Auteur : Nuala O'Faolain
Traducteur : Vitalie Lemerre
Date de saisie : 08/01/2007
Genre : Romans et nouvelles - étranger
Editeur : S. Wespieser éditeur, Paris, France
Prix : 25.00 € / 163.99 F
ISBN : 978-2-84805-043-0
GENCOD : 9782848050430
L'HISTOIRE DE CHICAGO MAY. Nuala O'Faolain s'empare du destin d'une jeune Irlandaise pauvre qui, en 1890, s'est enfuie de chez elle pour devenir une criminelle célèbre en Amérique sous le nom de «Chicago May».
L'amour, le crime et un destin exceptionnel de femme au tournant du XXe siècle : tous les ingrédients du romanesque sont réunis. Tour à tour braqueuse, prostituée, arnaqueuse, voleuse et danseuse de revue musicale, May avait une beauté magnétique qui tournait la tête des hommes. Ses aventures la conduisirent du Nebraska, où elle côtoya les frères Dalton, à Philadelphie, où elle mourut en 1929, en passant par Chicago, New York, Le Caire, Londres et Paris, où elle fut jugée pour le braquage de l'agence American Express. Elle vécut sur un grand pied, fit de la prison, et écrivit même, dans le genre convenu des mémoires de criminels, l'aventure de sa vie.
Partant de ce matériau, Nuala O'Faolain mène une enquête trépidante, tentant de saisir les motivations de cette énigmatique soeur d'Irlande, elle aussi exilée aux États-Unis. Car cette héroïne romanesque et sentimentale a payé au prix fort l'indépendance qu'elle a conquise contre les normes sociales. Ici l'écrivain nourrit de sa propre expérience une émouvante réflexion sur la quête d'une femme qui a décidé de sortir des sentiers battus, choisissant l'aventure et assumant la solitude.
Née en Irlande dans les années quarante, Nuala O'Faolain est désormais un auteur internationalement reconnu. Elle partage son temps entre l'Irlande et New York. En France, ses livres sont publiés par Sabine Wespieser éditeur.
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Le prix Femina étranger vient de couronner une petite reine des lettres irlandaises, Nuala O'Faolain, et c'est pour elle une belle revanche...
Son héroïne, May Duignan, a bel et bien existé. Sa vie ? Celle d'une aventurière au panache sulfureux, qui trouva de quoi s'émanciper en flirtant avec le diable...
Comme elle, Nuala O'Faolain a été contrainte de tourner le dos à son Irlande natale, pour se frotter aux tourments de l'exil : sans doute s'est-elle un peu identifiée à la belle rebelle... «Il y a sa vie en moi», avoue-t-elle dans ce roman qui offre à son héroïne, si délurée soit-elle, une miraculeuse rédemption.
Sa sépulture est anonyme. Elle aurait dû disparaître sans laisser de traces, cette May Duigan. Comme tant de femmes qui ont fui l'Irlande à la fin du XIXe siècle pour se perdre dans les bas-fonds de l'Amérique. Mais celle qui fut connue sous le nom de Chicago May a laissé un livre. Le récit de sa vie, publié en 1928, un an avant sa mort, à 58 ans. Un livre oublié. Jusqu'à ce que, près de quatre-vingts ans plus tard, une autre Irlandaise, écrivain, le lise et soit fascinée par cet étrange destin.
Sur la couverture de L'Histoire de Chicago May, de Nuala O'Faolain, figure le mot "roman". Il ne s'agit pourtant pas d'un roman biographique ni d'une biographie romancée, bien que Nuala O'Faolain ait parfois recours à son imagination, à la fiction. La passionnante aventure de Nuala O'Faolain, partie à la rencontre d'une belle Irlandaise du passé, grande femme aux yeux bleus, rousse devenue blonde, est une entreprise très singulière...
Au bout du compte, ce beau livre n'appartient à aucun genre connu. A moins que Nuala O'Faolain n'ait inventé ce qu'on pourrait appeler la biographie en miroir : une femme libre d'aujourd'hui, écrivain, fait référence à sa propre existence, ses choix, ses relations à sa famille, pour reconstruire la figure glorieuse et pathétique d'une femme d'autrefois, qui, avant que ce ne soit vraiment possible pour son époque et sa condition sociale, a voulu, elle aussi, mener une existence indépendante et libre.
Extrait du prologue :
J'ÉTAIS DANS L'OUEST de l'Irlande lorsque j'entendis parler d'une Irlandaise qui s'était enfuie de chez elle vers la fin du XIXe siècle et était devenue une criminelle célèbre en Amérique sous le nom de «Chicago May». On me raconta qu'un livre sur elle, écrit par un historien de sa région, s'appuyait sur le récit de sa vie que May publia dans les années 1920. Je savais que, avant mon époque, il existait très peu d'autobiographies écrites par des Irlandaises, et encore moins si elles n'étaient ni saintes ni patriotes ni littéraires. Il me suffit donc d'entendre parler du livre de May pour vouloir le lire. Apparemment, aucune bibliothèque, dans son pays natal, n'avait jamais entendu parler d'elle, car aucune ne possédait un exemplaire de son livre. J'allai sur Internet et trouvai à la bibliothèque de Manhattan sur la Cinquième Avenue ce titre qui me fit frissonner : Chicago May. Son histoire. Un document humain par «la reine des criminelles», par May Churchill Sharpe, 1928.
Manhattan, cependant, était à cinq mille kilomètres.
Le livre dû à l'historien local, en revanche, se trouvait dans la bibliothèque principale du comté de Longford dont May était originaire. Un matin de la fin de l'été, peu après avoir entendu parler d'elle pour la première fois, je me préparai donc, dans les sifflements aériens et les criaillements amicaux et assourdissants de corbeaux perchés sur les lignes électriques autour de mon cottage, à traverser la moitié de l'Irlande en voiture pour le lire. Un merle becquetait l'herbe qui avait été tondue la veille au soir et dont les brins gisaient tels des cheveux, lissés par le poids de la rosée. Cela me rappela le poète Keats qui, en regardant les oiseaux picorer, disait qu'il fallait être capable de rester dans l'incertitude «sans chercher à tout prix le comment et le pourquoi» -, en d'autres termes, qu'il n'était pas urgent de découvrir quel but on poursuivait. Mais je n'avais même jamais éprouvé le besoin d'avoir un but. C'était presque d'instinct que je partais sur les traces de May.
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