Passion du livre - tout sur le livre : Le chat aux yeux d'or : une illusion algérienne

Recherche

Recherche simple
Recherche multi-critères

Le chat aux yeux d'or : une illusion algérienne

Couverture du livre Le chat aux yeux d'or : une illusion algérienne

Auteur : Fadela M'rabet

Date de saisie : 31/05/2006

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : Des femmes-Antoinette Fouque, Paris, France

Prix : 10.00 € / 65.60 F

ISBN : 978-2-7210-0534-2

GENCOD : 9782721005342


  • La présentation de l'éditeur

«Elle avait un oeil couleur de nuit profonde, mystérieuse, insondable et un autre d'encre violette. Le regard de celle qui toute sa vie essaya d'imaginer le visage de sa mère disparue après sa naissance. Cette mère dont la voix lui parvenait à travers le liquide amniotique. Celle dont les battements de coeur lui étaient restitués par les bruits d'une cascade.

Je n'oublierai jamais le visage de Nana près d'une cascade. Elle était dans une bulle et son visage n'était plus que lumière. Elle entendait le coeur de sa mère, elle entendait sa voix, mais son visage lui restera à jamais inconnu.»


Fadéla M'Rabet, née à Skikda (Algérie), a été l'une des premières féministes dans son pays. La Femme algérienne et Les Algériennes (1965 et 1967, Maspero) l'ont fait connaître. Elle a publié depuis L Algérie des illusions (1972, Robert Laffont), Une enfance singulière (2003, Balland), puis Une femme d'ici et d'ailleurs, la liberté est son pays (2005, Éditions de l'Aube).

Docteure en biologie, elle a été maître de conférences - praticienne des hôpitaux Broussais-Hôtel-Dieu.





  • Les premières lignes

Elle était là, allongée, les jambes jointes comme tous les gisants, et elle paraissait encore plus mince dans son linceul blanc. Elle était semblable à une momie d'adolescente - d'un corps qui ne pesait pas.

C'était la première fois qu'un corps de non-vivant me donnait une telle impression de légèreté.

Pour la première fois aussi que sa destinée ne me tourmentait pas. Il gardait sa cohérence et son harmonie par une lutte invisible et incessante, pour l'instant victorieuse, comme de son vivant, pour rester encore parmi nous. Dans un monde de lumière. Cette lumière d'Alger, comme celle de Skikda, si légère, si transparente, que je n'ai retrouvée qu'en Grèce au cap Sounion.

Puis elle cessera son combat. Chaque maille de son enveloppe de lin blanc sera le foyer d'une vibration, chaque particule de son corps se transformera par un mouvement tourbillonnant en une essence unique, singulière - celle de Nana.

Elle ne s'échappera pas en volutes vers le ciel, mais nous enveloppera de cette atmosphère éthérée des matinées heureuses de la maison de Skikda. Avec ses fragrances de semoule grillée et de miel chaud des taminas de Djedda, d'oranges confites, spécialité de Nana, de pruneaux et de raisins de Smyrne caramélisés de Yemma, de henné les jours de fête. Et puis ces arômes de café mêlés au parfum de fleurs d'oranger que tu ramassais par brassées dans le patio et que tu jetais dans la cafetière.

Montaigne se réveillait en musique. Nous nous réveillions dans la maison de Skikda avec les arômes de café et de fleurs d'oranger. Tu appelais Fella, Yasmina, le nom de tes deux filles et de deux variétés de jasmin, et nous parvenaient alors tous les parfums d'Arabie.

Tu faisais partie du premier cercle de cette grande famille constituée par ma grand-mère Djedda, qui ne s'est jamais séparée de ses deux fils : l'aîné, mon père, Baba, et le cadet, oncle Ali, qui lui donnèrent chacun sept petits-enfants.


Copyright : Studio 108 2004-2008 - Informations légales - Vous êtes éditeur ?
Programmation : Olf Software - Infographie, XHTML/CSS : Gravelet Multimédia - Graphisme : Richard Paoli