Auteur : Jean Jenger
Date de saisie : 03/05/2006
Genre : Architecture
Editeur : Monum Ed. du Patrimoine, Paris, France
Prix : 30.00 € / 196.79 F
ISBN : 978-2-85822-893-5
GENCOD : 9782858228935
Architecture, un art nécessaire s'efforce de répondre à la question : «L'architecture, c'est quoi ? «Jean Jenger ne part pas de considérations historiques ou esthétiques. Il appréhende l'architecture dans sa réalité immédiate, matérielle et objective. En considérant que tout espace construit par l'homme pour l'homme est architecture, il offre un nouveau regard sur cet art omniprésent.
L'architecture n'est pas le produit de l'architecte seul. Intimement enracinée dans la société, elle en retranscrit les forces et les faiblesses, les ambitions et les doutes. Art nécessaire et incontournable plus qu'aucun autre, elle peut rendre la vie des hommes plus facile ou plus malaisée. Elle est donc politique. Pourtant, le politique, qui lui porte généralement peu d'intérêt, en connaît mal l'importance et les enjeux.
Le texte de l'auteur est étayé par de nombreux écrits puisés, depuis Vitruve, chez les historiens, architectes, ingénieurs, philosophes, hommes politiques.. et par une iconographie abondante au service des idées.
Jean Jenger, énarque sans doute atypique, a consacré la plus large part de sa carrière aux problèmes de l'architecture dans les formes les plus diverses : enseignement, création architecturale, entretien et animation des monuments historiques puis des bâtiments civils de l'État, législation de la profession d'architecte, maîtrise d'ouvrage de grands projets publics.
De 1964 à 1978, administrateur civil, sous-directeur de l'Architecture au ministère de la Culture et directeur adjoint de la Caisse des monuments historiques et des sites, il a, de 1978 à 1987, dirigé l'établissement public chargé de la conversion de la gare d'Orsay en musée. Jean Jenger a exercé par ailleurs diverses fonctions à titre personnel : présidence du conseil d'administration d'une école d'architecture et de jurys, présidence de la Fondation Le Corbusier. Il est membre associé de l'Académie d'architecture.
Jean Jenger est l'auteur de plusieurs ouvrages dont Orsay, de la gare au musée. Histoire d'un grand projet et Le Corbusier, l'architecture pour émouvoir.
Préface de Paul Chemetov.
Extrait de la préface de Paul Chemetov :
Un mal nécessaire ?
Architecture, un art nécessaire. Tel est le titre que Jean Jenger, après quelques interrogations, a choisi pour son livre. À lire la presse de la fin de l'année 2005, on titrerait volontiers «Un mal nécessaire», alors que Le Corbusier, cet architecte majeur du siècle passé, devenant, par l'usage répété de son pseudonyme, un nom commun, au même titre que «poubelle» ou «vespasienne», est rendu responsable de la malfaçon des grands ensembles et du chômage de ceux qui y habitent aujourd'hui !
La question n'est pas de justifier l'injustifiable, mais de se demander comment un pan entier de notre histoire bâtie peut être refoulé avant même d'être étudié, jugé, voire renvoyé aux oubliettes de l'histoire, mais historisé par cela même. Dans ce climat, comment ne pas reprendre les mots d'un rapport récent sur la protection de l'architecture contemporaine : «L'habitat social depuis 45, une production en mal de reconnaissance» ? Il montre avec force que cet énorme «patrimoine» - au sens notarial - n'est pas encore reconnu comme «patrimonial» au sens culturel. Et bien entendu cet adjectif n'est pas là pour signifier quelque dépendance envers le seul ministère de la Culture, mais bien plutôt comme marqueur, comme signe fort et évident d'une histoire, d'une géographie humaine, des formes et des symboles partagés dans tout projet architectural.
C'est en ce sens que le livre de Jean Jenger en chagrinera plus d'un et peut-être tout d'abord le milieu des architectes. Dans la difficulté et la paranoïa de leur pratique quotidienne - tous ces projets sollicités et refusés par la loi du concours -, ils n'aiment pas être placés sur une table de dissection. Ils sont certes les passeurs et les témoins indispensables, mais à eux seuls insuffisants, de leur art, de leur métier, de leur culture. Mais comment faire sans les maîtres d'ouvrage, comment faire sans le matériau de l'argent, comment bâtir sans les entreprises, comment reconnaître que les ingénieurs ou les paysagistes transforment, avec la même force, la réalité, et, quelquefois anticipateurs, sont les premiers à proposer une vision «neuve» des mêmes questions ? Transformer plus encore que créer, dans une compétition avec cet illustre inconnu : Dieu, tel est le sens profond du travail architectural. Trans-former. Dans l'au-delà de toute forme, de sa formalisation, il y a la prise en compte du programme, des moeurs, de l'histoire, des normes et du site; changer d'orbite, disent les astronautes. C'est bien à ce changement que prétend toute oeuvre d'architecture lorsqu'elle réussit son pari. Mais elle est à ce point semblable à sa voisine, clonée ou simplement nouvelle, qu'il faut l'épreuve du temps ou celle plus aigué de la culture pour discerner dans cette confusion le nouveau de la routine, l'inventif du surprenant, alors que les bâtiments de tout genre et de tout temps cohabitent. C'est cette impureté que leurs architectes assument parce qu'ils opèrent à la fois dans la contemporanéité et leurs oeuvres dans le temps long, celui des références qui nourrissent leur inspiration ; il aura fallu deux générations, écrivait Francastel évoquant le temps écoulé entre les premières figurations picturales des architectures qui allaient être celles de la Renaissance et leur réalisation matérielle.
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