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Fin de vie : entre volonté et éthique

Couverture du livre Fin de vie : entre volonté et éthique

Auteur : Christian Germain | Olivier Jardé

Date de saisie : 11/05/2006

Genre : Philosophie

Editeur : J.-C. Gawsewitch éditeur, Paris, France

Prix : 14.00 € / 91.83 F

ISBN : 978-2-35013-065-1

GENCOD : 9782350130651


  • La présentation de l'éditeur

Selon de nombreux sondages, une forte majorité de Français serait favorable à l'euthanasie, qui permet d'abréger une fin de vie rendue intolérable par des douleurs physiques et psychiques.

Cependant, bien qu'il recouvre l'idée d'une "mort douce et sans souffrance", le mot fait peur et la pratique, illégale en France, soulève bien des questions éthiques et juridiques.

Adoptée en avril 2005, la loi sur le droit des malades et la fin de vie développe les soins palliatifs et définit clairement les notions de refus de soins, arrêt de traitement, "directives anticipées" et de "personne de confiance".

Elle instaure un "droit à laisser mourir" et vise à ce que soit respectée la volonté du patient souhaitant éviter l'acharnement thérapeutique et bénéficier de soins palliatifs.



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  • Les premières lignes

Préface de Laurence Ostolaza, Journaliste santé :

Nul ne peut évoquer la mort tant qu'elle ne lui a pas frôlé l'épaule.

Il y a quelque temps, je ne me serais pas sentie concernée par le sujet. Mais depuis ce mois de mai endeuillé, la mort m'interpelle.

J'ai encore cette vision d'un être cher, sur un lit de mort, car c'est ainsi qu'il faut le nommer, sans politesse.

Le cancer le gagnait mois après mois, de rémission en récidive.

Et puis un jour, la morphine ne suffit plus. Cloué au lit, définitivement, il eut cette phrase : «Qu'est-ce que je fais entre ces quatre murs en attendant de crever ?»

Attendre de crever.

Retour aux origines du monde, on attend bien neuf mois pour voir la lumière. Voilà qu'il faut attendre, encore, pour accéder aux ténèbres.

Cette notion d'attente est, pour moi, au centre du débat sur les soins palliatifs.

Combien de temps peut-on, doit-on, attendre avant de mourir ? Jusqu'où va le soin ? Où commence l'acharnement ?

S'acharner à vivre, c'est après tout très légitime, on appelle ça l'instinct de survie. Soigner jusqu'à l'impossible guérison, et après... accepter, se résigner. La science a fait de tels progrès que l'on n'accepte plus de ne pas guérir.

Il est donc nécessaire de réapprendre l'humilité.

Se préparer dès le plus jeune âge à la perte, naturelle.

Ne pas occulter la mort, ne pas être dans le déni.

Savoir qu'on est seul devant elle, seul aussi devant la douleur du deuil, seul enfin à pouvoir décider de continuer à vivre ou de lâcher prise.

Je suis libre de décrocher ou de vouloir de la morphine jusqu'à ce que... mort s'ensuive.

Respecter la dignité d'un mourant, c'est accepter ce choix.

Il a le droit de ne pas souffrir, d'être maintenu en vie, mais il est seul à pouvoir choisir.

Pas d'ingérence: de la liberté. Acceptons les volontés d'une mère qui exécute les dernières volontés de son fils mourant.
Ni le parent, ni le législateur, ni le médecin ne peuvent décider à notre place. Notre mort nous appartient.

Pour ne pas qu'elle nous échappe, léguons un testament à ceux qui auront la lourde tâche de gérer notre «après». Avec fidélité : un dernier geste d'amour.


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