Passion du livre - tout sur le livre : L'Ecole française d'Athènes de l'origine à nos jours (1846-1981)

Recherche

Recherche simple
Recherche multi-critères

L'Ecole française d'Athènes de l'origine à nos jours (1846-1981)

Couverture du livre L'Ecole française d'Athènes de l'origine à nos jours (1846-1981)

Auteur : Catherine Valenti

Date de saisie : 24/06/2006

Genre : Histoire

Editeur : Belin, Paris, France

Collection : Histoire de l'éducation

Prix : 24.00 € / 157.43 F

ISBN : 978-2-7011-3888-6

GENCOD : 9782701138886


  • La présentation de l'éditeur

Il y a cent-soixante ans, en 1846, était créée l'École française d'Athènes, doyenne des instituts français d'archéologie. La Grèce n'est alors qu'un tout jeune royaume, récemment affranchi du joug ottoman, où les puissances européennes se livrent une lutte d'influence sans merci. Aussi l'étude des antiquités grecques n'est-elle tout d'abord qu'un prétexte pour les jeunes étudiants français qui débarquent à Athènes : il s'agit avant tout pour eux de contribuer au rayonnement de la France en Méditerranée orientale. Au fil du temps et des générations «athéniennes» s'affirme toutefois la vocation proprement archéologique de l'institution, d'autant plus que l'excellence de la science allemande pousse les jeunes savants français à préciser leurs propres méthodes de recherche : après 1871, les rivalités politiques européennes trouvent en effet un exutoire scientifique sur les chantiers archéologiques de la Grèce et du Proche-Orient. Ainsi les jeunes «Athéniens» participent-ils pleinement à l'élaboration de l'archéologie comme discipline scientifique, tandis que l'École française d'Athènes devient, dès la fin des années 1870, l'un des éléments les plus prestigieux du cursus honorum universitaire français. C'est à cette double histoire - enjeux politiques de l'archéologie, mais aussi histoire de l'Université française aux XIXe et XXe siècles - que cet ouvrage entend apporter un éclairage inédit.

Docteur en histoire, spécialiste d'histoire culturelle et intellectuelle, Catherine Valenti est enseignante à l'Université de Toulouse II - Le Mirail.



logo fnacCommander ce livre sur Fnac.com



  • Les premières lignes

Extrait de l'introduction :

«L'école de perfectionnement d'Athènes ne perfectionnera probablement rien du tout. La langue grecque, l'histoire et les antiquités grecques, que nos jeunes agrégés doivent, au terme de l'ordonnance [du 11 septembre 1846], étudier en Grèce, sont choses que les Grecs modernes savent généralement très mal, qu'ils ne savent même absolument pas, et dont les plus instruits d'entre eux vont tous les jours demander des leçons aux nations savantes de l'Europe [...]. Si la France ne gagne rien à ces mesures, n'est-il pas évident que l'Orient y gagnera beaucoup ? Ne l'est-il pas aussi que les créations nouvelles sont un moyen pour nous d'étendre notre langue, nos moeurs, notre influence ? Et que la France, fidèle au caractère ancien et bien connu de sa politique, va continuer à jouer ce rôle honorable, tâchant de dominer par sa langue, par ses idées générales et libérales (...). Ainsi la Revue de l'Instruction publique s'interroge-t-elle en octobre 1846, à peine plus d'un mois après la fondation de l'École française d'Athènes par une ordonnance royale du 11 septembre 1846. Les inquiétudes exprimées ici sont diverses et permettent de poser le problème de la nature de l'École, première institution de ce type à voir le jour sur le sol grec et premier établissement français installé à l'étranger - l'École française de Rome en effet ne sera fondée qu'en 1875, et c'est seulement à partir de la fin du XIXe siècle que verront le jour les autres établissements français comparables, Casa de Velazquez, Institut archéologique du Caire et Institut français du Proche-Orient notamment.

Créée en Grèce dans un contexte de tensions politiques exacerbées, l'École française d'Athènes ressemble fort à «un pied de nez de Louis-Philippe à la reine Victoria [...]. [Elle] a comme premier but d'affirmer le prestige de la France et de détrôner les puissances rivales, à commencer par l'Angleterre». À l'origine en effet, les visées diplomatiques occupent une place importante, voire prépondérante. La démarche française ulcère les «partis» étrangers, anglais et russe, présents à Athènes. En France, les réactions sont moins tranchées. La principale inquiétude de la Revue de l'Instruction publique est que les Français se trouvent impliqués dans un échange à sens unique. Mais le but diplomatique, la volonté de promouvoir l'influence de la France par le biais d'une institution d'un nouveau type, ne choquent pas les hommes du milieu du XIXe siècle.


Copyright : Studio 108 2004-2008 - Informations légales - Vous êtes éditeur ?
Programmation : Olf Software - Infographie, XHTML/CSS : Gravelet Multimédia - Graphisme : Richard Paoli