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Forme fermée et forme ouverte dans le théâtre européen

Couverture du livre Forme fermée et forme ouverte dans le théâtre européen

Auteur : Volker Klotz

Traducteur : Claude Maillard

Date de saisie : 12/05/2006

Genre : Théâtre

Editeur : Circé, Belval, France

Collection : Penser le théâtre

Prix : 21.00 € / 137.75 F

ISBN : 978-2-84242-196-0

GENCOD : 9782842421960


  • La présentation de l'éditeur

Dans l'histoire du théâtre européen depuis Shakespeare, deux tendances opposées ne cessent de se manifester : l'une privilégie la forme fermée, rigoureusement structurée, «tectonique» ; l'autre promeut une forme ouverte, libre, «atectonique», qui tend vers la dissolution de la structure dramatique.

Reprenant les catégories de «forme ouverte» et de «forme fermée» établies par Heinrich Wölfflin dans son ouvrage Les Concepts fondamentaux de l'histoire de l'art, Volker Klotz construit un modèle théorique pour l'analyse des pièces de théâtre selon leurs éléments constitutifs : action, temps, lieu, personnages, composition, langage.

Ressortissent au «type idéal» de la forme fermée - c'est-à-dire «classique» - les pièces de Racine, de Goethe et de Schiller. Et sont particulièrement représentatives du «type idéal» de la forme ouverte, celles de Lenz, de Büchner, de Grabbe, de Wedekind, de Brecht. Mais l'étude s'intéresse aussi, bien entendu, aux nombreux cas de «forme mixte». Loin de considérer ces formes-types de la dramaturgie comme des entités platoniciennes, l'auteur s'attache à montrer que ce sont «des tendances tout à la fois permanentes et sujettes à variation à travers l'histoire».

Un grand classique de la dramaturgie, qui combine une réflexion théorique exigeante et la proposition d'une méthode, extrêmement précise, d'analyse des textes de théâtre.


Volker Klotz a été professeur de littérature à l'Université de Stuttgart. Il a publié des livres sur la théorie du spectateur, l'objet dans le théâtre, l'opérette, le rire dans le théâtre bourgeois.





  • Les premières lignes

Extrait de la préface à la traduction française :

Je suis très heureux que ce livre soit désormais disponible en français, et j'ai pour cela maintes bonnes raisons.

La toute première, c'est que l'on persiste, à l'évidence et bien qu'il soit venu au monde de la lecture il n'y a pas moins de quarante-cinq ans déjà, à lui accorder une intacte valeur d'usage, et cela non seulement dans les universités, les lycées et les théâtres de langue allemande, mais en d'autres lieux encore.

Je me réjouis aussi, tout particulièrement, qu'après avoir été traduit en quelques autres langues ce livre le soit aujourd'hui en français, car il accède ainsi, materialiter, à un univers littéraire aussi bien que théâtral dont il a reçu, idealiter, des incitations décisives. En quel sens ?

Ce livre est fondé sur une observation : dans la littérature dramatique européenne, il existerait depuis plusieurs siècles deux tendances expressives diamétralement opposées, dont l'une mène vers la «forme fermée» et l'autre vers la «forme ouverte». Or l'image la plus nettement caractérisée de la «forme fermée», c'est dans la tragédie classique française que je l'ai trouvée d'emblée, en raison de son architecture symétrique, de l'homogénéité de son style, de la subtilité des passions qu'elle représente en discours et en actes, et du moderato de sa dynamique intérieure et extérieure.

Cette tendance expressive - qui se poursuit à l'évidence dans des pièces comme l'Iphigénie de Goethe et la Marie Stuart de Schiller, mais aussi chez Alfieri, Hebbel et d'autres auteurs dramatiques, je l'ai déchiffrée avant tout dans des textes de Corneille et Racine ainsi qu'à travers leurs représentations à la Comédie Française (particulièrement au temps où je travaillais à ce livre). C'est seulement par contraste avec cette forme rigoureusement «fermée» que l'on peut voir se dessiner l'indiscipline en apparence anarchique de la «forme ouverte», dont le créateur par excellence fut Shakespeare et le modèle repris et décliné par des auteurs comme Lenz et Biichner, Hugo et Grabbe, Wedekind et Brecht.

C'est donc ainsi que des oeuvres maîtresses de la littérature dramatique française avaient déjà contribué à la conception de ce livre. Mais ce n'est pas tout. J'espère aujourd'hui encore, la réalisation ayant suivi la conception, pouvoir compter en France sur des lecteurs particulièrement réceptifs, et cela aussi pour une bonne raison. Au fil des ans en effet, il m'a semblé de plus en plus que le public français - et non pas la seule corporation des spécialistes du théâtre - était bien plus enclin que le public allemand à réfléchir, même en dehors des représentations, aux objets, aux fonctionnements et aux formes de la poésie dramatique. Sur la rive gauche du Rhin les gens, me semble-t-il, aiment à lire et lisent souvent des pièces de théâtre, et cela même quand ils sont à l'évidence libérés des contraintes de tout enseignement, scolaire ou universitaire.

S'il n'en était pas ainsi, il n'y aurait sans doute pas autant d'éditions, le plus souvent excellentes, d'auteurs dramatiques. On les trouve dans de nombreuses librairies; elles vont du XVIIe siècle jusqu'à nos jours, de Corneille à Audiberti et Gatti, en passant par Marivaux et Musset. Autre témoignage éloquent d'un vif intérêt pour la poétique et la pratique du théâtre et de la scène: le grand nombre et la diversité des essais critiques et des traités théoriques qui leur sont consacrés.

Enfin, je suis heureux que cet ouvrage ait eu la chance de tomber sous la discrète autorité d'un traducteur attentif et réfléchi.


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