Auteur : Paul Féval
Date de saisie : 23/06/2006
Genre : Romans et nouvelles - français
Editeur : Ed. de l'Aube, La Tour-d'Aigues, France
Collection : Les populaires
Prix : 7.60 € / 49.85 F
ISBN : 978-2-7526-0260-2
GENCOD : 9782752602602
Libérer l'Irlande de l'oppression anglaise ! Tout au long du dix-neuvième siècle, le pays est transcendé par cette injonction. Et si les réponses sont multiples, modérées pour certains - visant à l'instauration de l'autonomie - ou beaucoup plus radicales pour d'autres, le peuple d'Irlande tout entier est traversé par cette aspiration.
Paul Féval restitue ici ce climat délétère d'une Irlande opprimée où complots, aventures et drames se nouent, où les histoires d'amour et de haine se mêlent à l'Histoire en train de s'écrire sous nos yeux.
Paul Féval (1817-1887), maître du roman-feuilleton populaire, nous a laissé également des romans de cape et d'épée, dont le magistral Bossu.
Repas irlandais.
Le vieux Mac-Diarmid avait une ferme de sept acres sur les bords du lac Corrib, à quelques milles de Galway. Sa maison était assise à quatre ou cinq cents pieds au-dessus du niveau du lac, sur le versant du dernier mont de la chaîne des Mamturks, qui domine l'extrémité occidentale de la province de Connaught, en Irlande.
Il était environ sept heures du soir, et le mois de novembre commençait. La nuit se faisait noire. Dans la pièce principale du logis de Mac-Diarmid, il y avait deux ou trois jattes fumantes sur une table de bois raboteux, qu'éclairaient deux chandelles de jonc. Autour de ce repas plus que frugal s'asseyait le vieux avec ses huit fils et une jeune fille. Au bas de la table, il y avait une enfant, un serviteur et un homme en haillons, qui dévorait.
La pièce était grande ; elle n'avait d'autres meubles que les sièges qui entouraient la table. Ces sièges étaient de deux sortes : de courts billots pour les fils et les serviteurs ; pour le vieillard et la jeune fille, des chaises de bois en forme de baquet. À la gauche du vieillard, une troisième chaise pareille à la sienne demeurait vide. À la muraille pendait un dressoir presque entièrement dégarni, et, au-dessus de la cheminée fumeuse, deux fusils rouillés croisaient leurs canons.
Sous la table, entre l'homme aux haillons et les membres de la famille, deux forts chiens de montagne, serviteurs privilégiés, prenaient leur part au repas.
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