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Pauvre Georges !

Couverture du livre Pauvre Georges !

Auteur : Paula Fox

Traducteur : Rémy Lambrecht

Date de saisie : 02/07/2006

Genre : Romans et nouvelles - étranger

Editeur : J. Losfeld, Paris, France

Collection : Arcanes

Prix : 9.90 € / 64.94 F

ISBN : 978-2-07-078943-6

GENCOD : 9782070789436


  • La présentation de l'éditeur

Georges Mecklin, homme droit mais apparemment sans grande envergure, enseigne dans une école privée de Manhattan et vient de s'installer avec sa femme à la campagne. Un jour, il surprend un adolescent, Ernest, en train de fouiller dans ses affaires. Georges, dont l'existence étriquée réclame une «belle cause», décide de le prendre sous son aile sans se douter que cette décision va agir comme un détonateur. Dès lors, on assiste à l'implosion d'un couple dans un univers où les murmures, les discussions l'emportent sur une capacité réelle à affronter la vie.

«Pauvre Georges il paraît plus frais et plus vrai après trente ans d'existence que bien des romans écrits aujourd'hui», Jonathan Franzen.

«Elle est douée, elle est douée, elle est plus que douée», Jonathan Lethem.

Paula Fox, née en 1923, est américaine. Elle a vécu à Cuba, en Californie et au Québec, et demeure maintenant à New York. Elle a été redécouverte à la fin des années 1980, grâce, entre autres, à Jonathan Franzen, Frederick Busch et Andrea Barrett qui la considèrent comme l'un des plus importants écrivains de ce siècle.

En 2004 ont paru, avec un réel succès, aux Éditions Joëlle Losfeld Le dieu des cauchemars et Personnages désespérés, et, en 2005, La légende d'une servante.





  • La revue de presse André Clavel - L'Express du 22 juin 2006

La Belle au bois dormant s'est réveillée et elle s'appelle Paula Fox. Depuis quelques années, on redécouvre en effet l'oeuvre magnifique de cette romancière qui sommeilla longtemps dans son cercueil d'indifférence, avant que quelques admirateurs ne se chargent de la remettre en piste. Ses livres sont souvent amers et pourtant ils ne sont jamais pesants, ni démonstratifs : avec la grâce d'une ballerine, Paula Fox danse sur les sables mouvants de l'Amérique petite-bourgeoise.



  • Les premières lignes

Un climat de fatalité simple.

«Qui écoute ?»

Elle est irrésistible de concision, cette question que se pose Georges, le héros éponyme du livre que vous tenez dans vos mains. Elle est comme une trouée de lumière dans une surface sombre : la seule porte d'entrée que l'on nous offrira. Autant nous y glisser pour voir ce qu'il y a derrière.

Pour commencer, quelques mots d'introduction qui ne devraient pas être nécessaires. Quel degré d'excellence un auteur ou un livre doit-il atteindre pour mériter une nouvelle présentation ? Pour que des éditeurs et des écrivains dévoués (après tout, nous ne sommes tous que des lecteurs) se battent pour le rééditer, au risque de se heurter à la marée déferlante de nouveaux titres ? Je vous le demande. Je suis là pour vous dire combien Paula Fox est un très, très bon auteur.

Il est difficile cependant, lorsque l'on fait une lecture critique d'une oeuvre aussi dense, aussi caractéristique et autonome que Pauvre Georges, de faire plus que bourdonner tel un moucheron au-dessus d'une pastille. La pastille est destinée indubitablement à être avalée et absorbée, ce que le moucheron est incapable de faire. Mais si on parvient à l'avaler - comme je l'ai fait trois fois en à peine quelques mois - une essence s'infiltre à travers le corps, puis vit à la surface comme un nouveau système nerveux.

Ce que j'essaie de vous dire, tout en tournant autour de mon bureau, c'est que je porte ce livre comme une peau. Cette peau est particulièrement sensible au dégoût social et à la détestation de soi, aux confessions morbides déguisées en bavardage, et, par-dessus tout, aux attitudes d'innocence obstinée dans les relations humaines. Sur ces thèmes, Paula Fox écrit avec une justesse presque écrasante. Je n'ai sans doute pas un profond désir de porter cette seconde peau, mais elle m'est indispensable pour comprendre pourquoi un écrivain de l'importance de Fox peut attendre aussi longtemps avant de toucher le public et le lectorat qu'elle mérite de façon évidente. Il n'y a pas de justice, mais peut-être une certaine fatalité, dans le fait qu'un auteur passé maître dans l'art de révéler tout ce qui se cache derrière le voile des événements humains - et d'évaluer la texture de cette dénégation insistante au point d'en être assourdissante - puisse voir son propre travail rejeté, maintenu à distance, loin des projecteurs.


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