Auteur : Yves Pouliquen de l'Académie française
Date de saisie : 02/05/2006
Genre : Médecine, Santé
Editeur : O. Jacob, Paris, France
Prix : 24.00 € / 157.43 F
ISBN : 978-2-7381-1779-3
GENCOD : 9782738117793
... Depuis Henri Mondor, Jean Delay et Jean Hamburger, une place de choix est réservée aux médecins sous la coupole de l'Institut. A l'Académie des sciences et à l'Académie de médecine, mais aussi à l'Académie française, où siègent aujourd'hui François Jacob et Yves Pouliquen. Auteur d'ouvrages ayant trait à l'ophtalmologie, ce dernier publie un livre où la curiosité du clinicien n'est qu'un prétexte pour revisiter en liberté la littérature du Grand Siècle dans les pas de la précieuse, gracieuse et délicieuse Mme de Sévigné. Chez la Marquise, tout nous enchante. Le bavardage et les considérations plus graves, les digressions, les douleurs, les coquetteries et ce goût de l'accumulation que Marcel Proust appelait son «côté Dostoïevski». Avec Mme de Sévigné, tout est affaire de style, c'est-à-dire de Temps. Vie, mort, vents, humeurs, vapeurs, migraines, mélancolie. Le murmure des cataractes du Temps est partout, et toujours toute la question. Comme chez François Couperin, organiste de sa paroisse parisienne, et plus tard chez le Watteau du Départ de la Compagnie des gardes.
Que Mme de Sévigné accorde tant d'importance à sa santé ne peut pas nous étonner. C'est notre corps et ceux qui s'en soucient qui nous font le mieux sentir que Temps passe et que nous passons avec lui. Marcel Proust encore une fois... Et avant lui, Marie de Rabutin-Chantal, grand écrivain de langue française. Malgré la généralisation de l'enseignement de l'ignorance, on la fait encore lire aux enfants des écoles. Profitons-en. En 2007, ce sera fini. Hop ! A la trappe, la Marquise !... Trop bavarde, trop française... Pleine de mots compliqués... Insuffisamment adaptée aux rugueuses modalités de la communication moderne...
En attendant cette liquidation annoncée, le professeur Pouliquen fait à Mme de Sévigné une place royale. A travers le millier de lettres de la Marquise qui nous sont parvenues, il scrute les moeurs médicales du Grand Siècle...
«Tant qu'on a la santé !» Il y eut au Grand Siècle des façons plus recherchées de dire cet espoir que nous formons tous. Celle, par exemple, de Mme de Sévigné, qui définissait cet état si désirable de se porter bien comme «le plaisir de tous les plaisirs». A relire la marquise avec Yves Pouliquen, grand médecin et historien amateur éclairé, on s'avise que cette préoccupation de notre santé n'était pas moins obsédante hier qu'aujourd'hui. Ce sont plus de 400 lettres de la fameuse correspondance qui traitent de maladies, de médecins, de remèdes et près d'une lettre sur dix concerne exclusivement la santé de l'épistolière et celle de sa fille... Dans une belle écriture où l'on devine les effets de la fréquentation de la marquise, Yves Pouliquen atteint sans coup férir son objectif : «Restituer [...] l'état de l'art médical en ces temps de transition vers l'esprit moderne, la santé de Mme de Sévigné et de ses proches et, au bout du compte, la vision de la maladie et de la mort en ce siècle inquiet que l'on dit classique.»
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