Auteur : Nikos Kokantzis
Postface : Michel Volkovitch
Traducteur : Michel Volkovitch
Date de saisie : 13/06/2006
Genre : Romans et nouvelles - étranger
Editeur : Ed. de l'Aube, La Tour-d'Aigues, France
Collection : De l'amour
Prix : 11.80 € / 77.40 F
ISBN : 978-2-7526-0184-1
GENCOD : 9782752601841
Voici le récit lumineux d'une initiation amoureuse, vibrant de naturel et de sensualité malgré la haine et la mort.
Nìkos, un adolescent, et Gioconda, une jeune fille juive, s'aiment d'un amour absolu jusqu'à la déportation de celle-ci à Auschwitz, en 1943.
«C'est le livre que je préfère au monde. C'est une histoire magnifique, à la fois poétique et super-sensuelle...» Dominique A.
Nìkos Kokàntzis, né à Thessalonique en 1930, décide de raconter son histoire d'amour avec Gioconda pour que celle-ci ne meure pas une seconde fois, avec sa propre disparition. Ce sera son seul livre.
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CECI EST UNE HISTOIRE VRAIE.
Hier, une fois de plus, j'ai vu en rêve mon ancien quartier. Rêve la nuit, cauchemar le jour, quand on voit ce qu'ils en ont fait. Moi, au moins, je l'ai connu du temps de sa beauté. J'ai eu la grande chance de naître et grandir là-bas, j'y ai vécu la guerre, l'Occupation, puis quelques années encore.
À l'époque, avant-guerre, dans des quartiers comme le nôtre, les gens vivaient dans des maisons et non dans des «résidences» ; il y avait des jardins et des fleurs, mais pas de voitures ; chaque saison avait encore son parfum, et le silence de la nuit n'était troublé que par l'aboiement d'un chien, le chant d'un coq avant le jour, les grenouilles dans la citerne du voisin l'été, le laitier du matin et les premiers bavardages des ménagères - par tout cela, et tant d'autres choses.
Il y avait alors là-bas une maison pauvre, devenue très importante pour moi. Elle était basse, allongée, avec un toit pentu de vieilles tuiles ; une treille courait sur la moitié de la façade et au-dessus de la porte. Il y avait d'un côté un semblant de jardin, avec deux ou trois pots de fleurs, des herbes folles et des orties, mais aussi un grand figuier, et une prétendue barrière qui ne faisait que marquer le terrain sans rien protéger - protéger quoi, et de qui ? C'était un jardin honnête et sans façons, dû pour un peu à la main de l'homme et pour beaucoup à celle de Dieu, un jardin délicieux, que pendant des années jusqu'à ce jour, parcourant les parcs des villes d'Europe, j'ai conservé dans mon coeur avec la nostalgie de ses recoins, de ses cailloux, ses bestioles, ses lézards, ses cigales, du monde immense contenu dans ce mouchoir de poche où nous avons joué, grandi, vécu, appris - surtout appris.
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