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Marseille porte du Sud

Couverture du livre Marseille porte du Sud

Auteur : Albert Londres

Date de saisie : 28/08/2006

Genre : Récits de Voyages

Editeur : J. Laffitte, Marseille, France

Prix : 20.00 € / 131.19 F

ISBN : 978-2-86276-445-0

GENCOD : 9782862764450


  • La présentation de l'éditeur

Albert Londres (1884-1932) a voyagé pendant 18 ans à travers le monde, pour en rapporter des reportages qui ont fait de lui l'un des plus grands journalistes de son temps (Au bagne, Terre d'ébène, Le terrorisme des Balkans, Pêcheurs de perles, La traite des blanches, La Chine en folie, etc.).

Au lendemain de sa mort fut créé un prix portant son nom pour récompenser les meilleurs reporters de la presse francophone. En 2006, après Istanbul, et Moscou, Marseille a été choisie pour recevoir le Prix.

Si Londres n'a jamais vécu à Marseille, il s'y est souvent embarqué. Il s'y arrête le temps d'un livre pour contempler cette ville de passage et de rencontres, décrire la foule la plus bigarrée du monde. Il chante le port, «l'un des plus beaux du bord des eaux», la place de la Joliette, la Canebière où se traitent les affaires du monde entier. Mais il connaît aussi l'envers du décor : les trafics, la misère et même les anarchies de la circulation, laquelle relève (déjà) de la «course de chars» !

Un livre-reportage de grand style sur le Marseille des années 20, que l'on retrouve ici illustré de superbes images d'archives.





  • Les premières lignes

Extrait de la préface de Henri Amouroux, Président du Prix Albert Londres :

Quel oeil ! Quel oeil, celui d'Albert Londres. Il juge, jauge, décortique une ville. Elle devient un monde. Il est vrai que la ville s'appelle Marseille. Atypique Marseille dans la France provinciale de 1926, des romans de Mauriac, Chardonne, Bordeaux. Une ville, Marseille ? Non, un port, une porte ouverte aux hommes venus pour une escale ou pour une vie. Quel oeil, Londres ! Où le commun voit des Marseillais, il voit les Grecs vendeurs d'amandes grillées ou puissants financiers, les Italiens, les Espagnols, les Anglais (en toutes circonstances anglais d'abord), les Arabes, les Roumains, les Éthiopiens et ces Arméniens jetés par la dernière vague dans le camp Oddo, «un camp où l'on ne voudrait pas tomber pour un empire» mais dans lequel, plus forte que la misère, l'espérance fleurit toujours.

1926. N'oubliez pas ! Le monde est en paix depuis huit ans à peine. On ne se bat plus sur mer. Des navires neufs ont remplacé les flottes coulées. Ils sont chargés de toutes les richesses de la terre. Et de toutes ses détresses. L'oeil de Londres ne s'y est pas trompé, «Marseille est une ville heureuse où passent beaucoup de malheureux. Il y a de pauvres arabes, de pauvres nègres, de pauvres blancs».

À ceux qui, «par la route de l'eau sont venus mendier une patrie», Londres, en un temps où l'immigration était presque une idée neuve, accorde le quart environ de ses quatorze articles.

Mais l'oeil de Londres capte aussi le pittoresque, la «couleur locale», glisse sur «Monsieur Alphonsin qui vend du plaisir en Syrie»... et vient s'approvisionner à Marseille, sur le pilote de la rivière de Saigon pour lequel «c'est pas mal la France», mais qui en Cochinchine, se sent plus «chez soi» et l'oeil s'attarde sur les dames qui, avec cartons à chapeaux et «petits chiens chéris», embarquent à destination de la Chine mystérieuse.


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