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Bleu : métamorphoses d'une couleur dans la poésie moderne allemande

Couverture du livre Bleu : métamorphoses d'une couleur dans la poésie moderne allemande

Auteur : Amelia Valtolina

Traducteur : Philippe Bonnefis

Date de saisie : 12/06/2006

Genre : Littérature Etudes et théories

Editeur : Galilée, Paris, France

Collection : Ecritures-Figures

Prix : 30.00 € / 196.79 F

ISBN : 978-2-7186-0711-5

GENCOD : 9782718607115


  • La présentation de l'éditeur

"Tout est bleu dans mon livre"
"La légendaire fleur bleue"
Métamorphoses
Dissonances
Usque ad finem
Contrebleu



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  • Les premières lignes

Pensez, parfois je vois la mouche bleue. Oui, tout cela, semble-t-il, importe peu, je ne sais pas si vous me comprenez... Knut Hamsun, Pan.

Car cet état, qui consiste à s'émerveiller, est tout à fait d'un philosophe ; la philosophie en effet ne débute pas autrement... Platon, Théétète.

Une question, pour commencer : «bleu (couleur des idées ?)». Ce qu'exprime cette interrogation de Walter Benjamin, c'est une double hypothèse, qui fait non seulement du bleu la substance de l'idée, mais qui en fait le point de départ de la pensée - et tout particulièrement la pensée occidentale, depuis son origine grecque et métaphysique jusqu'à sa dérive postmoderne. Une hypothèse qui est donc une invitation à refaire toute une histoire, par remontée à l'archétype.
La pensée habite dans les hauteurs. C'est ce que dit l'inconscient collectif, ce que dit le lieu commun : on parle, en effet, de «la hauteur d'une pensée», de sa «froideur», et l'on se rappelle aussitôt que Nietzsche la situe tout là-haut, dans ces régions que fréquentent les Hyperboréens. Et c'est ainsi que, traversée par ce schème de la verticalité, la pensée se trouve associée au bleu, qui est la couleur de ce que l'oeil connaît de plus élevé, la couleur du ciel, une couleur qui exalte l'âme. Couleur froide, aussi, qui invite à la sublimation, et, à partir de Léonard, une fois perdue par elle l'aura transcendantale dont le Moyen Âge l'avait auréolée, couleur de la perspective - or la pensée, on le sait, a besoin de la perspective, qui exige la mise à distance de l'objet, qui est pathos de la distance. Jusqu'à celle, extrême, où transporte la méditation : non seulement les mandatas ont souvent un fond bleu, mais, dans la langue pâli, le nom même qui sert à désigner cette couleur (nila) signifie «méditation».


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