Précisons-le tout de suite, les savants genevois n'ont pas été de grands théoriciens, se distinguant avant tout par leur pragmatisme. Ils sont, il est vrai, des experts, des vérificateurs. Leurs inventions et leurs découvertes sont le fruit d'un travail minutieux, né de leurs doutes et de leur scepticisme : ne rien accepter qui ne soit vérifié par eux-mêmes.
Donnons quelques exemples d'expériences célèbres vérifiées par les Genevois : les expériences de Galvani sur l'électricité animale, celles du chimiste anglais Davy sur l'arc électrique, la découverte du Danois rsted, l'électrodynamique du physicien français Ampère, l'induction de Faraday (c'est bien un Genevois, Jean-Daniel Colladon, qui l'a faite mais, manque de chance, il n'a pas observé ce qui devait donner naissance plus tard au moteur électrique), l'expérience du fameux pendule de Foucault sur la rotation de la Terre (répétée à la cathédrale Saint-Pierre à Genève et à laquelle participait le général Dufour), les expériences des ondes électromagnétiques de Hertz (vérifiées par Lucien De la Rive et Edouard Sarasin) et enfin la vérification expérimentale de la formule de Lorentz-Einstein sur la variation de la masse de l'électron en fonction de la vitesse. Là également c'est un savant genevois, Charles-Eugène Guye (1866-1942), qui confirma d'une manière éclatante la théorie de la relativité d'Einstein (de l'avis même du génie du siècle qui dira que la vérification genevoise de sa théorie était la meilleure).
L'amitié d'Einstein et de Guye s'est soldée par un doctorat honoris causa que l'Université de Genève lui décerna en 1909. C'était le premier doctorat honoris causa reçu par Einstein ! Il avait 30 ans.
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