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Le maître de poste et le messager : les transports publics en France au temps des chevaux

Couverture du livre Le maître de poste et le messager : les transports publics en France au temps des chevaux

Auteur : Patrick Marchand

Date de saisie : 03/06/2006

Genre : Histoire

Editeur : Belin, Paris, France

Collection : Histoire et société

Prix : 24.00 € / 157.43 F

ISBN : 978-2-7011-4259-3

GENCOD : 9782701142593


  • La présentation de l'éditeur

L'auteur nous emmène sur les routes de France, à la rencontre du transport public dans l'ancienne France. Poste aux chevaux, poste aux lettres et messageries, nées à des époques différentes, se partagent le transport des voyageurs et des lettres. Il met en lumière le fonctionnement des entreprises de messagerie et des relais de poste, retrace les progrès des services de transport et l'évolution des réseaux d'acheminement. Il va à la rencontre des entrepreneurs de voitures publiques qui règnent sur des puissantes cavaleries, au train des malles-poste, avec les courriers qui font leurs choux gras d'un commerce personnel, et à la vitesse du galop, avec les postillons tout à la fois séducteurs et insolents, qui brûlent le pavé. Surtout, il dresse le portrait social du maître de poste qui se trouve au centre du dispositif du transport à cheval. Jouissant de privilèges, ce riche agriculteur qui a profité des faveurs de l'État et d'une bonne conjoncture économique, a traversé crises frumentaires et tempêtes politiques sans grand dommage. Le maître de poste, ce notable aux champs, si utile à l'État, disparaît officiellement en 1873, terrassé par le chemin de fer. De Louis XI à Napoléon III, c'est tout un monde riche en couleurs qui surgit de ces pages.

Patrick Marchand, docteur en Histoire de l'université Paris I, est commissaire général des expositions au Musée de La Poste à Paris.



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  • Les premières lignes

Extrait de la préface de Daniel Roche, Professeur au Collège de France :

Développement et échange, Les intermédiaires de la route.

Chaque année, la bibliographie annuelle de l'Histoire de France permet de voir l'intérêt continu que les lecteurs et les éditeurs portent aux Postes. C'est un sujet pittoresque. C'est aussi un lien entre les amateurs du bon vieux temps des diligences, les connaisseurs des beaux crimes d'autrefois, l'affaire du courrier de Lyon est dans toutes les mémoires, les philatélistes impénitents à la recherche des estampilles rares et des oblitérations curieuses, les érudits locaux amoureux du terroir et collectionneurs de faits singuliers, savoureux à l'instar des cuisines régionales. Patrick Marchand connaît, apprécie, rend justice à tous ces historiens du dimanche qui ont porté intérêt à un ensemble complexe d'institutions et d'acteurs qui de l'Ancien Régime à la Révolution industrielle ont construit la capacité de l'échange et du mouvement, des nouvelles, des hommes, des choses. Toutefois, avec justesse, il rompt avec ces traditions pour sortir la Poste et ses maîtres de la marginalité des singularités familières. De la construction d'une Histoire presque totalement institutionnelle, 3.000 titres sont recensés par la bibliographie de Nougaret, 3.000 pages sont connues et parfois lues par les historiens dues à la plume du seul Eugène Vaillé, créateur du Musée postal, Patrick Marchand sait reconnaître l'intérêt. Il a entendu également l'appel d'une administration qui s'est dotée dès les années quatre-vingt d'un comité d'archives et d'un comité pour l'Histoire de la Poste, en 1995. Il n'en est pas pour cela un Historien officiel, mais un vrai Historien qui a su entendre une demande sociale et intellectuelle, et y répondre bien au-delà d'une justification compréhensible et d'un intérêt mémorial exceptionnel.

Il nous est difficile d'imaginer un temps où la communication des nouvelles et la mobilité des hommes étaient fragilisées et ralenties, quand la France encore embourbée s'efforçait de révolutionner la vitesse nécessaire aux échanges et donc au développement. Lire Patrick Marchand permet de découvrir à quels coûts et à quels rythmes les usages de la route moderne ont, avant l'élargissement des chemins de fer et de l'auto, façonné les façons de vivre, de voir, de faire, de tous, confrontés inégalement certes, mais à plus d'un titre, à des besoins, dont de nos jours, nous avons à peine conscience tant ils sont habituels et devenus communs. (...)

Patrick Marchand a entendu et relayé la suggestion romanesque et il démontre comment s'est préparée, sans être conçue intellectuellement, une véritable révolution des habitudes, la redistribution des lignes et la mobilisation des énergies que n'a pas effacée le chemin de fer d'un seul coup d'un seul.


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