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Etre, conscience, félicité : la Pancadasi

Couverture du livre Etre, conscience, félicité : la Pancadasi

Auteur : Madhavacarya

Préface : Michel Hulin

Traducteur : Annie Cahn-Fung

Date de saisie : 02/06/2006

Genre : Religion, Spiritualité

Editeur : Accarias-L'Originel, Paris, France

Collection : Advaita

Prix : 25.00 € / 163.99 F

ISBN : 978-2-86316-130-2

GENCOD : 9782863161302


  • La présentation de l'éditeur

Le nom de Vidyaranya (littéralement "forêt de sagesse") est un des plus glorieux de l'école védântique non dualiste fondée au VIIIe siècle par l'illustrissime Shankara. Il est aussi l'un des rares philosophes de l'Inde ancienne dont les dates soient connues avec précision : 1297 1386. La Paficadasi ou "(Traité) en quinze (chapitres)" a constamment recours à des exemples concrets et à des comparaisons suggestives.

On sait que l"orthodoxie" shankarienne s'est assez rapidement scindée en deux courants, nommés, d'après les oeuvres majeures ayant inauguré ces traditions divergentes, "École de Bhamati" et "École de Vivarana". Dans la Paficadasi, Vidyaranya continue à manifester une certaine prédilection pour le modèle du reflet : c'est le seul brahman qui prend l'initiative de se disperser en une multitude infinie de "reflets" de lui-même.

Cependant, ce n'est pas l'élément philosophique abstrait qui domine dans la Paficadasi. De vastes développements y sont consacrés aux thèmes védântiques classiques des quatre états de la conscience (veille, rêve, sommeil profond et contemplation non-duelle), des trois corps (grossier, subtil et causal) et des cinq revêtements du Soi, etc., ainsi qu'aux "Grandes paroles" des Upanishads (dont le célèbre tat tvam asi est le prototype). Dans la plus pure tradition shankarienne, Vidyaranya ne cesse de rappeler que seule la pure connaissance de soi (comme identique au brahman) conduit à la délivrance.

À cet égard, il admet pleinement l'idée du "délivré en cette vie même", lequel est censé goûter dès ici bas cette "félicité du brahman" dont les joies terrestres ne sont qu'un pâle reflet.

La traduction des "Quinze chapitres" que nous propose ici Madame Annie Cahn-Fung - la première dans notre langue - se recommande par sa précision et sa grande lisibilité. Grâce à elle, un des chefs-d'oeuvre du Vedânta non-dualiste devient enfin accessible au public français curieux des choses de l'Inde.





  • Les premières lignes

Extrait de la préface de Michel Hulin :

Le nom de Vidyaranya (litt. "forêt de sagesse") est un des plus glorieux de l'école védàntique non-dualiste fondée au 8e siècle par l'illustrissime Shankara. Par ailleurs, les auteurs connus sous les noms de Bharatatirtha et de Madhava, respectivement, semblent bien ne faire qu'un avec lui, encore que cette double identification ait été parfois contestée. Il est aussi l'un des rares philosophes de l'Inde ancienne dont les dates (1297-1386) soient connues avec précision.. Néanmoins, les renseignements d'ordre biographique que nous possédons sur lui demeurent succincts. On sait qu'il a été étroitement associé - en tant que "ministre" ou plutôt conseiller - à plusieurs des souverains de l'empire de Vijayanagar dans l'Inde du sud. Selon un schéma brahmanique classique, il se serait retiré du monde dans la dernière partie de sa vie, devenant sannyâsin ou "renonçant". Selon la tradition, il aurait assuré durant ses toutes dernières années (1375-1386) la fonction de Supérieur du monastère de Shringeri (dans l'actuel Etat du Mysore) fondé quelques six siècles plus tôt par Shankara lui-même. Outre la Pancadasi, on lui doit notamment le Vivarana-prameya-samgraha ou "Résumé des thèmes du Commentaire explicatif (de Prakashatman)", le Jîvanmuhtiviveha ou "Analyse de l'état de délivré-vivant" et le Sarva darshana-samgraha ou "Compendium de tous les systèmes". Signalons enfin qu'une tradition vivace voudrait qu'à l'époque de sa maturité il ait rédigé également, sous le nom de Sayana, le Vedabhâshya, le seul Commentaire de l'ensemble du Veda qui soit parvenu jusqu'à nous.

La Pancadasi - ou "(Traité) en quinze (chapitres)" - n'est peut-être pas, sur le plan strictement philosophique, son oeuvre la plus élaborée, mais elle est à coup sûr la plus populaire. De nos jours encore, elle est étudiée assidûment dans les instituts de formation brahmaniques traditionnels. Rédigée en vers, elle a constamment recours à des exemples concrets et à des comparaisons suggestives. Son mode d'exposition n'est pas celui d'un raisonnement linéaire mais consiste davantage en retours incessants sur les mêmes thèmes, abordés chaque fois sous un angle particulier. On n'ira pas jusqu'à prétendre que l'oeuvre ne comporte aucune répétition - d'autant plus que rien ne garantit qu'elle ait été transmise au cours des siècles avec une absolue fidélité - mais, dans l'ensemble, cette reprise perpétuelle des mêmes thèmes paraît comporter plus d'avantages que d'inconvénients.

On sait que l'"orthodoxie" shankarienne s'est assez rapidement scindée en deux courants, nommés, d'après les oeuvres majeures ayant inauguré ces traditions divergentes, "Ecole de Bhamati" et "Ecole de Vivarana". Pour dire les choses simplement, on posera que l'approche propre à la première Ecole est plus "existentielle" et celle de la seconde plus "spéculative". Or, le problème majeur pour une pensée aussi radicalement non-dualiste que celle de Shankara est de rendre compte de l'infinie diversité des êtres et des événements qui constituent le monde de l'expérience sensible. Dans la perspective moniste, cette diversité ne peut être qu'illusoire. Mais cette illusion est-elle un phénomène

purement subjectif, de notre part une ignorance ou une méconnaissance (avidyâ) du Réel, étrangère à ce Réel même ? Ou bien doit-on y voir la manifestation d'une "Puissance d'illusion" (mâyâ), enracinée dans l'absolu lui-même (brahman) et librement déployée par lui ?


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