Auteur : Emmanuel Laurent
Date de saisie : 02/06/2006
Genre : Economie
Editeur : Publibook.com, Paris, France
Collection : Economie et gestion. Recherches
Prix : 42.00 € / 275.50 F
ISBN : 978-2-7483-3045-8
GENCOD : 9782748330458
Les organisations, quels que soient leur statut, leur taille, leur domaine d'activité et leur localisation doivent faire face à des entrées et des sorties de flux financiers. Pour la plupart d'entre elles, les enjeux financiers et non financiers liés à la régulation quotidienne de ces flux sont importants, parfois cruciaux. Cette régulation de la position globale de trésorerie vise notamment l'optimisation du placement des capacités de financement et de la couverture des besoins de financement. Les évolutions à l'oeuvre depuis plusieurs années concourent à rendre l'environnement du décideur en charge de cette régulation particulièrement incertain pour des horizons opérationnels très courts. Les modes habituels de régulation présentent certaines limites pour optimiser la décision en environnement incertain. L'objectif est ici de proposer une nouvelle approche combinant trois domaines théoriques : la théorie de la décision, l'économétrie des séries temporelles notamment sur données à haute fréquence, les modèles gestion de trésorerie. Elle conduit à une décision qui s'appuie d'une part sur les éléments objectifs, tant stochastiques que déterministes, d'autre part sur les éléments subjectifs. Pour tester sa robustesse, ce mode de régulation théorique est ici appliqué quotidiennement, pendant une année, aux positions globales de trésorerie du régime général de la sécurité sociale en France, dont les flux représentent plusieurs milliards d'euros chaque jour.
Emmanuel Laurent, Docteur en sciences économiques de l'Université Paris IX-Dauphine, enseignant-chercheur au laboratoire Eurisco de cette même université. Il a également enseigné la finance et la gestion de trésorerie dans différentes écoles de commerce et masters, ainsi que l'économie dans le programme parisien de l'Université de Stanford. Il est également membre de la direction financière de l'Agence centrale des organismes de sécurité sociale.
Extrait de l'introduction générale :
Qu'elle soit publique ou privée, grande ou petite, française ou étrangère, toute organisation connaît des flux financiers en encaissement ou en décaissement, qui, une fois consolidés, débouchent sur une position globale de trésorerie traduisant une capacité ou un besoin de financement. La régulation à court terme des positions de trésorerie, par les ressources financières et non-financières qu'elle mobilise, et, partant, par son caractère vital pour l'organisation, doit donc requérir une attention toute particulière de la part de ses dirigeants, mais aussi des économistes chargés d'en étudier, et éventuellement d'en améliorer le fonctionnement.
Les enjeux de cette régulation peuvent être de plusieurs natures : enjeux financiers directs d'abord, lorsqu'il s'agit de réduire le coût de régulation, car l'éventuelle erreur de régulation génère des coûts financiers immédiats, tant effectifs que d'opportunités ; enjeux financiers indirects ensuite, avec pour but d'éviter les dépenses inutiles, en particulier lorsque les avantages découlant d'une mobilisation excessive des moyens s'avèrent inférieurs aux coûts des ressources humaines et techniques mises en oeuvre ; enjeux légaux enfin, lorsque la gestion de trésorerie vise au respect des contraintes légales qui touchent à la solvabilité à court terme de l'organisation.
Cependant, plus le volume des flux de trésorerie est important, et plus le cadre réglementaire dans lequel la régulation des soldes doit s'opérer est strict, plus ces enjeux posent problème : il en est ainsi, par exemple, pour l'organisation de trésorerie de la sécurité sociale en France, dont l'agence centrale des organismes de sécurité sociale (ACOSS), organisme public créé en 1968, a la charge pour l'ensemble des 350 organismes de sécurité sociale. Dans ce cas précis, les flux annuels d'encaissement et de décaissement représentent plus de 3 000 milliards de francs, tandis que les besoins et les capacités de financement sont de l'ordre de plusieurs centaines de milliards de francs chaque année. Or la régulation des soldes est ici rendue difficile par la combinaison de plusieurs éléments : le caractère stochastique des flux à court terme (même si certaines variables du coût sont déterministes, notamment les variables de prix), le nécessaire respect d'une contrainte réglementaire stricte d'interdiction de débit, le degré élevé d'aversion au risque, et l'objectif de gestion à moindre coût. Dès lors, la régulation quotidienne des soldes constitue une source de coûts non seulement du fait d'éventuelles erreurs de prévision, mais aussi de la marge de sécurité financière prise par le décideur pour concilier le respect d'une contrainte stricte et l'incertitude des soldes futurs. Au titre de ces deux éléments, sur la période de 1992 à 1999, 250 milliards de francs par an en moyenne ont été empruntés à tort, du seul fait de l'incertitude qui pèse sur les flux quotidiens de trésorerie.
Copyright : Studio 108 2004-2008 - Informations légales - Vous êtes éditeur ?
Programmation : Olf Software - Infographie, XHTML/CSS : Gravelet Multimédia - Graphisme : Richard Paoli