Auteur : Jean-Claude Duclos | Dirigé par Colette Jourdain-Annequin
Date de saisie : 05/05/2006
Genre : Histoire
Editeur : Picard, Paris, France
Prix : 49.00 € / 321.42 F
ISBN : 978-2-7084-0759-6
GENCOD : 9782708407596
L'histoire de la transhumance, pour beaucoup, commence au Moyen Âge. Elle est alors, c'est incontestable, un fait majeur de la civilisation de la montagne. Les longues marches des troupeaux et des bergers transhumants imprègnent la vie économique et toute l'organisation sociale des régions qu'elles mettent ainsi en contact.
Mais on découvrira dans cet ouvrage que l'élevage alpin est habitué de longue date - dès le Ve millénaire - à jouer des complémentarités naturelles entre plaines ou vallées et pâturages d'altitude. La découverte récente des bergeries romaines de la Crau incite même à se demander si, comme en Italie, comme en Espagne, où ces pratiques sont bien attestées, la pax romana n'aurait pas rendu possible une première expérience de la transhumance à longue distance.
Enfin, parce qu'elle perdure, la transhumance n'est pas seulement un fait historique et un patrimoine collectif. Réalité ethnologique et sociologique, cette «admirable construction humaine» (Georges Duby) ne serait elle pas, dans la mesure où elle préserve les conditions d'un rapport équilibré avec les milieux naturels, un modèle acceptable de développement durable ?
Textes, cartes et graphiques, documents archéologiques, iconographiques et photographiques construisent ensemble une approche globale et pluridisciplinaire de la vie pastorale dans les Alpes.
Extrait de l'introduction de Colette Jourdain-Annequin :
Dans le cadre du programme ERICA (Évolutions, résistances et identités des cultures alpines), plusieurs journées d'étude ont, depuis 1997-1998, été consacrées à la transhumance et, plus généralement, aux formes historiques du pastoralisme dans les Alpes. Si les premières ont eu lieu à la Maison des sciences de l'homme (MSH Alpes) qui héberge ce programme pluri-formations de l'Université Pierre Mendès France, le dernier séminaire, en 2003, rencontrant, une fois de plus, l'intérêt porté au pastoralisme par le Musée dauphinois - et singulièrement par son directeur, conservateur en chef et ethnologue : Jean-Claude Duclos - a été organisé avec lui et accueilli dans sa propre «Maison» alors même qu'y était présentée une exposition sur la transhumance.
Le thème ne pouvait que retenir l'attention d'ERICA. Phénomène essentiel dans les sociétés archaïques et fait majeur de la civilisation de la montagne, la transhumance imprègne la vie économique mais aussi toute l'organisation sociale d'une région; elle ménage des contacts avec l'autre, parfois conflictuels d'ailleurs, comme l'ont montré nombre d'exemples cités ici et certaines des cartes, réalisées pour Atlas culturel des Alpes occidentales et reprises dans le cadre de D'autre part, parce qu'elle perdure, la transhumance n'est pas seulement un phénomène historique ; elle est aussi une réalité ethnologique et sociologique ; c'est pourquoi, au côté des historiens qui l'étudient dans les textes et des archéologues qui mettent au jour des structures muettes sont intervenus des dialectologues, des sociologues et des ethnologues, qui ont su donner sens à ces témoignages et suggérer d'intéressantes hypothèses pour interpréter des vestiges restés mystérieux.., qui ont su, aussi, leur donner une âme. Et c'est cette «actualité» d'un phénomène multiséculaire (multimillénaire !) que nous avons voulu installer au coeur de l'ouvrage en demandant à un photographe, Emmanuel Breteau, de nous confier quelques-unes des images des transhumances qu'il a partagées avec les bergers.
Inscrites dans la longue durée, ces recherches sont donc également fondées sur une pluridisciplinarité qui n'a cessé de s'élargir puisque des archéozoologues sont venus confirmer l'immense intérêt de ces sciences nouvelles qu'interrogent aujourd'hui historiens et archéologues.
L'histoire de la transhumance, pour beaucoup, commence au Moyen Âge. Elle est alors, effectivement incontestable, repérée tant dans les textes - clairs dès le XIIe siècle - que dans l'iconographie : le triptyque du Buisson ardent, à Aix-en-Provence montre bien comment au-delà de la forte prégnance symbolique d'un thème religieux (celui du Bon Pasteur) peut se lire la portée historique de l'image, tant dans le détail descriptif (le chien et son gros collier à clous, encore en usage au début du XXe siècle contre les loups) que dans la signification d'ensemble : le roi René, commanditaire du tableau, est aussi celui qui voit s'organiser - ou se réorganiser ? - la transhumance en Provence.
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