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Post-impressionnistes de la collection Guy et dessins de Paul Signac

Couverture du livre Post-impressionnistes de la collection Guy et dessins de Paul Signac

Auteur : Collectif

Date de saisie : 11/05/2006

Genre : Art - Peinture

Editeur : Hazan, Paris, France

Prix : 35.00 € / 229.58 F

ISBN : 978-2-7541-0106-6

GENCOD : 9782754101066


  • La présentation de l'éditeur

La donation de M. et Mme Guy, fin 2004, composée de vingt-quatre peintures et vingt-et-un dessins représente un ensemble homogène d'oeuvres post-impressionnistes qui couvrent la période de 1890 à 1920. Cette collection, constituée dans les années 1950 et exposée de façon confidentielle en 1987, n'a plus été montrée depuis. La collection regroupe, dans sa quasi-totalité, des paysages de Paris et d'lle-de-France, Bretagne et Normandie.

Elle s'ordonne autour des tableaux de Maximilien Luce (1858-1941) et de Gustave Loiseau (1865-1935). Les six oeuvres de Luce témoignent de l'influence de la palette claire des impressionnistes. Pour Vue des quais de l'atelier de Camille Pissarro, il adopte la technique néo-impressionniste de la division de touches juxtaposées pour arriver à un effet plus lumineux, avec un jeu de lignes horizontales et verticales. Les six peintures de Gustave Loiseau, inspirées pour la plupart, par la Bretagne et la Normandie, se différencient de cette méthode par une peinture, travaillée en pleine pâte, telle Pont Aven, effet de soleil.

Autour des deux aquarelles de cette donation, Irun et Voiliers dans le port de Cherbourg, par Paul Signac (18631935), théoricien du mouvement néo-impressionniste, sont présentées plus de cinquante feuilles de cet artiste sur le thème de l'eau. Les prêts exceptionnels de trente-neuf oeuvres graphiques d'une collection privée ainsi que ceux de collections publiques comme les musées de Grenoble, Besançon, Granville, Marmottan, Saint-Denis rendent compte du talent de dessinateur de Paul Signac. Toutes les techniques sont représentées qu'il s'agisse du crayon, du lavis et de l'encre de Chine et de bambou. Ce sont, bien sûr, les aquarelles les plus nombreuses, qui de simples pochades deviennent des oeuvres à part entière. A partir de 1910, elles commencent même à être l'activité de l'artiste. La découverte de la lumière du Midi lui permettra de réaliser des marines très libres et colorées, grâce à la technique fluide et rapide de l'aquarelle qui, selon ses propres termes "doit être une jonchée de fleurs".

Signac nous fait voyager dans les ports de Cherbourg, Lorient, La Rochelle, mais aussi de Rotterdam à Venise en passant par Antibes et Saint-Tropez. Les voiliers - il en a possédé plusieurs - exposent leurs gréements, vus avec la précision d'un spécialiste.

Cette double présentation permet de mieux faire connaître des oeuvres, rarement exposées, certaines inédites, par des artistes post-impressionnistes qui glorifient la couleur et qui suscitent une émotion picturale "s'adressant au sens plus qu'au raisonnement".



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  • Les premières lignes

Extrait de l'introduction de Catherine Gendre :

La donation Guy témoigne de l'intérêt des collectionneurs pour les musées régionaux, qui permettent à leurs oeuvres d'être présentées dans leur quasi-totalité, s'agissant des peintures, les oeuvres graphiques nécessitant une exposition réduite. Elle témoigne aussi de l'attachement des collectionneurs pour leur lieu d'origine ou leur lieu d'habitation. La récente donation Senn-Foulds au musée du Havre en est un des exemples les plus brillants.

Le musée Lambinet est devenu propriétaire des oeuvres à la mort de Mme Guy, survenue le 28 février 2004 dans sa centième année, ce qui nous permet de les présenter deux ans plus tard. Mme Guy, née Poinsu, dont la famille possédait le château de la Couture en Normandie, épousa en 1926 M. Guy (1901-1991), industriel à Paris. Tous deux commencèrent, après la guerre, à constituer leur collection jusque vers les années 1960, par goût, sans souci de spéculation. Ils habitaient avenue Foch et achetèrent plus tard, à Biot, sur la Côte d'Azur, une villa dans laquelle, à leur retraite, ils avaient rassemblé tableaux et mobilier. A la vente de leur propriété, pour plus de facilité, ils vinrent s'établir dans la région parisienne, dans un appartement à Ville-d'Avray, où figurait leur collection. Après différentes visites dans les musées de la région, n'ayant pas d'enfant, ils décidèrent d'offrir leur collection, à la mort du dernier vivant, au musée Lambinet, avec la condition expresse de sa présentation de façon permanente. Ils pensaient, à juste titre, que leur collection pourrait s'intégrer dans cet hôtel du XVIIIe siècle permettant une harmonieuse synthèse entre l'art du XVIIIe et la fin du XIXe-début du XXe siècle, représenté actuellement par les oeuvres divisionnistes d'Henri Le Sidaner et celles, néo-impressionnistes et nabies, de Georges Lacombe.

Dans son livre de compte, M. Guy fait l'inventaire de sa collection de 1946 à 1960 en notant l'auteur, le titre, les dimensions, la matière, mais aussi la provenance et le prix.

Nous apprenons ainsi que le premier tableau acheté, qui restera l'un des préférés de Mme Guy, est Champ de blé en Normandie (cat. 21), par Gustave Loiseau. Cet artiste était bien représenté dans la collection, tout comme Maximilien Luce, puisque les donateurs en possédaient six. En 1960, quatre autres Gustave Loiseau figuraient dans le registre, dont deux ont été vendus.

Les six tableaux et trois dessins de Maximilien Luce ont été achetés entre 1950 et 1960, trois autres se trouvaient auparavant dans leur collection.

Il a été difficile de retrouver l'historique des oeuvres avant leur achat par les collectionneurs. Les catalogues de vente, souvent anonymes, ne précisent pas les dimensions, et les titres sont fluctuants ou peu précis ; à cette époque, il existait peu de photographies ou de descriptions détaillées. Les catalogues raisonnés des peintres sont parfois lacunaires ou actuellement en préparation.

Toutefois, grâce au catalogue raisonné d'Isabelle Compin, nous avons pu identifier l'étude de Cross, Femme au foulard, pour Les Paysannes de l'Ombrie (cat. 2) comme une oeuvre ayant appartenu à Félix Fénéon (1861-1944), critique d'art, défenseur des impressionnistes et des néo-impressionnistes, ami de Signac et de Luce. Il entre en 1906 chez le marchand de tableaux Bernheim-Jeune, qui achetait directement aux artistes et qui fit connaître des peintres comme Cross, Marquet, Matisse et Van Dongen. L'oeuvre du musée a dû être achetée à l'artiste, dont il soulignait «la palette claire, une facture légère, une fantaisie jolie».

Deux autres tableaux proviennent de collections connues, comme celles d'Henri Vever et d'Henri Vian : le tableau d'Albert Lebourg, Rouen, le matin, vue de la Seine des quais et des coteaux au soleil levant (cat. 16), peinture la plus chère achetée par M. et Mme Guy, a pu être identifié comme provenant de la collection d'Henri Vever (1854-1942), collectionneur, bijoutier, joaillier et orfèvre, qui a contribué avec Lalique à l'épanouissement de l'Art nouveau pour les bijoux. Notre peinture ne figure pas dans sa vente de 1897 à Paris, où Lebourg était représenté par vingt-trois tableaux dont deux évoquaient Rouen. Vever possédait également des oeuvres de Monet, de Sisley et de Renoir, ainsi que des tableaux de l'école de Barbizon. Selon Évelyne Possémé, il a conservé toute sa vie de nombreuses toiles de son ami.


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