Auteur : Stuart Hill
Traducteur : Philippe Morgaut
Date de saisie : 09/05/2006
Genre : Jeunesse à partir de 9 ans
Editeur : Gallimard-Jeunesse, Paris, France
Collection : Hors série littérature
Prix : 17.00 € / 111.51 F
ISBN : 978-2-07-057339-4
GENCOD : 9782070573394
Thirrin Laffranchi Brasdefer Bouclier-du-Tilleul, treize ans, est destinée à devenir la reine du Royaume de Haute-Froidurie, une petite terre enneigée du Nord, gouvernée par son père, le roi Carmin. Grande, athlétique, elle aime combattre et monter à cheval. Son royaume est entouré d'un côté par les vampires et les loups-garous, chassés il y a longtemps par son père, et de l'autre par l'empire du Polypont, où règne Scipio Bellorum, un général avide de conquêtes. Un jour, Thirrin rencontre et combat Grishmak, un loup-garou. Épargnée par l'Homme Loup au cours de cette bataille, elle s'interroge sur sa capacité à penser ou à ressentir des émotions et s'en fait un allié.
Bientôt, Polypont attaque le pays des Glaces. Le roi Carmin meurt dans la bataille et Thirrin, malgré son jeune âge, doit assumer le pouvoir. Pour sauver son pays, elle use de diplomatie et forge des alliances avec leurs anciens ennemis, les Hommes Loups, les Spectres et les Rois Vampires, tout en maîtrisant l'art de la guerre.
Avec le soutien de son ami Oskan, fils de sorcière, grâce à son courage et à l'appui des puissances magiques qui l'entourent, elle parviendra à redonner à son petit royaume la liberté que l'armée du Polypont lui avait arrachée.
Son nom à rallonge ne gênait en rien Thirrin Laffranchi Brasdefer Bouclier-du-Tilleul. A treize ans, plutôt grande pour son âge, elle montait à cheval aussi bien que le meilleur soldat de son père. Elle était, accessoirement, la princesse héritière du Royaume de Haute-Froidurie. Son précepteur aurait ajouté qu'elle savait être attentive quand elle le voulait bien, intelligente quand elle s'en donnait la peine et qu'elle avait le même caractère que son père. Il n'y avait pas grand monde pour la comparer à sa mère, morte en la mettant au monde. Mais ceux qui se rappelaient cette fière jeune femme d'origine hypolitaine disaient que Thirrm était sa copie conforme.
Le soldat d'escorte qui chevauchait à côté d'elle se moquait bien de tout ça. Ils chassaient tous deux dans la forêt depuis l'aube; l'homme était frigorifié, fatigué, mais Thirrin ne manifestait aucune intention de rentrer. Elle lui affirmait que les traces qu'ils suivaient étaient celles d'un loup-garou, et le soldat avait peur que ce fût vrai. Il avait déjà préparé les flèches dans son carquois et, depuis une heure, il ne lâchait plus son bouclier.
Les loups-garous avaient été chassés de Haute-Froidurie après la Guerre des Spectres, au cours de laquelle le roi Carmin, père de Thirrin, avait mis en déroute l'armée du Roi et de la Reine Vampires à la bataille des Rocs-aux-Loups. Celui qu'ils pistaient était sans doute un solitaire à la recherche d'une proie facile dans le bétail des pâturages, mais on n'est jamais trop prudent. Elle se disait qu'avec un peu de chance, elle pourrait le capturer et revenir en ville avec sa prise. Et qui plus est, avant de l'exécuter, on pourrait peut-être lui extorquer des renseignements utiles sur le Pays des Spectres.
- Écoute ! ordonna soudain Thirrin, s'arrachant à une agréable rêverie où elle se voyait gagner le respect et la gratitude de son père.
- Juste devant nous... J'entends comme un fauve qui gronde !
Le soldat la crut sur parole et leva sa lance.
- Mets-toi à l'abri derrière moi, dit-il, l'imminence du danger lui faisant oublier tout protocole.
Mais ils n'eurent pas le temps de bouger. Un animal énorme surgit brusquement des épais taillis qui bordaient le sentier. De forme vaguement humaine, recouvert de poils, il avait une tête bizarre, celle d'un homme et d'une bête à la fois. Son regard chargé de haine se posa sur eux une seconde, puis il chargea. Après avoir esquivé sans peine le coup de lance maladroit du soldat, il fonça tout droit sur Thirrin. Mais, dressé pour la guerre, le cheval de la jeune fille se jeta sur l'attaquant en battant l'air de ses sabots ferrés d'acier.
Pris au dépourvu, le loup-garou essuya toute la violence du choc, mais cela ne le fit trébucher qu'une seconde et il gronda de fureur en les attaquant de nouveau. Pourtant Thirrin avait eu le temps de dégainer son long sabre de cavalerie et, d'un seul mouvement fluide, elle lança son cheval, se pencha hors de la selle et entailla profondément le bras du monstre.
Entre-temps, le soldat avait recouvré ses esprits et, précipitant son cheval sur la bête, il réussit à lui faire perdre l'équilibre. Sans lui laisser le temps de se remettre sur pieds, les deux chevaux, épaule contre épaule, vinrent le marteler furieusement de leurs sabots.
L'animal se releva péniblement pour aller se replier sous le couvert des épais taillis, là où les chevaux ne pourraient le suivre.
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