Auteur : Vania de Gila-Kochanowski | Illustrations de Claudine Suret-Canale, avant-propos de Jean-Claude Mégret
Date de saisie : 00/00/0000
Genre : Folklore Moeurs et coutumes
Editeur : Wallâda, Châteauneuf-les-Martigues, France
Collection : Waroutcho, n° 8
Prix : 25.00 € / 163.99 F
ISBN : 978-2-904201-23-3
GENCOD : 9782904201233
Il y aura bientôt un demi-siècle que Vania de Gila Kochanowski se passionne pour un problème qui le touche personnellement : l'identité des Tsiganes, leur origine, leur histoire, disons la défense et illustration d'un peuple à travers sa langue, ses coutumes, sa culture. Il a compris dès le départ que pour être pris au sérieux par ceux qui s'en occupent, il lui fallait acquérir des connaissances et une compétence multidisciplinaire incontestable dans des domaines variés, de la linguistique à l'ethnolinguistique en passant par l'histoire, l'anthropologie physique et la sociologie. Il manie aussi avec aisance cinq ou six langues de grande extension. A côté de ses connaissances théoriques, ses nombreuses études sur le terrain, de l'Inde au bassin méditerranéen, lui ont permis de devenir un des meilleurs spécialistes de la tsiganologie moderne.
Luc Bouquiaux,
Directeur de Recherche émérite au CNRS
Président honoraire de la Société de Linguistique de Paris et de la Société Internationale de Linguistique Fonctionnelle.
Après "Le Roi des Serpents", contes tsiganes de tradition orale présentés par. Yehudi MENUHIN, voici le tome II des "Romané Chavé par eux-mêmes", qui met en scène les hautes figures de la tribu maternelle de l'auteur, autour du jeune Luka déjà personnage de son roman "Romano Atmo".
Les situations souvent dramatiques y sont intensément vécues : rencontre de l'amour ou d'une bête sauvage, fuite à cheval, marche nocturne dans les forêts lettones où frémit encore l'écho des massacres nazis.
La symbolique du loup s'y renouvelle singulièrement. Réalisme et fantastique à l'oeuvre dans ces neuf récits donnent la vraie mesure des imaginations tsiganes. Ils nous confirment la spécificité culturelle d'un peuplé toujours pourchassé et à l'étroit dans les stéréotypes dont on l'affuble depuis des siècles.
"A l'heure où les pays baltes, après des luttes comparables à celles de la Révolution lettone de 1905-1906, recouvrent leur liberté, ces récits s'inscrivent dans l'actualité de ces pays, aussi bien que dans celle des Romané Chargé ".
Vania de Gila
«Un Rom, c'est un oiseau».
Propos de l'Editrice.
Il me plait de croire que les fées des célèbres contes ayant bercé notre enfance sont nées d'un imaginaire fécondé par la réalité. Les voici telles que pouvaient apparaître aux naïves campagnes les Romnia d'antan : longues robes de soies chatoyantes, hautes coiffures issues des turbans indiens, afghans ou turcs, nouées d'une escarboucle, et rappelant le hénin des châtelaines puis, figurant une magique baguette, la branche - coudrier peut-être - dont elles écartaient pour leur passage les buissons épineux, dans les forêts où ce peuple discret plantait sa toile.
L'incipit du premier récit, Mon oncle Igna - ou la mort annoncée -, le rattache à une chanson traditionnelle magnifiant les exploits d'un voleur de chevaux, et donne aussi le ton du recueil. Souvent s'y mêleront fantastique et réalisme. Fidèle à la manière du conteur, Vania de Gila y atteste la véracité des faits rapportés.
On appréciera la chevauchée nocturne et ses mystères sensoriels, l'humour des jurons bilingues, l'habileté et la ruse du voleur, son amour du cheval avec qui il fait corps, le ton épique de la bataille (il se bat «comme un ours» mais la hache aura raison de lui). Quant au «mulo» gigantesque, personnage essentiel de la croyance tsigane, il rejoint les figures solennelles de l'au-delà qui peuplent notre inconscient collectif, avec en outre cette singulière aptitude de l'aïeul devenu messager d'un présage.
La plus vive imagination anime également le deuxième récit, Mort de mon arrière-grand-mère, où s'insinuent la peur du pendu suicidé, le chant lugubre de la forêt ensorcelée qui rachète et transcende la faute du fils, la plainte de l'amour maternel plus fort que la mort. Si exemplaire cet amour qu'on en oublie la trame funèbre.
Dans Cochon, la nouvelle se fait satire. Repoussoir à Heinrich l'humaniste, le baron allemand haï des révolutionnaires, brutal, cruel, luxurieux, capture une jeune femme d'une force morale peu commune: farouche à défendre son honneur, habile à manier l'ironie comme à sauter sur un cheval, intrépide et vive telle une bête sauvage, soudée à son couple qu'elle protège bec et ongles ; son comportement suggère des qualités à l'évidence fréquentes parmi les femmes tsiganes.
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