Passion du livre - tout sur le livre : La Cause freudienne, n° 62. Savoir y faire avec son symptôme

Recherche

Recherche simple
Recherche multi-critères

La Cause freudienne, n° 62. Savoir y faire avec son symptôme

Couverture du livre La Cause freudienne, n° 62. Savoir y faire avec son symptôme

Date de saisie : 21/04/2006

Genre : Psychologie, Psychanalyse

Editeur : Ecole de la cause freudienne, Paris, France

Prix : 16.00 € / 104.95 F

ISBN : 978-2-905040-51-0

GENCOD : 9782905040510


  • La dédicace de l'auteur

Savoir y faire avec son symptôme

L'amour du sinthome
contre la haine de la différence
Marie-Hélène Brousse

Une éducation sous l'autorité du sinthome
Monique Amirnult

Controverses sur le mental
Philippe La Sagna

Blog-notes : psychopathie de l'évaluation
Éric Laurent

Histoires d'opâques
Jacques Aubert

Pièces détachées ; Illuminations profanes
Jacques-Alain Miller



  • Les premières lignes

Au tour du Belgistan, Yves Depelsenaire :

Aujourd'hui, deux phares, brillant au firmament de l'Université belge, poursuivent d'une commune détestation Lacan et la psychanalyse. L'un, Jean Bricmont, fut avec Alan Sokal l'auteur d'un ouvrager moquant pêle-mêle Gilles Deleuze, Jean Baudrillard, Jacques Derrida, Bruno Latour et Jacques Lacan, pour dénoncer autant d'«impostures intellectuelles» dans la soi-disant «pensée française». L'autre, Jacques Van Rillaer, s'époumone depuis vingt-cinq ans à traquer les illusions de la psychanalyse, dont il est un repenti. En cosignant Le livre noir de la psychanalyse, il vient d'atteindre une audience médiatique inespérée. Tous deux sont professeurs à l'université de Louvain, où Jacques Lacan fut invité, en 1974, à prononcer l'une de ses plus célèbres conférences. Mais là où fut soutenue la première thèse de doctorat consacrée à Lacan, l'heure est venue du redressement idéologique. Ainsi, tel professeur de lettres, qui fait régulièrement référence à la psychanalyse et à J. Lacan, y est l'objet d'incessantes tracasseries. Mais J. Bricmont et J. Van Rillaer seront depuis longtemps oubliés quand, à Louvain et ailleurs, on étudiera encore avec soin ce qu'enseignait J. Lacan. Prenons donc le succès présent de nos deux éminents pour ce qu'il est : le symptôme sinistre d'un normativisme scientiste que leur cible, la psychanalyse, n'a pas fini de déranger.

La gloire médiatique pour un désert épistémique.

La platitude des critiques de J. Bricmont à l'endroit de J. Lacan éclate dans ce simple propos : la jouissance, voilà un mot que tout le monde peut comprendre selon lui. Inutile pour cela d'aller évoquer l'hypothèse topologique de la compacité ! L'expérience immédiate suffit, n'en déplaise à l'Homme aux rats ou au Président Schreber.

Cette certitude est cohérente avec ce qu'il énonçait lors d'un entretien radiophonique4 c'est le même ciel que de tout temps regardent les hommes ; ce qui, dans la bouche d'un physicien, laisse pantois. Aucune contrainte de l'épistémê n'est à l'oeuvre selon J. Bricmont dans notre appréhension du réel. On ne saurait trop lui conseiller l'élémentaire lecture du premier chapitre de La formation de l'esprit scientifique de Gaston Bachelard5 intitulé «Le premier obstacle : l'expérience première». II s'y trouverait un digne précurseur au XVIIIe siècle en la personne de l'Abbé Poncelet, auteur d'un fort divertissant ouvrage sur le tonnerre, écrit en vue de «modérer les impressions incommodes que ce météore a coutume de faire sur une infinité de personnes de tout âge, tout sexe, et toute condition» ! Il découvrirait aussi comment, et à quelles conditions très variables, des concepts peuvent s'exporter de façon très féconde d'un domaine scientifique à un autre.

Quant à J. Van Rillaer, il suffira d'isoler deux de ses maîtres mots pour faire saisir de quelle forclusion du sujet de l'inconscient relève son discours : l'automate et l'autopsie. Pour lui, l'examen psychologique, c'est - cela ne s'invente pas ! - «l'autopsie d'un automate». Demandez le programme ! Bienvenue à Necropolis.

On ne se soucierait guère de ces deux gaillards si les médias, relayant complaisamment leurs diatribes, n'en avaient fait de petits leaders d'opinion, alors que de plus en plus la voix de la psychanalyse est étouffée. C'est ainsi qu'en septembre dernier, les deux grands quotidiens nationaux francophones - Le Soir et La Libre Belgique, le second en faisant même sa une -, donnèrent un large écho au Livre noir de la psychanalyse et à J. Van Rillaer, interviewé longuement dans chacun d'eux, mais me refusèrent ensuite un droit de réponse, ainsi qu'à mon collègue et ami Philippe Hellebois. Le dossier publié par La Libre Belgique était d'autant plus consternant qu'il amalgamait les considérations sur le Livre noir et l'annonce du dépôt prochain par le Ministre de la santé d'un projet de loi réglementant l'exercice de la psychothérapie. II y a des années qu'il est question d'un tel projet, mais soudain c'était comme si le scandale en imposait la réalisation la plus urgente. Depuis l'affaire Dutroux, c'est ainsi que va la politique en Belgique.

Ce que l'on nous prépare.

Quelles délicieuses dispositions vont donc voir le jour ? À l'heure où je rédige ce texte, il n'est encore question que d'un avant-projet de loi, dont c'est la troisième ou la quatrième mouture.


Copyright : Studio 108 2004-2008 - Informations légales - Vous êtes éditeur ?
Programmation : Olf Software - Infographie, XHTML/CSS : Gravelet Multimédia - Graphisme : Richard Paoli