Passion du livre - tout sur le livre : Cliniques du travail

Recherche

Recherche simple
Recherche multi-critères

Cliniques du travail

Couverture du livre Cliniques du travail

Auteur : Dominique Lhuilier

Date de saisie : 24/04/2006

Genre : Psychologie, Psychanalyse

Editeur : Erès, Ramonville-Saint-Agne, France

Collection : Clinique du travail

Prix : 13.00 € / 85.27 F

ISBN : 978-2-7492-0575-5

GENCOD : 9782749205755


  • La présentation de l'éditeur

Stress, souffrance, harcèlement moral, relégation, placardisation, pathologies de la suractivité ou du sous-emploi, fatigue et usure professionnelles, expériences traumatiques..., de la scène du travail nous parviennent de sombres échos.

La clinique du travail s'attache à comprendre, à analyser et à transformer ces situations génératrices de malaise individuel et/ou collectif. Pour cela, elle mobilise différents cadres théoriques et méthodologiques susceptibles de l'éclairer. Dominique Lhuilier en présente les principales orientations.

Les fonctions psychologiques et sociales du travail sont appréhendées ici à partir de nombreux exemples de situations professionnelles et de contextes organisationnels : hôpital, centrale nucléaire, prison, police, industrie... Si le travail constitue bien une mise à l'épreuve, l'investigation proposée porte à la fois sur la souffrance, ses manifestations et sur les processus de résistance et de dégagement dont font preuve les acteurs concernés.

Dominique Lhuilier est professeure de psychologie du travail, université de Rouen, laboratoire PRIS : Clinique et Société. Elle est membre du CIRFIP et du comité de rédaction de la Nouvelle revue de psychosociologie.



logo fnacCommander ce livre sur Fnac.com



  • Les premières lignes

Extrait de l'introduction :

Stress, souffrance, harcèlement moral, relégation, placardisation, pathologies de la suractivité ou du sous-emploi, fatigue et usure professionnelles, violences et expériences traumatiques... De la scène du travail nous parviennent de sombres échos.

Sans prétendre réaliser un diagnostic de l'état du monde du travail, la montée des préoccupations et des demandes sociales et collectives témoigne bien d'un malaise qui tient aux transformations à la fois des organisations productives et du rapport au travail. Depuis les années 1980, les exigences du monde du travail sont devenues plus fortes, alors que dans le même temps, les moyens nécessaires pour y répondre ont été réduits. Ce double processus d'alourdissement des contraintes et de fragilisation des individus génère un mal-être au travail et une marginalisation progressive de nombre de salariés.

L'organisation apparaît comme une machine à produire sans cesse plus gourmande en efficacité et plus anorexique en main-d'oeuvre. La flexibilité est devenue un axe majeur de la stratégie des entreprises ; elle reporte sur les salariés les contraintes de l'incertitude marchande et les exigences de la compétitivité. La flexibilité interne se traduit par de profondes transformations de l'organisation du travail concourant à sa précarisation ; la flexibilité externe se traduit quant à elle par une réduction des effectifs, le développement de la sous-traitance et la précarisation de l'emploi.

Dans un tel contexte d'insécurité, la question de l'employabilité gagne toutes les sphères du travail. Les trajectoires professionnelles sont de plus en plus discontinues, marquées par des ruptures, des reconversions, et la multiplication de situations de transition.

L'intensification du travail est encore une caractéristique majeure des évolutions contemporaines, et ce par l'effet combiné d'exigences dites «de compétitivité» et de la réduction des effectifs. La charge de travail comme les rythmes de travail sont accrus et nombre d'indicateurs témoignent d'une altération de la santé des salariés. Les temps de préparation, de pause, de transmission de l'expérience, de formation, d'entretien des savoirs et savoir-faire, d'échanges autour des pratiques..., tous ces temps improductifs parce que non facturables, sont réduits au minimum.

Ainsi, et paradoxalement, alors que les exigences d'efficacité et de productivité sont accrues, on observe une tendance généralisée à la déqualification. Le morcellement de l'expérience professionnelle en une multitude de missions successives ou parallèles, la promotion d'une polyvalence qui dissout la référence aux métiers, la dégradation de la socialisation professionnelle et des conditions d'apprentissage par l'intensification du travail, et la précarité des appartenances sont autant de facteurs qui favorisent des phénomènes de destructuration, d'atomisation sociale.

La figure du salarié moderne est celle d'un «intérimaire permanent» (Castel, 1982), sans tradition, sans racine, apte au changement, disponible et adaptable en toutes circonstances. La valorisation des compétences et la disqualification des repères de métiers comme la promotion de l'initiative, de l'autonomie et de la responsabilité, suggèrent que les appuis doivent être trouvés sur ses ressources propres. La quête illusoire de l'autosuffisance fait écho à l'idéologie individualiste qui occulte la nécessité de repères symboliques et qui se déploie dans le déni de l'inscription dans une chaîne et une histoire. (...)

La prolifération des plaintes actuelles en lien avec le travail et son organisation s'accompagne de la recrudescence de grands types de pathologies du travail (Dejours, 2001).


Copyright : Studio 108 2004-2008 - Informations légales - Vous êtes éditeur ?
Programmation : Olf Software - Infographie, XHTML/CSS : Gravelet Multimédia - Graphisme : Richard Paoli