Auteur : Kido Okamoto
Date de saisie : 09/05/2006
Genre : Policiers
Editeur : P. Picquier, Arles, France
Prix : 18.00 € / 118.07 F
ISBN : 978-2-87730-856-4
GENCOD : 9782877308564
Après Fantômes et samouraïs, voici un deuxième volume où le vieux et sympathique Hanshichi raconte ses exploits de détective dans le Japon du XIXe siècle. La disparition d'une jolie fille en kimono, des passants brutalement occis à la lance la nuit, la malédiction d'un bébé aux dents longues, un mystérieux serpent, des monstres de foire et un bonze mendiant plutôt louche, autant d'énigmes que notre Sherlock Holmes nippon réussit à élucider dans l'ancienne ville d'Edo aux pittoresques coutumes, où les fantômes ne sont jamais loin.
OKAMOTO Kido (1872-1939) a écrit plus de cent pièces modernes pour le théâtre kabuki, mais il est surtout connu comme fondateur du roman policier à l'époque d'Edo. Très tôt au contact des Occidentaux (son père était secrétaire de la légation britannique), il lisait dans le texte original les Aventures de Sherlock Ho/mes qui ont fortement influencé sa création du personnage de Hanshichi, aussi célèbre au Japon que son homologue anglo-saxon.
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À LA POURSUITE DU FAUCON.
En ce dimanche pluvieux de mai, le vieux Hanshichi et moi-même passions l'après-midi à deviser. C'était pour les glycines l'époque de la pleine floraison, et tout naturellement nous évoquâmes celles de Kameido. Ces fleurs nous rappelèrent Fuji Musume, la célèbre danse du kabuki qui a pour personnage central une jeune fille tenant un rameau de glycine. La conversation s'engagea alors sur les ôtsu-e et leurs images populaires d'acteurs de théâtre et de femmes d'une grande beauté. A partir de là, Hanshichi bifurqua sur l'affaire du maître fauconnier. Dérouler le fil intégral de ce récit prendrait beaucoup de temps, aussi ai-je décidé de m'en tenir aux grandes lignes que voici.
Un matin d'octobre, en l'an 6 de l'ère Ansei (1859), Hanshichi se détendait dans l'eau bien chaude d'une maison de bains, lorsque l'un de ses subalternes vint le quérir.
- Chef ! s'écria-t-il hors d'haleine, y a un monsieur de Hatchôbori qui dit comme ça que vous devez venir le voir, c'est très pressé.
- Ah bon ? Alors, j'arrive tout de suite.
L'usage voulait que pour une enquête ordinaire, Hanshichi soit requis directement sur les lieux. Mais cette fois, comme dans les cas les plus sérieux, c'est à Hatchôbori, le quartier de la police, que le convoquait un officier. Il quitta la maison de bains en toute hâte, avala son repas et, tout en changeant de kimono, essaya d'imaginer de quoi il pouvait bien retourner. Les enquêteurs en général sont dotés d'une intuition hors du commun, que le langage populaire exprime par c'est un insecte qui me 1'a dit.
De nombreux exemples montrent que des prémonitions de ce genre se sont révélées mystérieusement exactes. Voilà à quoi songeait Hanshichi, incapable ce matin-là d'échafauder la moindre hypothèse, tandis qu'il sortait de sa maison de Kanda, quelque peu agité et inquiet.
L'officier du gouvernement shôgunal, Yamazaki Zenbei, l'attendait avec impatience et, sans préambule, déclara :
- Hanshichi, j'ai une nouvelle mission pour vous. Il faut vous y mettre dès maintenant !
Ce que je ne vais pas manquer de faire. Mais de quoi s'agit-il ?
- C'est plutôt délicat. Il est question d'un être vivant.
Un incendiaire, un assassin ou un voleur étaient sans conteste des êtres vivants, mais cette présentation insolite de l'affaire fit que l'enquêteur pensa immédiatement à un oiseau. Pas étonnant, se dit-il, que je n'ai rien deviné ce matin.
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