Auteur : Arièle Butaux
Préface : Guy Carlier
Date de saisie : 27/06/2006
Genre : Romans et nouvelles - français
Editeur : Archipel, Paris, France
Prix : 5.00 € / 32.80 F
ISBN : 978-2-35287-002-9
GENCOD : 9782352870029
On connaissait le mot de Cambronne... voici celui d'Arièle Butaux ! Avec une férocité bienveillante, l'auteur s'immisce dans les alcôves de trois inséparables chipies : Caroline, cascadeuse de l'amour touchée par le syndrome Ikea ; Florence, jeune divorcée radieuse ; Élise, sage épouse et mère tentée par le démon de midi. Toutes trois sur le point de lui dire, à ce démon, le mot de sept lettres qui leur brûle les lèvres...
Les déboires des un(e)s faisant bien souvent le bonheur des lecteurs (et des lectrices), on ne résistera pas à la curiosité de s'inviter à dîner chez d'ex-beaux-parents, au plaisir régressif d'aller chercher au pressing une robe de mariée périmée, au voyeurisme de partager une nuit d'amour entre une boîte de boules Quiès et une urne funéraire... Car rien ne marche comme il faut dans des parades amoureuses boiteuses où, du prêtre au serial killer, le mâle déboussolé ressemble à une énigme pour cruciverbiste : «Condamné à vivre dans le noir.» A-v-e-u-g-I-e ? Non : c-o-n-n-a-r-d !
Née en 1964, musicienne, Arièle Butaux anime chaque mardi soir «Un mardi idéal» sur France Musique. Auteur de La Vestale, une évocation de la cantatrice Pauline Viardot, elle aborde le roman avec Les Fleurs de l'âge (L'Archipel, 2003) et La Samouraï (L'Archipel, 2004), avant d'inventer le «roman-nouvelles» avec Connard !
«Arièle Butaux, c'est un peu la petite soeur d'Anna Gavalda, tout aussi tendre et attachante, mais plus espiègle, un rien délurée. Une vraie découverte, un énorme coup de coeur.» Bernard Lehut, RTL.
Préface de Guy Carlier :
Au début, la surprise. Ce que je sais d'Arièle Butaux, son apparence claire, sa personnalité délicate et sa culture, rien dans cette femme ne pouvait me la laisser penser capable de prononcer, encore moins d'écrire le mot : «Connard !»
Ne vous y méprenez pas. Le paradoxe entre l'apparence bien élevée de l'auteur et la grossièreté du mot n'est pas gratuit. Ça n'a rien de la provocation imbécile de ces jeunes femmes qui se prennent pour Céline sous prétexte qu'elles décrivent avec une complaisance racoleuse des scènes violentes ou pornographiques.
Arièle Butaux a écrit «connard». Pas «viandes». Mais elle n'a rien non plus de ces écrivaines qui mazarinent leurs états d'âme convenus dans un style appliqué d'hypokhâgneuse.
Alors, me demanderez-vous, c'est quel genre de littérature, Arièle Butaux ?
Un peu bêtement, je vous répondrai que je n'en sais rien. La seule certitude, c'est qu'on se sent bien dans ce livre. Comme dans les films de Sautet, on s'installe et on est bien, on rit et on pleure avec les personnages. Lors de la visite à une ex-belle-mère, on ressent le même creux au coeur que l'héroïne en s'apercevant que Mamie a fait disparaître le cadre avec la photo du mariage au-dessus du piano. Et on a envie de pleurer en s'apercevant qu'une autre a continué à lui offrir les boîtes à pilules dont elle fait collection.
Et puis cette façon de parler des hommes. Un peu comme si Arièle portait ces lunettes dont on rêvait lorsqu'on était enfant, vous savez, ces lunettes avec des rayons magiques qui vous permettent de voir sous les vêtements... Eh bien ! non seulement Arièle voit sous les vêtements des hommes, mais elle entend aussi sous nos «voix étudiées» nos «sous-entendus creux». Enfin, elle connaît nos pensées, elle sait ôter délicatement nos voiles de séduction pour faire apparaître, en pleine lumière, le connard qui bande en chacun de nous.
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