Auteur : Mikaël Ollivier
Date de saisie : 16/06/2006
Genre : Romans et nouvelles - français
Editeur : les Trois rives, Châtillon, France
Prix : 16.00 € / 104.95 F
ISBN : 978-2-35296-001-0
GENCOD : 9782352960010
Un homme tourne le dos à l'amour de peur de perdre ses enfants. Un autre peine à s'habituer à ne plus voir les siens qu'un week-end sur deux. Un troisième cède au dernier caprice rocambolesque de son vieillard de père. Un couple se redécouvre quand le fils quitte la maison pour voler de ses propres ailes...
J'ai commencé la rédaction des nouvelles qui composent ce livre quelques mois après la naissance de ma fille, ma première-née. C'est là, s'il doit y en avoir un, le lien qui réunit ces textes. La paternité. Ma paternité. Cet amour paternel si peu abordé par les livres et les films qui réservent trop souvent aux seules femmes le talent d'aimer les enfants.
Par l'humour ou l'émotion, ces histoires se sont imposées à moi parce que je suis père, parce que je suis fils, parce que nous sommes tous les enfants de quelqu'un, parce que mes petits grandissent trop vite et parce que celui qui m'a appris à marcher est devenu grand-père.
Mikaël Ollivier.
Scénariste (Maldonne, avec Corinne Touzet) et auteur, il a publié, entre autres, de nombreux ouvrages pour la jeunesse (La vie, en gros), une biographie de Bruce Springsteen, et deux thrillers chez Albin Michel (Trois souris aveugle, Prix Polar 2003), adapté au cinéma sous le titre Une souris verte.
Y'a une pie, dans l'poirier, J'entends la pie qui chante, Y'a une pie, dans l'poirier, J'entends la pie chanter...
Comme d'habitude, j'ai mis le CD en entrant sur l'autoroute. Vous chantez à tue-tête, tous les deux à l'arrière dans vos sièges-auto. Je me tais, aujourd'hui. C'est dimanche. Le vendredi, pourtant, je suis toujours celui des trois qui chante le plus fort.
Je me demande si je vais m'habituer un jour. Avec le temps, ces allers-retours deviendront-ils mécaniques ? Avec ce temps qui, depuis que s'est rompue la routine anesthésiante du quotidien, est au coeur de notre vie. Celui qui sépare nos week-ends, puis qui s'écoule trop vite entre votre arrivée le vendredi et votre départ le dimanche. C'est écrit noir sur blanc: le premier et le troisième week-end de chaque mois, de la sortie d'école au dimanche 18 heures, et la première moitié des vacances scolaires... Avant, il fallait bien un anniversaire ou un Noël pour soudain se rendre compte que vous aviez grandi. J'avais signé pour vingt ans qui seraient passés comme cinq. Maintenant, vous avez changé entre un au revoir et un bonjour, vos cheveux ont poussé, vos dents sont tombées, vos genoux se sont écorchés sans que je sache comment et vous savez soudain écrire votre prénom.
Souvent je vous regarde en me demandant ce qui se passe dans vos têtes. Si j'y avais accès, j'aimerais tant ne pas y trouver d'autres soucis que ceux de votre âge ! Je n'ai pas assez d'imagination pour me mettre à votre place ou transposer votre vie dans ma propre petite enfance. Qu'aurais-je eu en tête, moi, à cinq ans, à trois ans, si mes parents s'étaient séparés ? Je n'en sais rien. C'est inimaginable. Et cette incapacité m'effraie. Car que pouvez-vous comprendre à tout cela ?
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