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Comment parler du vagin à ma fille : traité sans complexe de l'anatomie et de la sexualité au féminin

Couverture du livre Comment parler du vagin à ma fille : traité sans complexe de l'anatomie et de la sexualité au féminin

Auteur : Catherine Rinieri

Date de saisie : 05/05/2006

Genre : Guides et conseils pratiques

Editeur : Ramsay, Paris, France

Collection : Questions de familles

Prix : 16.00 € / 104.95 F

ISBN : 978-2-84114-783-0

GENCOD : 9782841147830


  • La présentation de l'éditeur

«Dans ma jeunesse, vagin était le mot interdit. Dans le Larousse, on trouvait pénis, testicules, même bite et couilles. Mais pas vagin. Nos organes, par lesquels passe toute l'humanité, étaient innommables.» (Benoîte Croult)

Aujourd'hui, alors que Le Monologue du vagin a peut-être décoincé la parole, alors que les évolutions culturelles et scientifiques devraient permettre sur ce sujet une facile transmission des connaissances, au moins de femme à femme, reconnaissons que rien n'est encore acquis. Eh oui, le mot vagin reste tabou.

Aussi, lorsque la gynécologue Catherine Rinieri décide d'en parler avec sa fille de dix-huit ans, elle se heurte à une difficulté inattendue. Comment s'exprimer «entre adultes», sans fausse pudeur sur ce qui ouvre les portes de l'intimité, de la sexualité féminine et de la relation amoureuse ?

Forte de son expérience de thérapeute et d'un sens original de la discussion, elle réussit à en témoigner avec une franchise contagieuse.

Y a-t-il un «bon» orgasme vaginal contre un «mauvais» orgasme clitoridien ? La réalité de l'orgasme vaginal serait-elle le secret le mieux partagé par les femmes ? Faut-il vraiment s'inquiéter de ne pas toujours atteindre le septième ciel ? Il est temps d'en finir avec les fantasmes que véhiculent le cinéma ou la littérature. Et que penser de la pilule abortive ? Comment réguler le nombre des avortements ? Que se passe-t-il à la ménopause ? L'utérus artificiel peut-il être une solution ?

Sur toutes les questions physiques, médicales et humaines, Catherine Rinieri s'exprime avec une telle justesse et une telle liberté que même les femmes expérimentées s'étonneront d'y trouver matière à découvertes et à réflexion.

Pour savoir tout sur ce que nous ne pensons même pas à demander, voici le dialogue décoiffant d'une mère et de sa fille. Absolument inédit et de salubrité publique. À conseiller pour tous les âges... et les sexes.

Catherine Rinieri est gynécologue médicale depuis une trentaine d'années. Elle exerce à Provins.





  • Les premières lignes

Introduction :

Lors de mes consultations, j'aborde les problèmes du vagin en douceur, sans ambages. Dire les mots du corps, employer celui de «vagin», expliquer son fonctionnement, traiter ses petits maux, dépister les grands, j'en fais mon affaire en un tour de main. Les patientes n'attendent pas moins de leur gynécologue.

Mais un jour, je me suis demandé comment le message était passé avec mes propres filles. Un retour en arrière honnête m'a montré que j'étais loin d'avoir transmis tout ce que je savais. Lune d'elles ne pourrait-elle, un jour, être en droit de me dire : «Pourquoi ne m'as-tu jamais parlé de mon vagin ?»

Une première page de dialogue est venue. Puis un chapitre qui tentait de raconter l'anatomie du vagin de mon point de vue de gynécologue. Mes trois filles, réunies ici en une seule, posaient des questions, grattaient au scalpel ma conscience de médecin-mère, se remémoraient les anecdotes vécues en commun et flirtant avec ce sujet.

En dehors des convenances habituelles d'un guide de gynécologie pratique, dans la lignée des griots africains, nous avons cheminé le long de cette histoire vaginale, en suivant les méandres de digressions inattendues. Nous avons interrogé mes vécus, les leurs, ceux de mes prédécesseurs. De ces questions sont nés nos paradoxes et nos prolongements vers la vie des femmes, telle qu'elle se dessine actuellement.

Cette promenade initiatique, où mère et fille se renvoient la balle sans prendre de gants, n'est pas exhaustive. Déclinée à deux voix, elle peut surprendre par sa forme, choquer parfois. Mais l'idée d'une pensée unique me chagrinait. Le vagin ne méritait pas un carcan doctrinal, plutôt un feu ardent de saillies et de ripostes, si j'ose dire... Je m'y suis essayée à ma manière.

Elle a dû guetter pour trouver l'instant propice : celui où je me délecte avec mon café de l'après-déjeuner, vaisselle faite. Généralement, ma tête plonge sur mon livre et je m'endors pour un somme éclair que vous ne me ferez jamais avouer.

La chaise en plastique a crissé sur les tommettes de la cour fermée qui protège du vent atlantique. Elle attaque :

- Maman, avant que tu dormes, faut qu'on parle.

Un glaçon dans mon tee-shirt ne ferait pas mieux pour me réveiller. Je me redresse sur mon transat et précise

- Je ne dors pas, je somnole. Y a un problème ?

Par cette question, j'essaie de détourner les fusils du peloton d'exécution que je sens pointés sur moi. Généralement le «Faut qu'on parle» annonce un passage à tabac moral qui va laisser des cicatrices indélébiles sur votre mémoire émotionnelle.

- Oui. Pourquoi ne m'as-tu jamais parlé de mon vagin ?


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