Auteur : Jean-Pierre Bonenfant, Préface de Michel Platini | Just Fontaine
Date de saisie : 12/05/2006
Genre : Sports
Editeur : Solar, Paris, France
Collection : Sports
Prix : 18.00 € / 118.07 F
ISBN : 978-2-263-04107-5
GENCOD : 9782263041075
Entre le 8 et le 28 juin 1958, dans le cadre de la sixième Coupe du monde, un jeune footballeur, Just Fontaine, marqua treize buts en l'espace de six matches (contre le Paraguay, la Yougoslavie, l'Écosse, l'Irlande du Nord, le Brésil et l'Allemagne). Ce qui n'était à l'époque qu'un grand record s'est mué en une performance d'anthologie: près de cinq décennies plus tard, nul n'a menacé et encore moins égalé Just Fontaine, buteur d'universelle référence. Avec Mes 13 vérités surie foot, treize séquences essentielles, rédigées en collaboration avec Jean-Pierre Bonenfant, Just Fontaine porte, en pleine indépendance de jugement, un regard critique sur le football.
Anecdotes d'hier et d'aujourd'hui, portraits de grands joueurs, analyse de l'évolution du jeu, promenades dans les coulisses, etc., rien n'échappe à Just Fontaine. Dans Mes 13 vérités sur le foot, les nostalgiques d'un certain football trouveront matière à discussion avec les tenants du jeu actuel. Car Just Fontaine se situe au carrefour de toutes les générations du ballon rond, et Michel Platini n'a pas hésité à donner une préface pénétrante et généreuse à cet ouvrage.
Ainsi, sans avoir jamais pu être constitué sur le terrain, pour cause d'écart de générations, ce prestigieux duo Fontaine-Platini existe (enfin) pour le plaisir des passionnés du football.
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Extrait de la préface de Michel Platini :
Nous ne connaîtrons jamais la réponse à la question : et si Just Fontaine n'avait pas arrêté sa carrière à 27 ans à peine ?
Tous les amoureux du football - et j'en fais partie - peuvent facilement imaginer que Justo aurait continué à enfiler les buts comme d'autres enfilent les perles.
J'étais bien trop jeune pour avoir vu jouer Justo. Mais j'ai le privilège de connaître intimement l'un de ceux qui peuvent en parler le plus justement. Je veux citer Roger Piantoni, vieux complice de mon père Aldo. Roger m'a raconté ou expliqué tant de choses à connaître et dans ses exemples revenaient le nom de Fontaine.
Bien entendu, les photos et les palmarès sont là pour oeuvrer à la mémoire du football mais c'est en évoluant au plus haut niveau que j'ai pu me rendre compte combien Justo avait marqué plusieurs générations. Et lorsqu'en 1984 j'ai terminé meilleur buteur du Championnat d'Europe des Nations, je n'avais «que» 9 buts à mon compteur. Il m'en manquait donc 4 pour égaler la performance de Justo en Suède, en 1958.
Ah... ces 13 buts ! Ils lui ont apporté une gloire universelle en un temps où la communication télévisuelle n'était pas globale. Je ne dis pas que Justo est entré pour l'éternité dans l'histoire du football mais je ne suis pas loin de le penser.
Avant qu'une double blessure le pousse hors du terrain, Justo avait pu montrer sur tous les terrains qu'il était un buteur hors pair. Accrocheur, volontaire, adroit, opportuniste, solide, il ne lui manquait rien pour aider le ballon à pénétrer dans le but.
Débutant en équipe de France par un triplé, il allait réaliser durant sa carrière avec l'équipe de France une formidable série à me rendre presque jaloux. Et s'il s'était illustré depuis longtemps, lui le Marrakchi de naissance, sous les couleurs de l'US Casablanca, puis de l'OGC Nice, c'est tout de même en maillot rouge manches blanches du Stade de Reims qu'il terrorisait match après match les défenseurs les plus rugueux.
Mais un homme se résume-t-il uniquement à ses exploits ?
Ce serait faire injure à Justo et le réduire à un homme qui pense avec ses pieds (encore que ceux-ci aient montré leur intelligence en maintes occasions). À peine sa carrière prématurément stoppée, le voilà qu'il s'engage pour défendre les intérêts des footballeurs professionnels. Sur une idée de Eugène N'Jo-Léa et la compétence du juriste Jacques Bertrand, il devient le premier président de l'UNFP (Union nationale des footballeurs professionnels) lors de sa création en 1961. Entouré de quelques copains, il lutte avec succès pour faire aboutir des revendications qui paraissaient alors insensées. Sa fantastique passion pour l'offensive débordait du terrain pour rejoindre le social.
Dès lors Justo, qui n'a jamais eu la langue dans sa poche, allait pouvoir s'en donner à coeur joie. Jamais à court de bons mots, il fait la joie des médias et de son entourage. Pensez donc, le football il !e vit, il le respire. Ses analyses font mouche. Mais au-delà de son sens critique, Justo reste fidèle à ses idées. Ses valeurs du football - qui ne sont pas très éloignées des miennes - se tournent en direction du jeu. Lui qui a joué aux côtés d'artistes que furent Raymond Kopa et Roger Piantoni, il sait reconnaître au premier coup d'oeil le véritable joueur de ballon.
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