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De l'intelligence humaine à l'intelligence artificielle

Couverture du livre De l'intelligence humaine à l'intelligence artificielle

Auteur : Hugues Bersini

Date de saisie : 05/05/2006

Genre : Sciences et Technologies

Editeur : Ellipses, Paris, France

Prix : 18.00 € / 118.07 F

ISBN : 978-2-7298-2813-4

GENCOD : 9782729828134


  • La présentation de l'éditeur

La mission première de ce livre est d'expliquer, le plus simplement du monde, ce qui confère à un ordinateur, non pas la faculté de calculer, ni celle de chercher sur le Web, mais ce début d'intelligence qu'il manifeste face à Kasparov, champion d'échec, au volant d'une voiture, derrière le guichet de banque, en lisant un texte, ou devant un patient.

Le livre détaillera différentes manières informatiques de se sortir de postures problématiques, en décrivant l'ordinateur dans de nombreuses situations dans lesquelles les hommes ont l'habitude de se trouver. Le registre de situations rencontrées sera vaste et varié : du raisonnement aux jeux de société en passant par le restaurant, la conduite automobile ou l'habileté manuelle. Les différents ingrédients algorithmiques responsables des compétences informatiques seront présentés brièvement, mettant l'accent sur les principes fondamentaux : système à base de règles, représentation des connaissances, graphe de résolution, arbre de décision, réseaux de neurones, logique floue, algorithme génétique, suffisant à comprendre la ou les raisons qui expliquent comment et pourquoi l'ordinateur se tire avec succès de ces situations.

Ce livre cherche à expliquer, clairement, les bases logicielles de l'intelligence de notre alter ego informatique.

Hugues Bersini est directeur du laboratoire d'Intelligence Artificielle, IR/DIA, de l'Université Libre de Bruxelles. Il est professeur d'informatique à la Faculté Polytechnique et à l'École de Commerce Solvay de cette même université. Spécialiste en bioinformatique, sciences cognitives, systèmes complexes et intelligence artificielle, il est l'auteur de plus de deux cents publications scientifiques et de quatre ouvrages.





  • Les premières lignes

Introduction l'intelligence artificielle.

L'ordinateur est-il aujourd'hui capable d'intelligence ? Oui, sans conteste, il l'est, n'en déplaise au commun des mortels. Vous n'auriez quand même pas l'outrecuidance de traiter différemment un champion d'échec ! Il est intelligent, oui, mais à sa manière à lui, en profitant de ce que l'informatique a de mieux à lui offrir, en évitant aussi les nombreux travers de la nature humaine. Il est le meilleur joueur qui soit dans un nombre croissant de jeux de société, à commencer, de fait, par le plus célébré d'entre eux: les échecs. Mais il est vrai que son style est à ce point informatique et froid ! Il prend fréquemment de meilleures décisions que de nombreux médecins, banquiers, assureurs, commerciaux et autres. Des décisions en tout point optimales, parfois jusqu'à l'excès : dépourvues de toute fantaisie, sans la moindre coloration émotive, sans le dérapage de l'arbitraire ou des sens, optimales au sens restreint de la logique, optimales car tout est prévu. Malgré un physique encore rudimentaire, une gestuelle sommaire, il commence à se débrouiller dans de nombreux sports et de nombreuses pratiques «physiques». Il est capable, par exemple, de conduire une voiture dans des conditions de trafic assez tranquilles, de piloter un hélicoptère, un bateau ou un métro... Des chercheurs japonais prétendent qu'en 2050, la meilleure équipe de football sera constituée uniquement de robots, lesquels coûteront certainement moins cher que les transferts des vedettes du ballon rond !

L'ordinateur montre des compétences qui vont croissant dans de nombreuses disciplines, chasses gardées jusqu'à présent de l'être humain. S'il brille ainsi, c'est parce qu'il tire un maximum de profit de ce qu'il détient d'unique, de plus gros, de plus rapide, de surhumain : sa mémoire, sa vitesse, sa puissance de calcul. Lorsque l'intelligence artificielle est née (IA pour les intimes), il y a cinquante ans de cela [1], ses disciples s'étaient fixés comme mission de remplacer l'humain par un ordinateur dans toutes les tâches où le premier semblait jusqu'alors irremplaçable. Au départ, il leur paraissait naturel de privilégier parmi ces tâches celles pour lesquelles l'homme fait preuve d'intelligence et qui étaient, apparemment les plus difficiles à informatiser. Ainsi, le jeu d'échec, une bonne maîtrise du langage naturel et la capacité à résoudre des problèmes logiques y figuraient en excellente position. Avec le temps, ces mêmes disciples et ceux qui les suivirent, prirent conscience que l'intelligence humaine et celle qu'ils leur fallaient déployer à l'informatisation de ces tâches n'étaient pas tellement corrélées, et que voir ou bouger s'avérait aussi difficile sinon plus pour un ordinateur que jouer aux échecs. Dès lors, ils étendirent leur mission à toutes les tâches humaines, quelle que soit la dose d'intelligence que celles-ci semblent exiger. Toutes méritaient un détour informatique. La perception et, de manière générale, l'ensemble des processus sensori-moteurs (même les plus primitifs) se rajoutèrent comme contrées mentales à découvrir pour ces explorateurs de la pensée machine. L'ordinateur se devait de cogiter, bien sûr, mais aussi de voir, entendre, bouger, tout comme la «version originale», celle en chair et en os.

Mais s'agit-il là du même ordinateur que celui que vous utilisez au quotidien pour surfer sur le Web, écrire votre courrier, vos courriels ou tenir votre comptabilité ? En partie oui, la fraction matérielle en fait. La fraction logicielle, elle, change du tout au tout. Le caractère universel de l'ordinateur.


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