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L'éclipse des dieux : grandeur et désespérance des peuples noirs

Couverture du livre L'éclipse des dieux : grandeur et désespérance des peuples noirs

Auteur : Tidiane N'Diaye

Date de saisie : 21/04/2006

Genre : Sociologie, Société

Editeur : Serpent à Plumes, Paris, France

Collection : Essais-documents

Prix : 19.00 € / 124.63 F

ISBN : 978-2-268-05641-8

GENCOD : 9782268056418


  • La présentation de l'éditeur

«Ceux qui ne connaissent pas leur histoire s'exposent à ce qu'elle recommence.» Reprenant à son compte cette réflexion d'Elie Wiesel, Tidiane N'Diaye retrace l'histoire tragique de l'Afrique, de ses peuples et de ses diasporas africaine-américaine et afro-antillaise. D'abord berceau de l'humanité, siège de civilisations grandioses, puis abandonnée des dieux, elle fut asservie, pillée de ses hommes et de ses richesses.

Histoire de la traite, de l'esclavage et de la colonisation, mais aussi de la grandeur de l'ancienne Afrique, cet essai replace l'histoire des peuples noirs dans un cadre large, complet et jamais partial. L'auteur propose sans complaisance des pistes de réflexion sur les diasporas africaines, objet d'un débat très actuel, notamment en France. Et ouvre des perspectives pour une Afrique moderne.


L'anthropologue et économiste, Tidiane N'Diaye a publié de nombreux travaux sur l'histoire des civilisations négro-africaines et leurs diasporas. Il est notamment l'auteur de Mémoire d'errance (L'Harmattan, 1998), un essai sur la longue marche des peuples noirs, de l'Égypte antique à nos jours et Les Falachas, Nègres errants du peuple juif (Gallimard, 2004).



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  • Les premières lignes

L'AFRIQUE, BERCEAU DE L'HUMANITÉ.

On a souvent coutume d'appréhender l'histoire des peuples de la diaspora noire, voire créole, comme si ceux-ci étaient nés de l'esclavage. Quant aux extravagances outrancières de Hegel, elles voudraient qu'avant leurs déportations dans le Nouveau Monde, leurs ancêtres aient même assisté en spectateurs à la marche de l'Histoire. Et pour enfoncer le clou, l'africaniste anglais Basile Davidson de s'interroger dans le numéro d'octobre 1959 du Courrier de l'UNESCO : «Le Noir est-t-il un homme sans passé ?» En fait, l'histoire des peuples du continent noir a débuté bien avant celle du reste de l'humanité. Elle l'a même engendrée, car du point de vue scientifique, il est communément admis aujourd'hui que tous les hommes qui peuplent notre planète ont une terre d'origine commune : l'Afrique. Ce qui sous-tend que nos ancêtres seraient bien apparus en Afrique noire, il y a quelques millions d'années !

Leur transformation de l'état de «primates» à celle d'humanoïdes puis d'êtres humains est due au hasard et aux effets de la sélection naturelle. Tout commence à partir de ce phénomène appelé Tectonique des plaques, qui va jouer un rôle déterminant dans la formation des continents mais, également, dans le processus d'hominisation. On sait que les plaques «dérivent» à la surface du manteau terrestre, lequel communique avec le magma qui constitue le noyau central de la terre. Et que les continents, au cours des âges géologiques, vont se morceler pour former des îles et (ou) des terres distinctes. Et que la vie «explosera» à la surface des terres. Ainsi, jusqu'au crétacé soit, quelque 110 millions d'années, l'Europe et l'Amérique ne formaient qu'un continent : l'Euramérique ; puis, la montée des mers aidant, la première sera isolée de l'Amérique quoique restant toujours rattachée à l'Afrique. Bien des espèces avaient eu le temps de profiter de la liaison intercontinentale pour s'installer en Europe et en Afrique. C'est ainsi qu'un étrange animal du nom de Purgatorus du Montana, un primate vivant dans les montagnes Rocheuses, en profitait pour émigrer et s'adapter aux nouvelles conditions du milieu. Il laissera des traces sur la butte Montmartre, à Paris, où un descendant sera reconnu sous le nom d'Adapis parisiensis. Notre Adapis, soucieux sans doute d'échapper aux rudes conditions climatiques prévalant alors dans ces lieux, passera en Afrique où il évoluera.


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