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Les missionnés

Couverture du livre Les missionnés

Auteur : Robert Vigouroux

Date de saisie : 25/04/2006

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : Transbordeurs, Marseille, France

Prix : 18.00 € / 118.07 F

ISBN : 978-2-84957-054-8

GENCOD : 9782849570548


  • La présentation de l'éditeur

Fiction ? Réalité ? Surréalité ? Voici un livre tout rêve et tout mystère !

Dans une époque indéterminée du futur, le péril imminent d'une guerre nucléaire totale, contraint le monde libre à préparer la fin.

Totalement isolées dans un bunker secret, trois cents personnes rigoureusement sélectionnées vont vivre durant six longues années. Le temps pour les radiations mortelles de s'estomper. En micro-société paranormale, les volontés, la résistance, les rêves même s'émoussent. Et à quelques semaines de la fin des six années de réclusion, la situation de la ville souterraine devient folle. Conflits de personnes, guerre des chefs, meurtre, sexe, angoisse croissante devant l'inconnu désormais. Avec en contrepoint l'histoire écrite par une femme qui prétend s'évader en imaginant un voyage spatial au-delà du mur du temps. Et un hypothétique retour.

Robert P. Vigouroux a connu trois vies et trois réussites. D'abord illustre neurochirurgien, puis Sénateur Maire de Marseille. Enfin peintre et écrivain de talent il a déjà publié plusieurs ouvrages romanesques et artistiques.





  • Les premières lignes

«Asseyez-vous». Le siège était confortable. La pièce austère. Il la parcourut du regard. Aucun papier ne traînait. Ni secrétaire ni armoire le long des murs agrémentés de photographies encadrées sobrement, dont celle d'un lac ensoleillé. Un lac de montagne, au vu des arbres qui l'entouraient, des sapins rectilignes, altiers et saupoudrés de neige. Un paysage de marine lui faisait face, une côte rocheuse et découpée, légèrement rosée, une courte plage de sable clair et au-delà le bleu-vert d'une mer du Sud. L'Océan aurait été plus gris. Derrière le bureau, un homme sec, entre deux âges, guindé d'apparence, mais aux gestes souples, un sourire aux lèvres, à éclipses. Ses yeux devenaient son visage. Derrière l'homme, un vaste planisphère, vierge de toute marque. D'emblée débuta leur troisième entretien, très calme, presque froid, sans mots superflus. Un langage clair, précis, dénué d'équivoques, de sous-entendus, de commentaires personnels.

Leur seconde entrevue s'était passée à l'université, dans son propre bureau, pendant plus de deux heures. Il le revoyait cette fois chez lui, parlant avec assurance.

Le lieu actuel correspondait à celui qu'il avait imaginé. Durant la semaine qui avait séparé ces rencontres, il avait intensément réfléchi, sans négliger son travail et son sommeil, car il était ainsi fait et c'était sans doute en partie pour cela qu'il avait été contacté. Il ne doutait pas de la rigueur de l'enquête auparavant menée sur lui et avait prêté serment d'absolu silence sans hésiter. Il était, par nature, la discrétion même.

À trente ans, sa carrière s'affirmait et ses cours sur l'histoire de l'humanité attiraient étudiants et auditeurs, assis sur les marches et même debout, au fond de l'amphithéâtre trop vaste pour bien d'autres conférenciers.

Il aimait ensuite parler librement, après ses exposés, avec les uns et les autres qui le questionnaient, donnaient leur approbation ou apportaient des contradictions, dans la simplicité, sans hargne aucune. Ces rapports demeuraient sereins, au long des couloirs, dans les cours ou jardins, selon la saison. Il reprenait des thèmes plus faciles à développer ainsi que dans la solennité d'une salle, ne se dérobait jamais, ni n'abdiquait dans ses convictions. Il savait néanmoins écouter, se souvenir aussi, car un apport ne doit pas être négligé s'il sert à construire et non à détruire. Il était passionné surtout par l'opinion de la jeunesse dont une dizaine d'années seulement le séparait. Des années où tout avait changé si rapidement. Il était étonné de la désinvolture de beaucoup, le mot n'était pas trop dur, vis-à-vis de l'évolution du monde que lui redoutait tant.

D'autres générations, avant la sienne, avaient perdu ce temps exceptionnel, irremplaçable de leur vie, sinon leur vie elle-même, dans des conflits sans merci qui déchiraient les hommes sous couvert factice d'idéologies, pour en vérité établir une domination. Elles en souffraient toujours.


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