Auteur : Marie Depussé
Date de saisie : 27/05/2006
Genre : Romans et nouvelles - français
Editeur : POL, Paris, France
Collection : Blanche
Prix : 18.00 € / 118.07 F
ISBN : 978-2-84682-137-7
GENCOD : 9782846821377
Née un 31 décembre 1935 et vivante jusqu'à ce jour." Voilà la biographie officielle de Marie Depussé. Aussi lapidaire que polysémique. Faut-il y voir une boutade, l'expression d'un étonnement, d'une prouesse dérisoire ? Quelque chose que l'on clame haut et fort comme pour s'en persuader ? Non. C'est plus simple, plus sincère. "Je suis obsédée par le côté funéraire des gens. Accumuler les petits faits d'armes les uns derrière les autres me paraît si proche du cimetière. On n'attend plus que la date qui viendra clore la liste... Je préfère dire que je suis vivante."...
... L'histoire ? Difficile à résumer. Ou trop facile. Il y a d'abord l'enfance, la guerre. La vie heureuse dans le Morvan et le déracinement lorsqu'on "monte" à Paris, la violence sourde à l'école de la rue de Bouvines. Et puis la mort de la mère, au centre du livre, comme un séisme pour les quatre enfants. Ensuite, chacun d'eux s'efforcera "à sa pauvre manière", de continuer. "Chacun dans notre coin, nous demeurions (...) des idiots farouches", écrit Marie Depussé. Jusqu'à ce qu'elle, la soeur aînée, décide d'aller vers les trois autres pour les faire parler, les "confesser" et retrouver "la parole perdue de la mère".
C'est ce "voyage" que raconte Les morts ne savent rien. Marie Depussé est partie d'une boule opaque, d'un "noeud" - "vous savez, ce noeud dont parle Faulkner, dans sa préface au Bruit et la fureur" - et elle a décidé de s'y attaquer en cernant la perte "de plusieurs côtés", avec une grande liberté, en "laissant le champ libre à tout ce qui pouvait venir"... Au fil du récit, la mélancolie laisse place à la joie d'accueillir et de faire sienne, le temps d'un livre, la parole de l'autre. L'écriture enveloppe la peine... L'analyse, elle en a fait l'économie. Mais la pelleteuse l'a fait sourire. Tout le livre lui a fait l'effet d'un chantier. Un chantier qui l'habitait jour et nuit et qui la débordait. Des flots de mémoire involontaire, de scènes, d'impressions...
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