Auteur : Michel Del Picchia
Date de saisie : 24/04/2006
Genre : Policiers
Editeur : Transbordeurs, Marseille, France
Collection : Giallo polar
Prix : 15.00 € / 98.39 F
ISBN : 978-2-84957-053-1
GENCOD : 9782849570531
Fasciné par les faits divers qui rythment depuis vingt ans sa vie de journaliste, l'auteur nous invite à le suivre dans une très baroque aventure dont chaque épisode semble être tiré des pages moites et picaresques d'un quotidien du soir.
Le cadavre décapité d'une jeune femme retrouvé sur le ballast d'une voie ferrée. Un flic à l'ancienne, formé en Indochine aux temps ultimes de la guerre coloniale. Un journaliste qui s'ennuie dans sa locale. Une ville du Sud, improbable mais parfaitement métaphysique. Le décor est planté sur fond de rengaine lente et mélancolique. Mais tout soudain s'accélère.
Salvatore Toscanini, le journaliste, va très vite cesser de s'ennuyer. D'autant que l'inspecteur Santiago Samperas connaît un retour de flamme professionnel avec l'affaire de la femme coupée en deux. Car la mort mystérieuse est désormais au coeur d'une étrange affaire où corruption, trafics et échangisme mêlent allègrement. Avec en prime un nouveau cadavre. Celui d'un journaliste.
Michel Del Picchia est journaliste à Marseille au sein de la rédaction d'un grand quotidien régional. Il collabore également à la revue Art Sud. Avec Mort Clinique, il signe son premier roman.
La tête est posée sur la traverse de bois de la voie ferrée. Le visage ne souffre d'aucune contusion. Les yeux sont ouverts. La longue chevelure châtain légèrement ébouriffée. On dirait un de ces bustes de Marianne qui trônent dans les mairies.
En contrebas du ballast, le reste du corps, retenu dans sa chute par des roseaux. Le cadavre, décapité, est indemne, si l'on peut dire. Et uniquement vêtu d'un slip de dentelle noire. Comme la nuit, qui partage avec le silence un règne macabre sur les lieux.
L'inspecteur principal Santiago Samperas, ancien d'Indochine, ancien d'Algérie, se vante d'avoir connu les horreurs de la guerre. Il est, cependant, troublé par la vision de ce corps sectionné ; par cette vie coupée en deux. «Il ne manquait plus que ça à quelques semaines de ma retraite», dit-il à ses hommes avant de leur demander d'établir les premières constatations.
La fête du village bat son plein. Le soleil s'est couché depuis peu mais les visages de la centaine de convives attablés sur la place luisent d'un rouge vif. La journée a été harassante. Après la cavalcade, mise en branle au petit matin, applaudie par des milliers de spectateurs repus de ce folklore préfabriqué, l'apéritif et un aïoli pestilentiel mettent à mal les organismes.
Entouré du maire et du conseiller général, Salvatore Toscanini s'ennuie. Il n'a pas osé répondre par la négative à l'invitation des animateurs de la fête. Ces derniers le voient encore débuter dans leur canton, vingt ans auparavant, jeune journaliste fringant.
Ils ne changent pas... toujours les mêmes... la suffisance bedonnante... les propos teintés de démagogie... l'autosatisfaction proclamée haut et fort. Tout ceci est bien dérisoire...
La sonnerie du portable tire le journaliste de sa somnolence désabusée. Crachotante, la voix du photographe avec lequel il fait régulièrement équipe lui annonce la découverte d'un cadavre sur la voie ferrée, à quelques kilomètres de l'entrée est de la grande ville voisine.
Prenant congé de ses hôtes, non sans un inavouable soulagement, grommelant quelques mots pour satisfaire leur curiosité avinée, Salva emprunte à vive allure la route vers le lieu du drame.
Copyright : Studio 108 2004-2008 - Informations légales - Vous êtes éditeur ?
Programmation : Olf Software - Infographie, XHTML/CSS : Gravelet Multimédia - Graphisme : Richard Paoli