Auteur : Hervé Le Tellier
Date de saisie : 28/06/2006
Genre : Littérature Etudes et théories
Editeur : Castor astral, Bègles, France
Collection : Littératures
Prix : 19.00 € / 124.63 F
ISBN : 978-2-85920-633-8
GENCOD : 9782859206338
Qu'est-ce que l'Oulipo ? Ce groupe plus discret que secret, qui se réunit chaque mois depuis 1960, compte trente-cinq membres, écrivains ou mathématiciens, dont certains, comme Calvino, Perec ou Queneau, sont excusés aux réunions pour cause de décès.
L'écriture oulipienne est une écriture à «contraintes» : formes, règles, procédures... Artisan plus qu'artiste (car se méfiant des mythes), l'oulipien joue avec la langue, avec la littérature, et sait que l'art donne à la vie sa dignité. Sa démarche, toute entière basée sur la complicité avec le lecteur, en enthousiasme certains, en laisse d'autres perplexes (ce peuvent être les mêmes).
Cet ouvrage de référence, conçu par un membre de l'Ouvroir, présente avec simplicité l'Oulipo (et ses plagiaires par anticipation, d'Aristophane à Lewis Carroll en passant par Restif de la Bretonne et Franquin) et sa démarche. Il montre combien l'Ouvroir s'inscrit dans une tradition fondatrice de la littérature, et s'ancre dans le monde, non sans mélancolie, optimisme et ironie.
Hervé Le Tellier a été mathématicien, parachutiste et critique culinaire. Il est docteur en linguistique et écrivain. Il est membre de l'Ouvroir depuis 1992.
Extrait de l'avant-propos :
Nous sommes en septembre 1960. À Cerisy-la-Salle, sous la présidence de Georges-Emmanuel Clancier et de Jean Lescure, se déroule la décade «Raymond Queneau ou une nouvelle défense de la littérature française». De la rencontre de certains participants va naître l'Oulipo. La pierre fondatrice du groupe sera l'exploration du lien entre mathématique et littérature, un lien qui va se décliner, au cours des quarante-six siècles oulipiens - car l'Oulipo compte chaque année pour un siècle -, autour de notions évolutives et mobiles : structure, contrainte, consigne, axiomatique, manipulation, combinatoire, procédé, procédure, etc. Queneau, plaisamment, aurait défini les oulipiens comme des «rats qui construisent le labyrinthe dont ils se proposent de sortir». Mais les oulipiens ne tiennent pas que du rongeur frénétique et acharné. Ils ont aussi quelque chose du collectionneur et de l'encyclopédiste (leur domaine de recherche - et son intérêt - fût-il dérisoire aux yeux de certains).
Le projet du groupe est de «penser, classer les contraintes», pour reprendre une formule de Jacques Roubaud. «Penser», pour son ambition synthétique, où il s'agit d'inventer, d'«ouvrir de nouvelles voies inconnues», comme le souligne le premier président du groupe, François Le Lionnais, dans le Premier manifeste. «Classer», pour sa tâche analytique de découverte, où l'on travaille sur les oeuvres du passé pour y rechercher des possibilités «qui dépassent souvent ce que les auteurs avaient soupçonné». Anoulipisme et synthoulipisme» sont ainsi les deux mamelles de l'Oulipo, même si de l'un à l'autre existent maints subtils passages.
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