Auteur : Gaspard Koenig
Date de saisie : 22/04/2006
Genre : Romans et nouvelles - français
Editeur : Grasset, Paris, France
Prix : 17.00 € / 111.51 F
ISBN : 978-2-246-69901-9
GENCOD : 9782246699019
Clara habitait un de ces quartiers des grandes villes occidentales qui ressemblent à un village." Personnage principal d'Un baiser à la russe, Clara est une jeune femme qui considère l'amour avec cynisme. Belle, fougueuse, maladroite aussi, elle prend les hommes et s'en débarrasse avec autant de légèreté que d'insouciance. Au fond, ils sont comme les pièces de ces puzzles pour lesquels elle entretient une passion et qu'elle reconstitue avec une maîtrise éblouissante. Le seul homme avec qui, en fait, elle a une relation de confiance totale est son jeune frère, étudiant brillant et insolent, parfois pédant, mais séduisant, le seul à lui parler avec franchise. Jusqu'au jour où elle rencontre un jeune Russe pâle et silencieux, Alexeï. Il vit dans une ancienne câblerie transformée en loft qui deviendra l'un des fascinants décors du livre.
La fréquentation de cet être insaisissable, parfois brutal, parfois gamin (plus jeune que Clara, il a dix-sept ans), miné par une grave hémophilie et mêlé à une étrange société secrète, la transforme peu à peu. L'enfant-roi et la femme-enfant s'affrontent et s'attirent dans un jeu dangereux.
Gaspard Koenig est né en 1982. Il est l'auteur d'Octave avait vingt ans, l'un des premiers romans les plus remarqués de la rentrée littéraire 2004.
Gaspard Koenig aime les héroïnes volubiles, impudiques et livrées sans façon, dures et fantasques qui ont "des états d'âme et des amours fous", celles qui embrassent, se frottent un peu, bouillonnent et décampent, celles encore qui suscitent "une passion trop évidente, trop courue d'avance pour devenir vraiment folle" ; bref, les filles qui trouvent vite leur bonheur et ne portent pas de soutien-gorge.
Depuis son enfance, Clara se passionne pour les puzzles. Elle se met bientôt à fabriquer elle-même ses jeux de patience, tire les portraits de ses amoureux sur papier toilé, les découpe, les éparpille : morceaux choisis. Tous mélangés, "les limites de son syncrétisme amoureux" sont atteintes quand les modèles refusent "les greffes de leurs rivaux" : les pièces ne s'assemblent pas. Depuis ce jour de ses 16 ans où elle décide, gourmande et précipitée, d'hypothéquer, ou plutôt d'amputer, l'avenir de son pucelage, Clara fait des ravages, enchaîne les aventures, les fractionne et les emboîte... A 26 ans, Clara choisit de se marier et d'avoir un enfant, "sa propre chair ne lui suffisait plus" et "son corps (...) voulait floconner sur le bout des seins". Le docteur Paval, surnommé "petit docteur", est élu... Le puzzle, cette fois, est complexe et Clara s'y perd comme le lecteur de ce roman - Gaspard Koenig aurait-il vu trop grand ? - pourtant écrit avec virtuosité. Koenig a un style éclatant, fouillé et un sens aigu de l'aphorisme. Il amuse et envoûte. C'est rare, très rare. Voilà l'important !
Septembre 2004. Le lecteur s'en souvient peut-être. Un jeune homme la mèche au vent, frais émoulu de l'Ecole normale supérieure, faisait une entrée remarquée dans le paysage des lettres françaises... Sortant des coulisses un personnage accessoire d'«A la recherche du temps perdu» afin de lui inventer
un destin,... L'auteur nous revient aujourd'hui avec un second roman apparemment très différent, qui aurait délaissé les promenades normandes pour le rythme maniaco-dépressif des grandes villes occidentales. L'héroïne du livre ? Une certaine Clara, étudiante en histoire de l'art, belle écervelée assez prodigue, du reste, de ses charmes. Clara, qui a aussi la passion des puzzles, et son frère, qui vivent (chastement) sous un même toit, sont deux jeunes gens à qui rien ne résiste. Elle, les amants ; lui, la philosophie, qui, à force de lectures arides, a fini par atteindre son cerveau à la manière du syndrome de Françoise. Tout va donc pour le mieux dans le meilleur des mondes jusqu'au moment où Clara tombe sur plus fort qu'elle... Le roman peut commencer. Et nous voilà projetés dans l'univers déroutant d'un espace désaffecté où Alexeï et ses parents d'adoption ont élu domicile, le temps de leur exil. Vaste câblerie qui, par sa configuration labyrinthique et enchevêtrée, n'est pas sans évoquer les caténaires de Jacques Réda. Mais là où Réda poursuit sans fin son fil d'Ariane, Koenig s'emploie, à chaque page, à le rompre. Ce n'est plus la phrase en escalier, c'est carrément le roman en escalier piranésien. Gare aux chutes et aux cognements de tête !...
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