Auteur : Yves Aubin
Date de saisie : 28/08/2006
Genre : Romans et nouvelles - français
Editeur : Belfond, Paris, France
Collection : Littérature française
Prix : 18.00 € / 118.07 F
ISBN : 978-2-7144-4253-6
GENCOD : 9782714442536
«Mon collier a une histoire extraordinaire», se disait à dire Nina Kandinsky, la veuve du célèbre peintre, avant d'être assassinée dans son chalet de Gstaad, en Suisse...
Un bijou au passé fabuleux, M. Michel en connaît un, lui aussi, celui que son père avait possédé un temps, lorsqu'ils vivaient à Pondichéry. Un sublime collier de diamants et de rubis birmans, objet de toutes les convoitises mais source de malheur. Or ce joyau, que M. Michel n'avait pas revu depuis son enfance, réapparaît soudain dans son petit atelier d'orfèvrerie du XVe arrondissement, à Paris. Hanté par les funestes légendes du passé, il n'a alors qu'une idée en tête, s'en débarrasser au plus vite. Dès lors, la vie calme et bien rangée de M. Michel bascule, et ce célibataire solitaire est entraîné malgré lui aux quatre coins de la capitale, entre le Paris des artistes, des bourgeois et des commerçants, et le quartier de la nuit, Pigalle, où il rencontrera l'amour.
Mais échappera-t-il à la malédiction du collier ? Une chose est sûre, les morts mystérieuses et les assassinats ne vont pas tarder à se multiplier.., et certains pourraient bien chercher à revendre le collier à une certaine Nina K.
Dans une écriture subtile et avec un art manifeste du suspense, Yves Aubin livre une comédie savoureuse mêlant fiction et réalité, intrigues et coups de théâtre jubilatoires sur fond de légendes indiennes.
Yves Aubin a toujours été passionné par l'Inde, et plus particulièrement par Pondichéry, l'ancien comptoir français. Son premier roman, Dans les vents du Coromandel (RobertLaffont, 2002), a reçu un excellent accueil du public et a été salué unanimement par la presse.
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Extrait de l'avant-propos :
Durant des années, ma femme et moi, nous avons rencontré Nina Kandinsky chez des amis peintres, à Paris. Ces amis habitaient un bel appartement rue de l'Estrapade, dont les hautes fenêtres donnaient à plein sur l'ancienne abbaye Sainte-Geneviève et le Panthéon. Ils pratiquaient comme personne l'art de recevoir. Nous étions généralement peu nombreux pour le dîner, huit au plus, un nombre idéal, compris, selon la formule, entre le nombre des Muses et celui des Grâces, car il permet une véritable conversation entre tous les invités, ce qui était le cas. Et c'est ainsi que nous avons dîné, entre autres, avec Marc Chagall, Françoise Gilot, la compagne de Picasso... et Nina Kandinsky, la veuve du peintre russe Vassili Kandinsky.
Nina était une petite bonne femme assez boulotte et couverte de bijoux. Elle était âgée. Elle avait épousé Kandinsky à Moscou en 1917. Elle avait alors vingt ans, et lui cinquante. Elle était sa seconde épouse. Selon ce qu'elle racontait, le peintre aurait eu pour elle un véritable coup de foudre au seul son de sa voix, le jour où elle lui avait téléphoné pour lui dire qu'elle aimerait le rencontrer. Il était déjà très connu en tant que fondateur, ou l'un des fondateurs, de l'art abstrait. Elle-même assurait avoir découvert l'art moderne dès sa plus tendre enfance, à Moscou, en visitant la célèbre collection de Sergueï Chtchoukine. Elle évoquait la forte impression qu'avait produite sur elle La Danse de Matisse, aujourd'hui au musée de l'Ermitage. Jusqu'à la mort de Lénine, à l'en croire, les conditions de vie des artistes en Union soviétique avaient été paradisiaques. Lorsque l'expérience de libéralisme artistique se termina, en 1921, les Kandinsky quittèrent la Russie pour s'établir en Allemagne et prirent la nationalité allemande. Kandinsky participa de près à la fameuse aventure du Bauhaus, cette entreprise collective et multidisciplinaire créée à Weimar par l'architecte Walter Gropius, puis reprise par Mies van der Rohe, qui devait exercer sur l'art, l'architecture, et jusque sur le design, une influence considérable. Peu après l'arrivée des nazis au pouvoir, en 1933, les Kandinsky durent s'exiler à nouveau. Ils s'établirent alors en France où ils acquirent la nationalité française à la veille même de la guerre, en juillet 1939. Vassili Kandinsky mourut à Neuilly en décembre 1944 dans l'appartement qu'ils étaient venus habiter, sa femme et lui, boulevard du Général-Koenig.
Nina vivait dans le souvenir de son mari. Elle s'était donné pour mission de faire connaître et reconnaître son oeuvre. Elle avait encore de nombreux tableaux de lui. Lorsque nous l'avons connue, le gouvernement français la courtisait beaucoup. En 1976, elle fit une donation de quinze tableaux et quinze aquarelles de son mari, dont la mythique Première Aquarelle abstraite de 1910, au musée national d'Art moderne. Le ministre de la Culture lui remit à cette occasion les insignes de la Légion d'honneur. Elle y fut très sensible. Il y avait, dans son entourage, deux ou trois personnes de bon conseil, dont Mme Claude Pompidou et Pontus Hultén, l'ancien directeur du musée. Nina Kandinsky sut les écouter. En avril 1980, elle légua au musée, avec réserve d'usufruit, toutes les oeuvres de son mari encore en sa possession ainsi que les dessins, les carnets de croquis et de notes, la correspondance et la collection personnelle du peintre. Elle avait résisté aux demandes pressantes de grands musées étrangers, le musée Guggenheim de New York, la Lenbachgalerie de Munich, et le musée de Düsseldorf. Grâce à elle, la France possède une très riche collection de Kandinsky, ainsi qu'une documentation exceptionnelle sur le peintre.
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