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Etre et renaître inuit : homme, femme ou chamane

Couverture du livre Etre et renaître inuit : homme, femme ou chamane

Auteur : Bernard Saladin d'Anglure

Préface : Claude Levi-Strauss

Date de saisie : 02/11/2006

Genre : Sociologie, Société

Editeur : Gallimard, Paris, France

Collection : Le langage des contes

Prix : 28.00 € / 183.67 F

ISBN : 978-2-07-073086-5

GENCOD : 9782070730865


  • La présentation de l'éditeur

Au nord du cercle polaire, à Igoolik, dans le Navanut canadien, des inuit tentent de concilier le respect de la tradition et la modernité, le souvenir encore très vif du chamanisme, avec une christianisation récente, la vie de chasseurs-pêcheurs, avec l'école, l'internet et le développement minier. Ils cherchent à valoriser leur tradition orale et leur conception originale de l'être et du renaître inuit : mythes d'origine de la vie humaine, de la différenciation des sexes, de la mort, de la guerre et d'espèces animales ; instauration des règles du mariage et des relation de la première femme chamane, en proie à la jalousie d'un homme. Disettes passées, cannibalisme de famine, stérilité des couples, avec, comme remèdes, partage de gibiers, des enfants et échange de conjoints. Cette tradition orale promeut l'épanouissement individuel et la soumission à l'intérêt collectif, elle a beaucoup à nous apprendre sur la vie et sa reproduction. Elle valorise un étonnant genre narratif : les souvenirs intra-utérins, qui ouvrent et terminent cet ouvrage (abondamment illustré par des artistes inuit), en éclairant la conception inuit de la personne, du transsexualisme symbolique et du travestissement, au coeur de la médiation chamanique.

Dans le sillage de la pensée de Marcel Mauss et Claude Lévi-strauss - au laboratoire duquel il a été rattaché pendant sept années - l'auteur sillonne le pays des Inuits depuis 1955. Il parle couramment leur langue et a recueilli à Igloolik, transcrit et traduit le corpus de mythes et de témoignages présentés ici. Il a enseigné l'anthropologie pendant trente ans à l'Université Laval de Québec à laquelle il a toujours été associé. Il a traduit et édité le premier roman inuit, Sanaaq de Mitiarjuk, et publié avec Igloolik Isuma Productions Au pays des Inuits, un filme, un peuple, une légende : Atamarjuat. Il a reçu du Canada le Prix de la recherche scientifique sur le nord.





  • La revue de presse Emmanuel de Roux - Le Monde du 16 juin 2006

En 1822, le capitaine Parry et son second, le capitaine Lyon, passèrent un interminable hiver à proximité de la terre de Baffin, en face de la petite île Igloolik. Les navires des deux marins britanniques partis à la recherche du fameux "passage du Nord-Ouest" de l'Atlantique au Pacifique étaient immobilisés, pris par les glaces. Les officiers en profitèrent pour faire plus ample connaissance avec la population inuit locale, connue à l'époque sous le nom d'Esquimaux. Quand, en 1883, l'anthropologue allemand Franz Boas se rendit pour la première fois dans le Grand Nord canadien, il avait dans ses bagages le récit du voyage de Parry et de Lyon et pour destination l'île d'Igloolik - qu'il ne put atteindre. Le Danois Knud Rasmussen eut plus de chance que lui : il conduisit une expédition (1921-1924) dans ces parages pour observer le mode de vie des habitants d'Igloolik. En 2001, l'îlot fit encore parler de lui. Au Festival de Cannes, cette fois, où un Inuit d'Igloolik, Zacharius Kunuk, recevait la Caméra d'or pour son film, Atanaarjuat, la légende de l'homme rapide.

L'histoire sur laquelle est basé le scénario, une histoire de vengeance longuement recuite, tient à la fois du mythe et de l'épopée historique. Elle occupe une large place dans le très beau livre de Bernard Saladin d'Anglure, Etre et renaître inuit, homme, femme ou chamane.

Cela fait un demi-siècle que l'auteur sillonne le pays des Inuits, dont il parle bien sûr la langue. Depuis plus de trente ans il fait des séjours prolongés à Igloolik, multipliant les études savantes et les films documentaires. Certains Inuits, nous dit-il, prétendent garder le souvenir d'une vie intra-utérine qu'ils décrivent avec un grand luxe de détails. Une de ses informatrices lui raconta même sa vie "d'avant, quand elle était son grand-père maternel". Cette instabilité sexuelle qui débouche sur des rapports de parenté alternativement masculin et féminin appelle une médiation. Dont est chargé le chamane, seul apte à transgresser les genres (masculin-féminin, humain-animal) et capable d'entrer en relation avec le monde des esprits...


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