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A Garonne

Couverture du livre A Garonne

Auteur : Philippe Delerm

Date de saisie : 29/04/2006

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : NIL, Paris, France

Prix : 17.00 € / 111.51 F

ISBN : 978-2-84111-319-4

GENCOD : 9782841113194


  • La revue de presse Jean-Louis Ezine - Le Nouvel Observateur du 25 mai 2006

Les maisons sont l'âme et la mémoire des familles. Elles enferment les secrets d'enfance, les mystères des aïeux. Elles savent tout et font silence. Et en plus elles durent, résistent au bord du temps. Certaines franchissent les âges sans en être incommodées, comme si elles étaient insensibles aux peines, aux joies, aux destins en allés qui les meublent encore. Qu'est-ce qu'une vie d'homme, au regard d'une maison ? «Un château de cartes», répondait Aragon. Heureuse formule. Philippe Delerm, chez qui la tentation autobiographique est rare, s'est décidé à abattre les siennes. Enfin, pas toutes, non, quelques-unes. Et sous le fragile château des rêves et des souvenirs, que trouve-t-on ? Une maison. La maison paternelle, dans le Tarn-et-Garonne... «A Garonne» est un enchantement, au sens magique du mot, car on va «à Garonne» comme on irait à Brocéliande. Comme les ipomées à la grille du jardin, la nostalgie rampe, s'accroche, s'enroule à son motif et ne se laisse pas cueillir. Ça sent la prune écrasée, le galet brûlant et le bonheur perdu. Et c'est superbe.


  • La revue de presse Philippe Lacoche - Le Figaro du 27 avril 2006

C'est sûrement l'un des livres les plus émouvants de Philippe Delerm. Le plus intime en tout cas. Après Didier Decoin qui nous avait donné à lire Avec vue sur la mer, dans la même collection, l'auteur de La Première Gorgée de bière décrit les liens qui l'attachent à une habitation. Son choix se porte sur une maison du Tarn-et-Garonne, celle de ses grands-parents, puis de ses parents, où il n'a cessé de passer ses vacances depuis sa prime jeunesse. Aujourd'hui, tous les membres de la famille s'y retrouvent.

Philippe Delerm se souvient ; c'est souvent délicieux, car l'exercice - mené à bien par ce bel outil qui est le tamis du temps qui passe - lui convient à merveille. Il nous procure des portraits hauts en couleur, tel celui de M. Lepreux, pêcheur quasi virtuel qui délaissait goujons, gardons et ablettes qui pullulaient, pour tenter de capturer, à l'aide de lourdes lignes de fond, larges brèmes et carpes épaisses : «Je n'irai pas jusqu'à écrire qu'il venait pêcher dans l'espoir de ne rien prendre, mais on n'en était pas loin. Quelles interrogations métaphysiques, quelles visions oniriques, quelles spéculations existentielles, familiales ou politiques passaient-elles durant toutes ces heures inactives sous la casquette de M. Lepreux ? Nous n'en saurons pas plus. Il est difficile de ne penser à rien.»

Ces quelques phrases sont l'expression même de l'art de Philippe Delerm : débusquer l'universel derrière une activité banale, un geste anodin. Définir d'un trait de pensée ce que l'on ne voit plus. Delerm a du succès, car il sonne juste. C'est pour ça que ses très nombreux lecteurs s'y retrouvent. Dans tous les deux sens du terme...

Au final, en partant d'une maison, c'est un autoportrait sans apprêt que nous confie ici Philippe Delerm. Pas un ouvrage à clés, non. Rien qu'un récit où les verrous de la pudeur ont sauté. On y entre comme dans un moulin.


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