Auteur : Jacques Baumel
Date de saisie : 10/06/2006
Genre : Histoire
Editeur : Plon, Paris, France
Collection : Mémoires et témoignages
Prix : 19.00 € / 124.63 F
ISBN : 978-2-259-20412-5
GENCOD : 9782259204125
Cet ouvrage est l'ultime témoignage de Jacques Baumel sur la gestion secrète du dossier algérien par le général de Gaulle.
Un tragique malentendu, ainsi résume-t-il le chemin chaotique parcouru vers l'indépendance. L'auteur, lucide et équitable, n'évite aucun sujet scabreux et multiplie les anecdotes révélatrices. Car le pouvoir gaulliste ne s'est pas privé de moyens obliques - doubles langages, polices parallèles, intoxications, laxisme devant la torture, instrumentalisation des hommes... - pour sortir d'une guerre qui ne voulait pas dire son nom tout en préservant les intérêts français.
L'auteur n'oublie ni les pratiques illégales des barbouzes, ni le martyre des harkis, ni le drame des pieds-noirs. Un témoignage cru, mais aussi une leçon de politique et de responsabilité.
Jacques Baumel fut résistant - gaulliste de la première heure parlementaire, ministre et moire de Rueil-Malmaison. Il est également l'auteur de nombreux ouvrages politiques et historiques.
Le tocsin d'avril.
«Alors, Delbecque, expliquez-moi un peu ce que vous faites à Alger ?»
Debout derrière son bureau, Charles de Gaulle accueille un fidèle militant de Lille, Léon Delbecque. Ce ch'timi athlétique, de belle prestance, est le fils d'un contremaître qui travaillait dans le textile. Elancé, beau visage, d'apparence solide, il a lui-même travaillé en usine, arborant l'insigne de la Jeunesse ouvrière chrétienne, avant de devenir directeur commercial. Son patron étant aussi gaulliste que lui, des facilités lui sont accordées pour mener une action politique intense. C'est un autodidacte à l'esprit ouvert. Prisonnier évadé en 1940, étiqueté communiste deux ans plus tard parce qu'il distribuait des tracts antiallemands et interné un temps à Clermont-Ferrand, il s'engage dans les Forces françaises de l'intérieur (FFI) et, juste après la Libération, dans l'armée régulière. Major de promotion à l'école des cadres militaires du Nord, puis sous-lieutenant dans une unité française qui relève des commandos canadiens, il est parachuté sur les arrières de l'armée allemande lors de l'offensive Rundstedt dans les Ardennes puis grièvement blessé dans la poche de Dunkerque. Partisan de l'autorité, il reste démocrate à sa manière, par ses origines et ses convictions intimes.
La scène se passe le 27 avril 1958, 5, rue de Solferino, dans un charmant hôtel particulier fin de siècle qui avait été la demeure d'un écrivain de la Belle Epoque aujourd'hui oublié, François de Curel. Le général de Gaulle, comme tous les mercredis, est venu de Colombey-les-Deux-Eglises pour rencontrer des personnalités politiques au siège du Rassemblement. Ainsi désignons-nous, mes compagnons et moi, le Rassemblement du peuple français (RPF), un mouvement politique que nous avions créé en 1947, avec son accord peu enthousiaste, pour tenter de le ramener au pouvoir.
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