Auteur : Jean-Loup Izambert
Date de saisie : 09/09/2004
Genre : Politique
Editeur : Serpent à Plumes, Paris, France
Prix : 16.00 € / 104.95 F
ISBN : 978-2-268-05183-3
GENCOD : 9782268051833
Même en ayant approché les coulisses du jeu de massacre auquel se livrent quelques grandes puissances occidentales, je ne pensais pas alors que je commençais d'enquêter au coeur du système onusien, trouver un tel gâchis humain et surtout un tel condensé d'ignominie humaine au mètre carré.
Pourquoi l'ONU ? Parce que quand deux Etats comme les Etats-Unis et l'Angleterre décident de passer outre toutes les conventions internationales et de violer la Charte des Nations Unies pour mettre à feu et à sang un pays comme l'Irak afin de faire main basse sur ses richesses, la question se pose de savoir pourquoi et comment cela est possible. Les conditions sont-elles réunies pour que l'ONU disparaisse tout comme l'ancienne Société Des Nations disparut dans le déluge de feu et de sang de la montée de l'hitlerisme ? Comment en serait-il autrement quand le Secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, fut lui-même placé à la tête de l'organisation internationale après une forte campagne des américains et que depuis cette date le piétinement de la Charte des Nations Unies se répète aux quatre coins du monde ?...
Avec le recul du temps et en relisant mon investigation censurée une première fois en France par une maison d'édition, je comprends mieux pourquoi ma volonté de franchir les couloirs interdits au public des sièges des organisations internationales gêne tant ; pourquoi aussi les premiers fonctionnaires internationaux rencontrés et qui acceptent de parler de ce qui se trame ne me donnent pas rendez-vous dans leurs bureaux mais dans des petits cafés, loin du quartier de O.I. afin de s'assurer qu'aucun supérieur hiérarchique de leur organisation puisse les voir en ma compagnie ; pourquoi il me fut très difficile d'accéder en français à certains rapports internes - et pourtant publics - dénonçant la prostitution forcée d'enfants d'Afrique ou d'autres contrées par de hauts fonctionnaires internationaux et des Casques bleus en échange de nourriture ; pourquoi des fonctionnaires internationaux, gens de qualité, cultivés et de terrain ont préféré partir en perdant tous leurs droits quitte à se retrouver au chômage avant de se suicider comme certains y ont été conduits par harcèlement. Car je découvre alors que le bilan de l'ONU n'est pas seulement catastrophique au niveau mondial - le revenu par habitant est aujourd'hui plus bas dans 80 pays qu'il y a dix ans...-, mais également sinistre en interne : le droit du travail est réduit à sa plus simple expression, l'emploi d'une précarité insoupçonnée, la justice inique, la répression syndicale importante, le harcèlement psychologique, sexuel et le mobbing très répandus, l'esclavage pratiqué dans plusieurs missions diplomatiques à l'abri de leurs murs. La situation est telle qu'une enquête interne menée par l'Organisation internationale du travail dans trente-deux organisations du système des Nations unies révèle que "près de la moitié (47%) des membres du personnel des Nations unies sont préoccupés par la violence interne..." ! Nous voilà bien loin des belles images proprettes des conférences de presse policées du Secrétaire général de l'ONU et des longues embrassades d'ambassadeurs devant les photographes diffusées par les médias...
Jean-Loup Izambert
Guerre en Yougoslavie, en Irak, en Palestine, au Venezuela, en Afrique... Que fait l'ONU, à quoi sert-elle ? Et du reste qu'en sait-on ? Quelques images rapides à la télévision de réunions du Conseil de sécurité, quelques courtes interviews de son Secrétaire général et parfois le débarquement des Casques bleus dans une région du globe avec quelques idées reçues : l'ONU coûte cher, les fonctionnaires internationaux sont des nantis, etc. Première enquête d'investigation journalistique au sein du système onusien et de ses organisations internationales, celle-ci intervient à un moment où se pose avec force dans plusieurs grands conflits la question du rôle et de l'efficacité de l'ONU. Faut-il brûler l'ONU ? est donc un livre d'actualité. Enquêter au sein de l'ONU conduit à un constat interne accablant : le droit du travail est quasiment inexistant, l'emploi d'une précarité insoupçonnée - sauf pour les hauts fonctionnaires internationaux nommés aux postes de direction par les États, essentiellement les grandes puissances occidentales qui s'octroient 60 % de ces postes -, la justice inique, le harcèlement psychologique, sexuel et le mobbing répandus, la répression syndicale importante, etc. Mais ce n'est pas tout. À cette situation interne s'ajoute le bilan catastrophique de plus d'un demi-siècle d'ONU. Si vous lisez ce livre en une heure, dans le même temps 900 personnes seront mortes de faim. Des épidémies anciennes et nouvelles se propagent, trois milliards d'habitants sur six «vivent» avec moins de deux dollars par jour, un milliard ne sait ni lire ni écrire, un milliard est sans travail, 800 millions d'individus n'ont pas accès aux soins, le revenu par habitant est aujourd'hui plus bas dans 80 pays qu'il y a dix ans... Que reste-t-il de la Charte des Nations Unies ? Faut-il vraiment brûler cette Organisation qui ne serait plus que «le machin» de quelques grandes puissances ?
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