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Les coulisses du commerce équitable : mensonges et vérités sur un petit business qui monte

Couverture du livre Les coulisses du commerce équitable : mensonges et vérités sur un petit business qui monte

Auteur : Christian Jacquiau

Date de saisie : 03/07/2006

Genre : Documents Essais d'actualité

Editeur : Mille et une nuits, Paris, France

Collection : Document, n° 42

Prix : 22.00 € / 144.31 F

ISBN : 978-2-84205-959-0

GENCOD : 9782842059590


  • La présentation de l'éditeur

Les ravages de la mondialisation conduisent les citoyens à rechercher des moyens de peser sur l'évolution de la société. Leur consommation en est un. À la fin des années 1990, le concept de commerce équitable conquiert le grand public avec un produit-phare, le café. Très vite, tout produit se prête à sa version "équitable", l'équitable devient tendance. C'est un petit business qui monte. Son concept repose sur un triple engagement, celui des producteurs et des consommateurs arbitré par de nouveaux intermédiaires, les "acteurs" de l'équitable : les consommateurs paient "un peu plus cher" un produit acheté à un prix supérieur aux cours mondiaux pour assurer un revenu décent aux petits producteurs du Sud. Les acteurs veillent au respect des normes sociales et environnementales. Qu'en est-il de la promesse que les uns et les autres se font ? Les organisations relais et entreprises qui font de l'équitable tiennent-elles leurs engagements ? Qui est vraiment gagnant ? Répondre à ces questions, c'est éclairer d'un jour cru un aspect que certains "commerçants de la bonne conscience" aimeraient tenir secret. Initié par le militantisme citoyen, largement instrumentalisé par les bureaux de marketing, le commerce équitable a été récupéré par les marchands d'illusion. En se donnant à la grande distribution et à quelques transnationales en quête d'honorabilité, les adeptes de la marchandisation de l'équitable ont ouvert la boîte de Pandore. Christian Jacquiau a mené l'enquête pendant deux ans. Il nous invite dans l'arrière-boutique d'un secteur méconnu et nous dévoile les dérives et abus commis au nom de l'équitable.

Christian Jacquiau est économiste, commissaire aux comptes, diplômé d'expertise comptable, spécialisé dans le conseil, l'accompagnement à la création et à la transmission d'entreprises. Il est l'auteur d'une enquête remarquée, Les Coulisses de la grande distribution (Albin Michel, 2000).





  • Les premières lignes

À la fin des années 1990, ils sont encore peu nombreux ceux pour lesquels l'expression «commerce équitable» évoque quelque chose. Le grand public vient à peine de se familiariser avec l'«Agriculture biologique» - pourtant promue depuis plus de trente ans par l'association Nature et Progrès - que déjà elle est récupérée par les supermarchés. C'est au tournant des années 2000 que les consommateurs commencent à remarquer les logos colorés qui fleurissent sur les emballages de quelques paquets de café, et à associer cette signalétique nouvelle au concept plus vaste qui entend promouvoir un «commerce plus juste». En 2003, près d'un consommateur sur deux déclare en avoir entendu parler. Le terme rejoint alors la cohorte des vocables prisés par l'époque, «développement durable», «croissance soutenable», «commerce éthique», aux contours encore flous, mais en cours de définition, qui, demain peut-être, contribueront à bâtir «un autre monde». Après Seattle, après le retentissement de la mobilisation contre la conférence de l'Organisation mondiale du commerce en 1999, les initiatives qui visent à battre en brèche la logique néolibérale captent l'attention des médias. Le mouvement «antimondialiste», bientôt dit «altermondialiste», rencontre une popularité immédiate. C'est dans ce contexte que se développe le «commerce équitable».

Le «produit-phare» en est incontestablement le café. Le premier, il ancre dans l'esprit des consommateurs le concept présenté comme nouveau. Très vite, il bénéficie de campagnes de presse et publicitaires. En quelques années, l'offre n'a cessé de se diversifier. Au rayon épicerie, à côté du café, on peut désormais trouver du thé, du sucre, du miel et des confitures, des épices (notamment du poivre, de la cannelle, de la cardamome et de la muscade), du chocolat, des jus de fruits, des céréales (quinoa, couscous), du riz, de l'huile d'olive dans leur version équitable. L'inventaire ne s'arrête pas aux produits de consommation courante. On peut s'habiller équitable, de vêtements en coton équitable ; utiliser des cosmétiques, décorer son intérieur, offrir des jeux, des jouets et des bijoux équitables... Aux magasins spécialisés (chaînes ou indépendants), aux sites web qui vendent «en direct», se sont ajoutées les enseignes de la grande distribution ; et des grandes marques se sont à leur tour invitées pour contribuer elles aussi, à leur manière, à ce qui ressemble fort à un mouvement de mode. Pour ne pas être en reste, quelques voyagistes se sont mis à proposer à leur clientèle des voyages et séjours équitables.
Tout produit se prête à sa version «équitable» et tout circuit de vente ne peut exclure d'emblée ce petit secteur d'activité qui monte. À peine conceptualisée, cette idée aura été récupérée pour être aussitôt marchandisée.


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