Auteur : Brigitte Pitarakis
Date de saisie : 12/05/2006
Genre : Sciences humaines et sociales
Editeur : Picard, Paris, France
Collection : Bibliothèque des cahiers archéologiques, n° 16
Prix : 65.00 € / 426.37 F
ISBN : 978-2-7084-0771-8
GENCOD : 9782708407718
La société byzantine était animée d'une profonde religiosité, dont témoignent ses productions artistiques. On ne retient habituellement de ce phénomène que la dévotion aux icônes. Mais la période qui succède à la crise iconoclaste du ixe siècle a également été marquée par un extraordinaire essor du culte des reliques. Témoignages éloquents de cette ambiance pieuse, les croix-reliquaires pectorales en bronze sont issues d'une production de masse qui a été distribuée dans toutes les parties de l'empire et dans ses régions limitrophes. Cet ouvrage, issu d'une thèse de doctorat soutenue à l'Université Paris I (Panthéon-Sorbonne) en 1997, réunit plus de six cent cinquante croix-reliquaires, souvent inédites, qui proviennent d'une vaste aire géographique allant de l'Italie du Sud, la Grèce et les Balkans, à l'Asie Mineure, la Syrie-Palestine et la Russie.
Dotées d'un décor religieux, les croix-reliquaires en bronze étaient portées sur la poitrine pour assurer une protection dans la vie de tous les jours et dans l'au-delà. Leur contenu présumé, un fragment de la Vraie Croix, et leur décor le plus courant, une image du Christ en croix, ont longtemps incité les chercheurs à les ranger parmi les souvenirs de pèlerinage en Terre Sainte paléochrétienne. Néanmoins, l'analyse approfondie de leur iconographie, menée parallèlement à l'observation des contextes archéologiques de découverte, a conduit l'auteur à déplacer leur datation dans une fourchette chronologique située entre le Ixe et le XIIe siècle et à rejeter leur association traditionnelle avec les sanctuaires de Terre Sainte. Il lui a également été possible d'observer une coïncidence de la popularité croissante de cette production avec l'apogée du monachisme et l'élargissement des frontières de l'empire. Fortement prisées par les moines et les soldats qui ont contribué à leur extraordinaire diffusion, les croix-reliquaires ont également été portées par des femmes et des enfants. Elles apportent un éclairage précieux sur les contacts entre art et société à Byzance.
Commander ce livre sur Fnac.com
Avant-propos de Jannic Durand :
En publiant, en 1958, son livre pionnier sur les Ampoules de Terre Sainte, André Grabar déplorait que, «si singulier que cela paraisse», aucune «étude exhaustive» n'ait jamais été entreprise sur ces «produits d'une industrie d'orfèvres assez modestes» auxquels, néanmoins, il fallait «reconnaître la qualité d'oeuvres d'art». Une «recherche de ce genre, affirmait-il, ferait beaucoup mieux apparaître l'intérêt» de ces petits monuments et, en particulier, de leur iconographie.
C'est à une autre catégorie de petits objets semblablement déshérités que s'attache l'ouvrage de Brigitte Pitarakis les croix-reliquaires pectorales de bronze byzantines. Curieusement, en effet, en dépit du très grand nombre de croix qui nous est parvenu, qui s'élève à plusieurs centaines, leur «étude exhaustive» n'avait encore jamais été, elle aussi, entreprise. La Bibliothèque des Cahiers archéologiques est donc heureuse de publier aujourd'hui un livre qui comble indiscutablement une lacune.
Comme les ampoules de Terre Sainte, les croix-reliquaires pectorales de bronze sont, certes, des vestiges modestes de l'art byzantin. Elles n'en sont pas moins des oeuvres d'art à part entière et, plus encore, par leur nombre même, représentent nécessairement des témoins de toute première importance. Mais, mal datées et souvent attribuées aux premiers temps chrétiens, indéterminées dans leur origine géographique, problématiques quant à leurs destinataires, incertaines dans leur usage précis comme dans leur contenu spécifique et mal définies dans les mécanismes de la production artisanale à Byzance, les croix-reliquaires pectorales de bronze constituaient jusqu'à présent un ensemble indécis et encore très largement muet.
Au contraire, Brigitte Pitarakis, en les réunissant pour la première fois en un corpus et en les étudiant dans leur globalité, montre que les croix-reliquaires pectorales de bronze résultent d'une production de masse continue du ixe au XIIe siècle, prioritairement destinée aux moines et fortement appréciée par les soldats, qui en ont ensemble assuré l'extraordinaire diffusion dans l'Empire et hors de ses frontières. Elles offrent, à travers leur iconographie et par leur popularité même, une image tangible et fiable de la religiosité byzantine médiévale des lendemains de l'iconoclasme jusqu'à la conquête latine du XIIIe siècle. En même temps, c'est un secteur entier des arts du métal à Byzance, bien établi dans l'Empire et lié aux autres activités des bronziers, qui est ainsi replacé dans son contexte archéologique, historique, artistique, spirituel et social.
Avec la publication de ce livre qui propose un matériel véritablement neuf aux études byzantines, les Cahiers archéologiques espèrent se monter toujours fidèles à l'esprit de leurs fondateurs.
Copyright : Studio 108 2004-2008 - Informations légales - Vous êtes éditeur ?
Programmation : Olf Software - Infographie, XHTML/CSS : Gravelet Multimédia - Graphisme : Richard Paoli