Passion du livre - tout sur le livre : Eros, blessures et folie : détresses du vieillir

Recherche

Recherche simple
Recherche multi-critères

Eros, blessures et folie : détresses du vieillir

Couverture du livre Eros, blessures et folie : détresses du vieillir

Auteur : Textes réunis par Alain Montandon

Date de saisie : 09/05/2006

Genre : Littérature Etudes et théories

Editeur : Presses universitaires Blaise Pascal, Clermont-Ferrand, France

Collection : Littératures

Prix : 30.00 € / 196.79 F

ISBN : 978-2-84516-312-6

GENCOD : 9782845163126


  • La présentation de l'éditeur

Actes du colloque Eros, blessures et folie, Détresses du vieillir, organisé par le CRLMC en 2004, ce volume aborde un des aspects les plus sombres de la vieillesse, celui de la dégradation physique synonyme de décrépitude, d'impotence, de maux divers et de l'altération des facultés mentales, telles que des écrivains aussi divers les considèrent et les représentent, et cela depuis l'Ecclésiaste, l'âge médiéval, jusqu'à Chamoiseau, Vergilio Ferreira et Romain Gary.

Ces analyses qui font la belle part aux vieux libertins et aux vieilles courtisanes, sous les aspects les plus tragiques comme les plus grotesques, avec Constantin Théotokis, Oscar Wilde, Dickens, Jean-Luc Outers, Valle Inclân, Milosz, Nabokov, Arthur Schnitzler, Tanizaki, Kawabata, Gabriel Matzneff, entrent en dialogue avec des analyses sociologiques, des réflexions psychiatriques et des considérations médicales sur l'âge et la sexualité, à l'âge classique et à l'ère contemporaine.





  • Les premières lignes

Préface de Alain Montandon :

Le colloque Éros, blessures et folie. Détresses du vieillir, organisé par le CRLMC à la Maison de la recherche de l'Université Baise Pascal à Clermont les 10-ll-12 juin 2004, fait partie d'un programme de recherches sur le vieillir, non pas la vieillesse à proprement parler, mais du phénomène «vieillir», c'est-à-dire non un état, mais une action, un processus dynamique.

Le thème de ce volume est une perspective un peu sombre de la vieillesse. Car la vieillesse a un double visage, et nous retrouvons dans toutes les cultures cette ambivalence (avec un des côtés plus ou moins accentué, c'est selon) qui fait osciller la vieillesse entre bonheur et malheur, sagesse et décrépitude, gain et perte, harmonie et désastre. Certes, comme le disait Alexandre Dumas, «Il est dur de vieillir, mais on n'a pas trouvé d'autre moyen de vivre longtemps.»

La vieillesse est d'un côté considérée comme un don des dieux, un signe de sagesse, d'expérience, d'autorité. En ce sens elle est un acquis spirituel des plus précieux, le terme harmonieux et la finalité accomplie d'une plénitude.

Tout aussi universelle est l'image de la vieillesse comme dégradation physique devenue synonyme de décrépitude, d'impotence, de troubles physiques (dos cassé, mal des genoux, du coeur, des yeux, perte des dents, etc.) La dégradation du corps et son affaiblissement ne sont l'image d'une vieillesse heureuse, harmonieuse, pleine de sagesse et de sérénité. Jean-Yves Loude, dans son roman Lisbonne dans la ville noire, évoquait un débit de boisson où l'on vendait de la ginginha, une liqueur de griotte, de cerise à ratafia en rappelant que ginja, la griotte, signifie aussi en langage populaire un vieillard maigre et ratatiné. Les troubles de la volonté et de l'humeur aigrie, les peurs et angoisse devant la mort, l'instabilité, le caractère irritable, les manies des éternels donneurs de conseil, tout cela est dans la langue comme cela est dans les dictons, proverbes, littératures ou essais philosophiques (on pense à l'image qu'Aristote en a donnée et qui a fait si longtemps fortune). Aristote pense, à la différence de Platon, que la vieillesse n'est pas une garantie de sagesse ni de capacité. Elle n'est qu'une «accumulation d'erreurs dans un esprit endurci par l'âge». L'union de l'âme et du corps fait que la décrépitude de l'un atteint nécessairement l'autre. Dans l'Ethique à Nicomaque, Aristote dresse le tableau du vieillard qui prévaudra dans la représentation occidentale pendant des siècles : il exclut les vieillards de l'amitié, car les vieillards sont «difficiles de caractère et moins portés à trouver de l'agrément dans les relations». Pour lui les vieux sont avares, intéressés, égoïstes, timorés, hésitants, mesquins, soupçonneux, craintifs, parcimonieux, impudents, poltrons, pessimistes, bavards, chagrins «parce qu'ils ont vécu de nombreuses années, qu'ils ont été trompés et ont commis des erreurs en plus d'une occasion». Les vieillards ont «mauvais caractère, car avoir mauvais caractère consiste à prendre tout au pire». «Ils vivent par le souvenir plus que par l'espérance».

La décrépitude est alors signifiée comme une flétrissure au point même que l'islandais rapproche le vieillard de l'homosexuel pour désigner son attitude passive, honteuse et lâche de sa faiblesse. La vieillesse tyrannique, désagréable, exigeante, perpétuellement insatisfaite se distingue non seulement par une accentuation des défauts et travers qui ont caractérisé le caractère d'une personne au cours de sa vie, mais également par une volonté farouche de continuer de jouir excessivement des plaisirs... particulièrement de ceux relevant de l'oralité et de la sexualité. Le vieillard lubrique en quête de la jeunesse est un thème universel.

«Les détresses du vieillir» sont nombreuses et trois sont mises ici en lumière, la détresse de l'Éros, la détresse du corps et celle de l'âme, blessures qui parfois conduisent à la démence.


Copyright : Studio 108 2004-2008 - Informations légales - Vous êtes éditeur ?
Programmation : Olf Software - Infographie, XHTML/CSS : Gravelet Multimédia - Graphisme : Richard Paoli