Auteur : Valérie Sigward
Date de saisie : 02/05/2006
Genre : Romans et nouvelles - français
Editeur : Julliard, Paris, France
Prix : 15.00 € / 98.39 F
ISBN : 978-2-260-01700-4
GENCOD : 9782260017004
Un récit d'une sensibilité et d'une émotion rares, où le tabou de la mort est bousculé, et le sacré approché par des mots d'une simplicité déconcertante.
Il y a un an, Alex, un adolescent apparemment sans histoires, s'est suicidé. Une nuit, sans prévenir, il s'est jeté sous un pont. Il a laissé ses proches dans la douleur du deuil et celle, plus cruelle encore, de l'incompréhension.
Aujourd'hui Théo, son jeune frère, raconte : la maison plongée dans un silence étouffant, le mort qui prend toute la place et l'empêche de vivre. Aujourd'hui, il a décidé de s'enfuir à Paris, loin de toute cette souffrance. Mais la fugue tourne court et se transforme en une veillée funèbre, où quatre adolescents enfin réunis vont pouvoir faire leur deuil, dans les larmes et les rires.
Par la voix du jeune adolescent plein de vie, Valérie Sigward donne à son sujet douloureux une légèreté qui n'entame rien à sa profondeur, et laisse au contraire libre cours à l'émotion.
Au fil de ses romans, Valérie Sigward affirme avec talent son appartenance à la génération des jeunes écrivains qui comptent. Toujours d'actualité, ses récits ont une voix singulière et profonde, qui ressemble à une évidence. Chez Julliard, elle a publié Comme un chien fou (2000), Dans la chambre de silence (2003), Immobile (2004).
Commander ce livre sur Fnac.com
S'il fallait encore prouver que c'est l'écriture qui fait le roman et non l'originalité du sujet, on pourrait prendre La Fugue de Valérie Sigward pour exemple. L'argument se résume en quelques phrases. Un adolescent dont l'aîné s'est suicidé un an plus tôt ne peut plus vivre avec ses parents, qui, pense-t-il, ne le voient plus. Partir pour exister, pour rompre la douleur des silences. Cogner quand on a mal, insulter quand on aime et qu'on a peur de ne pas être aimé, contrarier son désir pour ne pas en éprouver le manque... Terrible sujet qui aborde l'interrogation sur le suicide d'un être proche. Qu'avons-nous fait, ou pas fait, pour qu'il en soit arrivé là, se demandent les parents ? Comment avons-nous pu passer à côté de son désespoir ? Pourquoi est-il parti sans laisser le moindre signe, la moindre explication ? Comment peut-on vivre après cette déchirure ? Et pourtant ce livre grave n'est jamais morbide ni totalement noir... La Fugue est à la fois un roman noir, huis clos à l'écriture sèche comme celle des meilleurs polars, et une pièce de théâtre dans la plus pure tradition classique, une tragédie éternelle qui répond à la règle des trois unités : de lieu, de temps, d'action. Au terme de cette nuit folle, tout peut basculer. Si Théo fugue, c'est la mort qui aura gagné. Si Théo reste, il y aura une aube, et une lumière... Comme chez Corneille ou Racine, le langage est souverain, les mots sont des armes ou des baumes apaisants. D'eux seuls dépend le sort des personnages...
Théo en a marre de la maison silencieuse, de sa mère qui reste les yeux dans le vide pendant des heures, de son père qui fourgonne dans le garage... Depuis qu'Alex, son grand frère de seize ans, s'est tué en sautant du pont, la vie est devenue étouffante. L'adolescent n'a laissé aucune lettre pour expliquer son geste, il est juste parti un matin très tôt, transformant la vie de sa famille en un deuil permanent. Alors Théo s'en va à son tour, avec son sac et sa tristesse. Il veut se rendre à Paris, changer de vie, ouvrir les yeux. Mais le dernier train est passé et sa fugue va tourner court, se transformer en une longue veillée avec son meilleur copain et l'ancienne petite amie d'Alex,... Cette nuit-là sera longue... La fugue n'est pas un roman sentimental et larmoyant, il est juste cruel comme la vie et violent comme les hommes.
Copyright : Studio 108 2004-2008 - Informations légales - Vous êtes éditeur ?
Programmation : Olf Software - Infographie, XHTML/CSS : Gravelet Multimédia - Graphisme : Richard Paoli