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Pieux mensonges

Couverture du livre Pieux mensonges

Auteur : Maile Meloy

Traducteur : Hélène Papot

Date de saisie : 12/07/2006

Genre : Romans et nouvelles - étranger

Editeur : Ed. de l'Olivier, Paris, France

Collection : Littérature étrangère

Prix : 20.00 € / 131.19 F

ISBN : 978-2-87929-437-7

GENCOD : 9782879294377


  • La présentation de l'éditeur

Qu'est-ce qu'une tragédie ? C'est une histoire de famille qui tourne mal. En 400 pages étourdissantes, Maile Meloy raconte la saga des Santerre, une famille américaine pas comme les autres. Et c'est un demi-siècle d'histoire qui défile sous nos yeux en accéléré. De Pearl Harbor à aujourd'hui, ce roman mené tambour battant redonne ses lettres de noblesse au mélodrame : coups de théâtre, coïncidences, révélations, tout s'enchaîne dans ce récit où la vérité finit par triompher du mensonge.





  • La revue de presse Eric Neuhoff - Le Figaro du 22 juin 2006

(...) Pieux mensonge est rempli de moments touchants, de destins croisés, de détails révélateurs. Dans la famille Santerre, on garde pour soi la recette des oeufs façon John Wayne. Les oncles couchent avec leur nièce, une nuit d'égarement, et évitent de s'en vanter. En quelques lignes, l'auteur décrit la situation d'un divorcé : «Henry découvrit d'un coup l'étendue de sa réalité. Sa fille de vingt-deux ans enceinte d'un inconnu, rongée par un cancer qu'elle refusait de soigner, et devenue catholique fervente, et son ex-femme dans les bras d'une spécialiste en gâteaux de mariage.» La grand-mère qui allait rencontrer le Pape est agressée dans une ruelle de Rome. A la fin, tout le monde se retrouve en traînant les pieds. Les messes d'enterrement se confondent avec les réveillons de Noël. Le temps a passé. Ils sont là, cabossés, se souriant avec gêne, vaguement étonnés de s'entendre. On ignore qui est cette Maile Meloy, mais elle a une prose limpide et mélancolique, le chic pour raconter la première fois qu'on voit son père comme un homme âgé...



  • Les premières lignes

Ils s'étaient mariés pendant la guerre, un matin après la messe, dans la vieille église de la Mission à Santa Barbara. Teddy était solennel ; il prenait la cérémonie très au sérieux. Yvette, vêtue d'une simple robe ivoire et coiffée d'un chapeau à voilette, était troublée à l'idée de changer de vie et de nom, là, en Californie, et sans que ce soit son père qui la mène à l'autel. «Moi, Yvette Grenier, accepte de prendre pour époux Théodore Santerre...» Tout avait l'air formel et étrange, les mots semblaient prononcés par quelqu'un d'autre jusqu'à ce qu'elle se rende compte, étonnée, qu'il s'agissait d'elle.

Un mariage rapide, pour que Teddy puisse embarquer à nouveau. Deux jours plus tard, cependant, ils allaient à une soirée dansante au Beach Club et elle rencontrait le commandant de Teddy au bar.

- Vous ne pouvez pas abandonner cette jeune femme aussi vite, dit le commandant en regardant Yvette.
Elle portait la robe ivoire dans laquelle elle s'était mariée parce qu'il avait fallu du temps pour la faire et qu'elle ne comptait pas la porter qu'une seule fois. Elle savait qu'elle lui allait bien - elle faisait ressortir sa minceur et les ondulations de ses cheveux bruns sur ses épaules - et le regard du commandant la fit rougir.


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