Auteur : Isabelle Jarry
Date de saisie : 21/08/2006
Genre : Romans et nouvelles - français
Editeur : Stock, Paris, France
Collection : Bleue
Prix : 17.00 € / 111.51 F
ISBN : 978-2-234-05705-0
GENCOD : 9782234057050
L'ouvrage est aussi beau, fugace, énigmatique que son titre, un vers extrait d'un poème de Martin Le Franc (XVe siècle). Réduite à la plus extrême indigence, une femme dit l'abîme de la solitude, le souvenir de son mari défunt, la privation de son enfant, puis l'espoir, l'attente de le revoir. Elle est poète, le revendique. Poète par vocation, poète d'âme. L'écriture est pour elle une façon d'être, une philosophie... Le propos est par instants innocent, l'histoire n'évolue ni ne révèle grand-chose, si ce n'est la beauté d'une prose. Mais n'est-ce pas l'essentiel ? Car le plaisir de lire Isabelle Jarry demeure intact tout au long de ce douloureux monologue intérieur.
Marie a tout perdu. Philippe, son amour et le père de son enfant, décède ; sa situation financière la jette à la rue ; et la DASS lui enlève sa fille de 5 ans, Nisa. Condamnée à la précarité, elle plonge dans le vide, le néant, «là où rien n'existe parce que le regard n'y pénètre plus». Avant, Marie ne vivait que pour la poésie. Désormais, elle ne lui est plus d'aucune utilité dès lors qu'il lui faut affronter le manque et le malheur. Les poèmes de Louise Labé ou de Jean de Sponde ne viennent à sa mémoire que pour exprimer ce qui est indicible : la souffrance mêlée de rage qu'une femme endure pour se rattacher à son ultime combat, les retrouvailles avec sa fille Nisa... Isabelle Jarry, prix du premier roman en 1992 pour «l'Homme de la passerelle» et auteur d'un livre sur George Orwell, décrit le mouvement trouble des pensées qui agitent son héroïne brisée avec une écriture dépouillée de tous superflus lexicaux. Elle ne touche ici qu'à l'essentiel, qui est indicible. Dans «J'ai nom sans bruit», toutes les certitudes s'envolent, même littéraires. Ne reste que ce dénuement qui fait transparaître la beauté des sentiments. Ceux, bouleversants, d'une mère pour sa fille.
Marie a tout perdu. Philippe, son amour et le père de son enfant, décède ; sa situation financière la jette à la rue ; et la DASS lui enlève sa fille de 5 ans, Nisa. Condamnée à la précarité, elle plonge dans le vide, le néant, «là où rien n'existe parce que le regard n'y pénètre plus». Avant, Marie ne vivait que pour la poésie. Désormais, elle ne lui est plus d'aucune utilité dès lors qu'il lui faut affronter le manque et le malheur. Les poèmes de Louise Labé ou de Jean de Sponde ne viennent à sa mémoire que pour exprimer ce qui est indicible : la souffrance mêlée de rage qu'une femme endure pour se rattacher à son ultime combat, les retrouvailles avec sa fille Nisa... Isabelle Jarry, prix du premier roman en 1992 pour «l'Homme de la passerelle» et auteur d'un livre sur George Orwell, décrit le mouvement trouble des pensées qui agitent son héroïne brisée avec une écriture dépouillée de tous superflus lexicaux. Elle ne touche ici qu'à l'essentiel, qui est indicible. Dans «J'ai nom sans bruit», toutes les certitudes s'envolent, même littéraires. Ne reste que ce dénuement qui fait transparaître la beauté des sentiments. Ceux, bouleversants, d'une mère pour sa fille. (Critique de Caroline Diesnis, Nouvel Observateur le 02/09/2004)
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