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Libéré sur parole

Couverture du livre Libéré sur parole

Auteur : Lucien

Date de saisie : 13/07/2006

Genre : Biographies, mémoires, correspondances...

Editeur : Le Grand Souffle Ed., Paris, France

Collection : Cri urgent

Prix : 5.00 € / 32.80 F

ISBN : 978-2-916492-06-3

GENCOD : 9782916492063


  • La présentation de l'éditeur

En janvier 2006, dix emmurés vivants, condamnés à la réclusion à perpétuité, demandent pour eux-mêmes le rétablissement de la peine de mort.

Silence.

Derrière les parti-pris politiques et personnels, le débat indigent sur les retards de l'institution pénitentiaire en France, cela laisse deviner dans quelle indignité inavouable et intolérable la mort lente s'accomplit au pays des Droits de l'Homme.

Silence.

"On peut considérer qu'au-delà de quinze ans, une peine n'a plus de sens", déclare un directeur de prison au journal Libération.

Prisonnier de longue peine, sorti de cette machine infernale à surveiller et punir, lucien parle. Il dit l'enfermement. Non pas seulement le sien, mais celui de tout être humain.





  • Les premières lignes

J'avais une fille dans la peau. Un samedi soir, après une fête entre copains, elle a voulu rentrer chez elle. J'avais mal pris son attitude avec plusieurs types, je l'ai traitée d'allumeuse et je ne l'ai pas raccompagnée. Il n'y avait plus de métro. Elle a fait du stop. Un car de flics s'est arrêté. Elle est montée. À quatre heures du matin, une minette éméchée, violente, provocante jusque dans ses fringues, au milieu de trois uniformes, c'est-à-dire rien d'autre que trois mecs en rut, petit-être bourrés eux aussi, qui s'emmerdent à longueur de temps... deux pour la tenir, un pour la violer. Un flic, ça change quoi ? Je suis devenu fou. J'ai obligé Cécile à m'aider. Je l'ai cherché avec elle, je l'ai retrouvé. Et je l'ai trucidé.

Au procès, j'étais un légume. Je ne me souviens de rien. J'ai pris vingt ans.

On m'a trimbalé de prison en prison, à trois cents kilomètres à la ronde. Moulins, Caen, Saint-Maur, une dizaine de transferts en tout, jusqu'à Fleury, retour à la case départ : enfant, j'habitais là, pas loin. À Fleury c'était l'époque, à la maison des mineurs, où un gosse de treize ans venait de s'incendier dans son lit après avoir tué son père qui battait sa mère.


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