Auteur : Pierre Bellemare | Jérôme Equer
Date de saisie : 06/05/2006
Genre : Sociologie, Société
Editeur : Albin Michel, Paris, France
Prix : 20.00 € / 131.19 F
ISBN : 978-2-226-17094-1
GENCOD : 9782226170941
Dans l'espoir de déclencher une troisième guerre mondiale, des extrémistes de la CIA sabotent un avion espion. Avec la complicité de sa fille, une femme accuse son mari de la mort de son amant. Un gouvernement et les Nations unies s'allient pour assassiner un chef d'État. Douze amis s'associent pour aider l'un des leurs à abréger ses souffrances. Un jeune homme tue ses parents pour se venger de sa soeur. Afin d'éviter le châtiment, des officiers maquillent un massacre en accident. Les enfants d'un orphelinat testent sans le savoir des médicaments mortels.
Assassinats de Trotski et de Gandhi, attentat contre de Gaulle, stratagèmes pervers de Hitler, manoeuvres diaboliques du KGB et de la CIA, secrets de famille et agissements mafieux de firmes sans scrupules, les complots sous toutes leurs formes empoisonnent l'âme humaine.
Ces vingt-deux histoires nous entraînent, sur un rythme haletant, du fait divers sordide aux grandes intrigues historiques du XXe siècle.
En diversifiant ses activités et ses sources d'inspiration, Pierre Bellemare prouve une fois encore qu'il n'est pas à cours d'imagination !
Avant-propos de Pierre Bellemare :
C'est dans le secret que s'organise un complot, dans le secret qu'il s'exécute et dans le secret qu'il réussit. La moindre indiscrétion, le mot de trop et l'affaire capote, entraînant les conspirateurs vers la honte, et le plus souvent vers la mort.
D'où vient ce goût de comploter ? De l'infini plaisir de détenir ce qui n'est partagé qu'avec un tout petit nombre. D'un sentiment de puissance que l'être affranchi va savourer, par comparaison aux individus ordinaires qui ne savent rien et ne méritent que le mépris.
A ma grande honte, j'ai dans mon enfance, pendant l'Occupation, participé à un complot. J'étais en 4e et nous avions un professeur de français que nous détestions. Pour obtenir son renvoi, nous avions imaginé le plan suivant : chaque jour, nous avions droit à une distribution de biscuits vitaminés, et chaque jour la boîte contenant les biscuits était confiée à un élève différent, qui assurait une distribution équitable entre ses camarades. Il restait toujours deux ou trois gâteaux qui revenaient au distributeur.
Avec trois copains, nous avons décidé de ne plus les manger. Quand leur nombre fut suffisant, nous les avons enveloppés par dix dans un joli papier blanc et nous avons expédié ces paquets avec un petit mot aux filles d'une autre classe, dont l'un de nous avait pu se procurer les adresses auprès du secrétariat de l'école. A l'époque, nous étions sûrs que la majorité de ces lettres seraient lues par les parents. Que disaient-elles ? «Ma chère enfant, voici les gâteaux promis. N'oubliez pas de me donner les 5 francs dont nous avons convenu.» Et c'était signé par le professeur de français.
Très vite la rumeur, à notre grande satisfaction, nous a confirmé que notre complot fonctionnait, et nous n'avions plus qu'à attendre les plaintes des parents auprès de la direction.
Il faisait beau sur Paris ce matin-là. De loin, en arrivant, j'ai vu qu'une grande agitation régnait parmi les élèves. Nous devions avoir réussi... Non ! Nous étions le 6 juin et le débarquement venait de commencer. Notre complot minable était passé au dernier rang des préoccupations de tous.
Qu'est devenu ce professeur de français ? A-t-il seulement connu notre méchante conspiration ? Je ne le saurai jamais...
Entrons maintenant dans l'univers des grands. Le mensonge, la cruauté, la bêtise et l'ignominie vont régner en maîtres.
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